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Aprés une
allocution de bienvenue et une présentation du projet, projection
du film "Solo de clavier"
pour illustrer le théme et lancer le débat. Aprés
un premier débat à propos du film, présentation de
témoignages de différents acteurs de la formation initiale
et continue, de l'apprenant aux "décideurs", en passant
par les formateurs et les formateurs de formateurs.
Questions
et réflexions suscitées par la projection du film
- La
présentation de ce film est, a priori, un peu curieuse. On
pourrait penser que la formation dans le milieu bancaire serait plus
"organisée" et plus conviviale, que la formation appliquée
au secteur du bâtiment (on attendrait au maximum un robot). Or,
on assiste presque à l'inverse : la formation de la jeune fille
est finalement robotisée, comme dans certains films de science-fiction,
alors que dans le bâtiment, l'utilisation qui est faite de la
formation est plus conviviale et certainement plus efficace.
-
Le film a bien vu l'intérêt de la modélisation
de la formation. D'autre part, en matiére de formation continue,
ce qui est essentiel au-delà d'apprentissages proprement dits,
ce sont les échanges de pratiques, qui sont totalement absentes
dans le cas de la formation bancaire. Ces échanges se font souvent
dans le cadre de stages classiques en présentiel.
-
Dans le film, la formation est présentée, pour partie,
comme une confrontation à de "bonnes" pratiques.
Dans le cadre de cette situation de formation, n'aurait-il pas été
préférable de réaliser une confrontation de l'apprenant
à ses propres pratiques ?
-
Au vu du rappel d'expériences précédentes en matiére
d'intégration de technologies dans la formation, j'ai l'impression
que depuis 20 ans, cela n'a pas changé
Nous ne sommes guére
avancés au niveau de la réflexion pédagogique.
Témoignages
et débat
Débats
animés par Charles
BURRIEL, professeur
agrégé (Enesad-Cnerta , Dijon)
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- Benjamin CANON,
ancien stagiaire (Centre de Formation professionnelle et de promotion
Agricole, Nancy).
Benjamin a
terminé depuis quelques mois un BTSA par alternance dans un CFPPA
. Il a utilisé Internet pour effectuer des recherches documentaires,
mais aussi la messagerie électronique, afin d'être en lien
avec les autres stagiaires de son groupe, lorsque ceux-ci sont chez
leur maître d'apprentissage.
Il est à remarquer que nous sommes ici dans un contexte de groupe,
que les outils utilisés le sont dans le cadre d'un dispositif
d'autoformation. En s'apportant entre eux des éléments
de réponse à certaines parties de cours, en reformulant
les informations trouvées sur Internet, les apprenants deviennent
acteurs de la construction de contenus et de leurs savoirs. Les échanges
par messagerie n'ont eu lieu qu'entre stagiaires, ni avec les formateurs,
ni avec les maîtres d'apprentissage. A l'époque, il était
à déplorer le peu de personnes connectées depuis
chez elles ou depuis leur lieu de travail. Aujourd'hui un projet d'Intranet
est à l'étude pour permettre de répondre aux besoins
initiés par les apprenants.
Si la recherche documentaire sur le Web n'a pas été l'objet
d'une guidance et d'une validation particuliére, celle-ci a été
un complément nécessaire pour suivre la formation et aprés
la formation, en situation de travail.
Pour Benjamin, l'autoformation se définit comme "toute la
partie de l'apprentissage qui se fait en autonomie, que ce soit de l'autoformation
guidée par les formateurs ou que l'autoformation soit de notre
propre initiative (c'est à dire toute la partie de la formation
sans le rapport face à face). Il y a donc l'autoformation guidée,
qui fait partie du déroulement de la formation et l'autoformation
"individuelle" qui correspond à ce que chacun a besoin
d'approfondir sur certains points du cours."
Pour Charles Burriel, professeur agrégé et animateur du
débat, les Technologies, dont il est question dans les TIC (Technologies
de l'Information et de la Communication), sont aussi bien les outils,
que les services ou les contenus supportés par ces technologies.
