Xavier BONNARME, président directeur général de BBG.fr(site pro-wine.com)
et CJD Angoulême
,
Commerce électronique : plus de magasin,
zéro stock et des milliards de clients .

Paris le 9 novembre 2000

Par rapport à l’expérience que nous avons eue à Prowine, deux notions se dégagent :
1. La première est qu’internet ne supprime pas les intermédiaires mais re-qualifie chaque maillon dans la chaîne. Le principe est le suivant : la requalification se fait par la valeur ajoutée. Dans notre métier, par exemple, dans le vin, il y a les producteurs, les négociants et les courtiers. Finalement, le courtier n’est qu’un intermédiaire qui fait une réflexion interne par rapport à sa valeur ajoutée (ce qu’il apporte). Il pourra avec internet développer cette activité car il sait où est sa valeur ajoutée. Par contre, dans toute la chaîne, là où il n’y a pas de valeur ajoutée, avec la disparition de la rétention d’informations, l’activité ira en déclinant. C’est un peu l’expérience que nous avons eue car au départ, on voulait tout supprimer et on s’est rendu compte qu’internet re-qualifierait.
2. La deuxième idée est la différence entre envoyer un email et faire du e-business. Beaucoup de chef d’entreprises dans le domaine du vin ont fait des sites avec une page web présentant la photo de leur entreprise. C’est bien gentil mais ce n’est pas du ebusiness. Le ebusiness est de faire un audit de son entreprise et pour nous, point sur lequel nous insistons au niveau du CJD, ça nécessite une démarche active du chef d’entreprise pour acquérir une culture générale de base. Nous ne sommes pas des spécialistes ni des consultants mais en tant que chef d’entreprise, on se doit de poser les bonnes questions et ne pas se faire impressionner par des mots compliqués en anglais. Le message que l’on passe est acquérir un minimum de culture.
Les deux notions sont :
1. La requalification des postes par la valeur ajoutée,
2. Le minimum de culture générale pour faire les bonnes démarches et poser les bonnes questions.
J’ai une société familiale qui est une distillerie à Cognac (qui transforme le vin en eau-de-vie). A partir de ces connaissances, de ce savoir faire et de l’expérience que j’avais, aidé par d’autres professionnels du milieu, nous avons créé Prowine qui est une place de marché dans le domaine du vin et du spiritueux.
Il faut être du métier :
ß au niveau de la création du projet, pour bien comprendre les besoins de la profession : Prowine est la réponse à nos besoins personnels et aussi des besoins des autres
ß au niveau de la réalisation du projet et des rencontres que l‘on fait avec nos partenaires : ça va beaucoup plus vite et étant dans le réseau, on comprend ce qui se passe.
Prowine fait déjà un petit chiffre d’affaires et on va passer des partenariats avec des grands groupes comme Vinitec. Ensuite, tout le modèle économique s’enclenche ; il fallait l’amorçage de la place de marché et nous sommes actuellement dans la deuxième phase où on commence à faire du chiffre d’affaires.