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Intervention de la salle
Le travail a bien sûr une autre dimension. Il y a maintenant dautres
forçats du travail qui ne sont pas forcément dans le bâtiment
et qui sont dans des secteurs considérés, il y a quelques
années encore, comme privilégiés. Jai dans
mon entourage des personnes qui travaillent dans linformatique ;
ce sont des semaines de 100 heures de travail. On ne réagit plus
en heures de travail. On dit : « Il y a un logiciel à sortir
; si vous ne le faites pas, il sera fabriqué par des Indiens ;
il doit être fini pour notre client à telle date. Sil
faut 300 heures pour le faire, alors quil ny a que 40 heures
de délai, débrouillez-vous, travaillez jour et nuit, on
ne veut pas le savoir. » Le problème est que linspection
du travail ne suit pas. On parle du manque de syndicalisation mais il
vient aussi du fait que maintenant, les employeurs de sont même
plus français. Dans beaucoup de sociétés, jusque
dans la sidérurgie, le patron est un Indien, un Chinois, une société
dAmérique du Sud. Les employés ont des contrats de
travail qui ne sont même plus français. On les envoie, avec
un contrat de travail étranger, travailler dans un pays étranger
sans leur donner les indemnités de logement, sans leur donner aucune
indemnité. Ils se trouvent dans une situation extrêmement
précaire par rapport au pays dans lequel ils sont envoyés.
On assiste à une paupérisation de la population au travail,
quel que soit le niveau de diplôme ou de formation. La dégradation
physique : quand on fait travailler quelquun 100 heures par semaine,
les yeux et le cur en prennent un coup
On voit de plus en
plus des jeunes de 30 ans qui font des crises cardiaques, des décharges
dadrénaline mortelles, dans toutes les classes de la société
et dans tous les corps de métiers.
Emmanuel POIRIER, délégué
syndical CGT,
Je suis daccord avec vous. La pénibilité des travailleurs
de la construction était un exemple de ce qui arrive dans le monde
du travail. Actuellement, le rapport à largent fait que le
travail est devenu quelque chose de démentiel un peu dans toutes
les sociétés. On a évidemment un gros problème
avec les informaticiens. Des problèmes de santé publiques
auxquels on ne fait pas très attention se dégagent et sont
vraiment dramatiques. Tous les problèmes de santé publique
qui ont été soulevés ces derniers temps touchent
énormément de gens qui travaillent dans des milieux très
différents. Mais ce fameux problème déconomie
nous coince toujours. Je respecte beaucoup les problèmes que vous
venez de soulever et nous y travaillons.
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