- Adriano FIORUCCI,
formateur (Centre de Formation professionnelle et de promotion
Agricole, Nancy)
Formateur
de Benjamin, Adriano fait échos aux propos de celui-ci en précisant
qu'aujourd'hui, une guidance a été mise en place sur l'utilisation
des TIC, en faisant observer qu'il existe d'importantes inégalités
des stagiaires "face à la machine", que ce soit en
matiére d'équipement personnel ou de formation et d'utilisation.
Le projet d'Intranet est décrit comme un moyen supplémentaire
de contact entre les différents acteurs de la formation, comme
un petit plus, que ne remplace pas le téléphone !
A la question de l'apport des TIC aux aspects pédagogiques, il
est apporté plusieurs éléments de réponses
dans la salle : Les TIC permettent de travailler quand on veut et d'oô
on veut. Par ailleurs, les liens hypertextes permettent une recherche
et une lecture plus facile des documents écrits.
Si l'on considére
que l'on garde le systéme ancien, auquel on rajoute d'autres
choses, qui va "nourrir" ce dispositif ? Pourra-t-on indéfiniment
faire en plus ?
De nouvelles méthodes pédagogiques sont-elles associées
à ces nouveaux outils ?
Qu'en est-il alors de l'acquisition des connaissances ? Apprend-t-on
mieux, plus vite ? Apprend-t-on des connaissances nouvelles ? Des évaluations
ont-elles été envisagées et sous quelle forme ?
- Annie GWYNN,
enseignante en anglais (lycée Raoul Follereau, Nevers)
Enseignante
en langues, Annie témoigne de son cheminement et de ses réflexions
depuis l'utilisation du cédérom en classe, jusqu'à
la réalisation de son propre site Web. Une premiére remarque
importante est à signaler : il est nécessaire, aussi bien
pour l'enseignant que pour l'éléve de maîtriser
l'utilisation générale de l'ordinateur et du traitement
de texte.
Le cédérom a été un outil formidable : il
permettait à chaque éléve de travailler à
son rythme et d'être fier du travail technique réalisé.
Mais il s'est révélé insuffisant pour qui souhaite
aller plus loin et créer ses propres exercices. Un logiciel québécois
lui a permis de créer ses exercices et de les mettre sur l'Intranet
de son lycée. Mais les contraintes pratiques épuisent
vite, même les plus motivés ! Lorsqu'on travaille "en
flux tendu", afin d'adapter au jour le jour les situations pédagogiques,
cela nécessite une disponibilité de tous les instants
du chef de travaux, par exemple. Elle a donc décidé de
créer son propre site, afin de pouvoir être autonome "techniquement"
et de préparer ses "cours" chez elle, quand elle le
souhaite, comme chaque enseignant "classique".
Mais comment savoir si sa démarche est la bonne ? Comment trouver
d'autres idées ?
1. En partageant avec des enseignants de son propre lycée, sans
toutefois trop insister sur le temps passé en préparation
et en évitant d'employer des termes trop "complexes"
et techniques
2. En échangeant avec des collégues du monde entier, par
Internet, en participant à des listes de diffusion : notion de
réseau pour partager, de réseau pour apprendre. L'enseignant
n'est plus seul face à sa classe. A plusieurs, il est possible
de partager le travail et d'aller plus loin.
Le systéme
global reste traditionnel. "Ce qui est fait grâce aux TIC
représente un petit plus, qui permet aux éléves
en difficulté de travailler à leur rythme". On ne
peut pas "forcer quelqu'un à apprendre" (même
avec les TIC) ; il est possible, par contre d'aider à apprendre
celui qui ne peut pas apprendre.
Ils apprennent de l'anglais, mais aussi à effectuer des recherches
sur Internet. Les restitutions individuelles ou en groupes se font sous
formes orales, écrites ou multimédias. Certaines productions
mises en ligne valorisent à la fois les éléves
et l'enseignant. La notion de plaisir est importante à la fois
pour apprendre et pour enseigner. Pour évoluer, il est important
de montrer ce que l'on fait.
Le
dispositif est-il plus profitable aux "bons" ou aux "mauvais"
éléves ?
Il n'y a pas de mauvais éléves, mais des éléves
en difficultés. Ils peuvent parler, échanger entre eux.
