[ Thème n°7 : Le racisme au travail ]
Les moyens de lutte

Philippe BATAILLE, sociologue, collabore au Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS), chercheur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS/CNRS).
Aujourd'hui, le monde du travail pratique couramment en France les discriminations à l'embauche : il suffit d'avoir un nom un peu étranger, si possible nord africain, marquant une appartenance pou être encore aujourd'hui victime de racisme y compris dans le champ politique - par exemple, on pourrait parler de l'absence de ces populations sur les listes électorales. La discrimination à l'embauche, y compris dans le contexte de reprise économique, reste une évidence. Nous sommes donc dans des discriminations bien connues du monde du travail qui sont celles de : l'exploitation, la domination, la surexploitation à partir du moment où vous ne ressemblez pas aux autres, où vous êtes victime du racisme, racisme qui se construit dans la société. Je ne dis pas que le monde du travail est raciste, je dis qu'un racisme se construit ailleurs, dans les représentations sociales, dans le champ politique, parfois dans le champ médiatique et dans tous les cas, dans les thématiques que l'on connaît bien qui sont celles de la sécurité, la peur de l'autre, le refus de l'envahissement ou de l'invasion. Je pense que nous ne renverserons pas les logiques dont nous parlons s'il n'y a pas à la fois un engagement fort : des pouvoirs publics pour dénoncer les discriminations notamment à l'embauche mais aussi dans le travail, des acteurs sociaux en particulier des syndicats ouvriers mais aussi des syndicats patronaux, de ce qui fait l'environnement du monde du travail : les Chambres de Commerce, les systèmes de formations professionnelles, les ANPE. Les pouvoirs publics ne doivent pas seulement avoir de bonnes volontés mais aussi des gens responsables qui reconnaissent d'abord le phénomène au lieu de le nier au risque parfois de le mettre en pratique sans le vouloir. Je pense notamment à la formation professionnelle qui oriente différemment les candidats à la formation en fonction de leur origine car ils savent que dans certains métiers, ils n'ont aucune chance de trouver un travail. C'est inadmissible et cela doit être dénoncé par les pouvoirs publics, par les responsabilités politiques, syndicales et également par les collègues de travail qui bien souvent, disent " il n'y pas de problème ". Forcément qu'il n'y a pas de problème : ils dominent ou ils tiennent à l'écart des populations qui pourtant sont françaises.

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