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Philippe BATAILLE, sociologue,
collabore au Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS),
chercheur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS/CNRS).
Aujourd'hui, le monde du travail pratique couramment en France les discriminations
à l'embauche : il suffit d'avoir un nom un peu étranger, si possible nord
africain, marquant une appartenance pou être encore aujourd'hui victime
de racisme y compris dans le champ politique - par exemple, on pourrait
parler de l'absence de ces populations sur les listes électorales. La
discrimination à l'embauche, y compris dans le contexte de reprise économique,
reste une évidence. Nous sommes donc dans des discriminations bien connues
du monde du travail qui sont celles de : l'exploitation, la domination,
la surexploitation à partir du moment où vous ne ressemblez pas aux autres,
où vous êtes victime du racisme, racisme qui se construit dans la société.
Je ne dis pas que le monde du travail est raciste, je dis qu'un racisme
se construit ailleurs, dans les représentations sociales, dans le champ
politique, parfois dans le champ médiatique et dans tous les cas, dans
les thématiques que l'on connaît bien qui sont celles de la sécurité,
la peur de l'autre, le refus de l'envahissement ou de l'invasion. Je pense
que nous ne renverserons pas les logiques dont nous parlons s'il n'y a
pas à la fois un engagement fort : des pouvoirs publics pour dénoncer
les discriminations notamment à l'embauche mais aussi dans le travail,
des acteurs sociaux en particulier des syndicats ouvriers mais aussi des
syndicats patronaux, de ce qui fait l'environnement du monde du travail
: les Chambres de Commerce, les systèmes de formations professionnelles,
les ANPE. Les pouvoirs publics ne doivent pas seulement avoir de bonnes
volontés mais aussi des gens responsables qui reconnaissent d'abord le
phénomène au lieu de le nier au risque parfois de le mettre en pratique
sans le vouloir. Je pense notamment à la formation professionnelle qui
oriente différemment les candidats à la formation en fonction de leur
origine car ils savent que dans certains métiers, ils n'ont aucune chance
de trouver un travail. C'est inadmissible et cela doit être dénoncé par
les pouvoirs publics, par les responsabilités politiques, syndicales et
également par les collègues de travail qui bien souvent, disent " il n'y
pas de problème ". Forcément qu'il n'y a pas de problème : ils dominent
ou ils tiennent à l'écart des populations qui pourtant sont françaises.
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