"C'est formidable ! Ils en redemandent !". Les plus forts font
des recherches plus poussées. Ce dispositif permet d'individualiser
et de gérer une hétérogénéité
croissante. De "nouveaux" éléves arrivent dans
les classes : ils connaissent les TIC, aiment travailler en groupe et
l'interactivité.
Qu'en pense l'inspection
? Y-a-t-il des inspecteurs dans la salle ?
L'aspect socialisation
et la dimension d'apprentissage "réaliste" ne sont pas
des idées nouvelles. Elles étaient chéres au "Pére
Freinet"
Votre discipline s'y prête-t-elle plus facilement
?
"Quelle que soit la discipline, il est possible d'illustrer un cours
avec Internet. Les éléves ont besoin de comprendre pour
apprendre. Il faut que ce que l'on fait soit utile."
Des questions pratiques
sur les droits d'auteurs sur Internet sont évoquées, ainsi
que le probléme de la mise en ligne de travaux d'éléves
qui nécessitent l'autorisation des parents.
- Laetitia BRANCIARD,
ingénieur de recherche (Ecole Nationale de Formation Agronomique
de Toulouse)
Ingénieur
de recherche, Laetitia vient d'être nommée à l'ENFA
pour développer des recherches sur lusage des TICE et participer
au dispositif de formation des enseignants. Elle présente ses
projets, dans un contexte de renouvellement des enseignants de l'enseignement
agricole (le nombre de stagiaires est passé de 100 en 1999 à
210 à la rentrée 2000) et de changement du dispositif
de formation des maîtres. Fondé depuis des années
sur un enseignement par disciplines, il est désormais construit
sur un projet pluridisciplinaire. Autre élément de contexte
important, dans l'enseignement agricole, on assiste aujourdhui
à une demande croissante de lusage des NTIC dans les pratiques
pédagogiques.
En se basant
sur l'un des principes fondateur de la rénovation dans l'enseignement
agricole, à savoir la mise en place des modules et de l'interdisciplinarité,
Laetitia a choisi comme projet de recherche : l'étude des NTIC
comme vecteur de la mise en place de l'interdisciplinarité, dans
un contexte de création de ressources par les équipes
enseignantes.
Concrétement, cela se traduira par :
1. La mise en place de modules de formation sur les TICE ouverts à
tous les enseignants en formation, quelle que soit leur discipline.
2. La création de produits multimédias par ces maîtres
en formation, aussi bien au cours de leur formation, que dans le cadre
de leurs évaluations.
3. Leur participation à des projets, en grandeur nature, sur
leurs lieux de stage.
4. Leur association à la mise en place d'un CdR (Centre de Ressources)
en ligne, dans un souci d'autoformation.
Il existe
beaucoup d'expériences pédagogiques intégrant les
TICE et basées sur la pédagogie du projet et la pluridisciplinarité
(les produits multimédia sont par essence pluridisciplinaires,
dans la mesure oô leur réalisation fait appel à
des compétences et des savoirs multiples).Les TICE sont abordées
comme des outils transformateurs de l'activité pédagogique.
En d'autres termes, les usages des TICE doivent être intégrés
à une véritable réflexion pédagogique. Celles-ci
sont alors considérées comme des outils structurants et
organisateurs de la formation, en faisant toutefois bien attention à
ne pas placer l'outil avant son contenu.
Une formation de
base en matiére de TICE permettra aux maîtres en formation
d'acquérir de nouvelles compétences. En matiére
d'acquisition de nouvelles compétences, une enquête réalisée
par l'Union Européenne (I-learning) fait apparaître que
80% des nouvelles compétences à acquérir par les
enseignants ne sont pas liées aux TICE, mais à l'individualisation,
à la recherche documentaire, au travail collaboratif, à
la production de documents, etc. L'obstacle de la machine est un faux
probléme.
Une réaction
de la salle à ce qui précéde et aux propos de Benjamin
qui a dit avec ses mots à lui la genése d'un travail collaboratif,
qui a émergé car celui-ci correspondait à un besoin.
Les enjeux sont là : quelles sont les démarches pédagogiques
à mettre en uvre pour permettre le travail collaboratif des
éléves ?
- Gérard
TOURAS, enseignant en économie-gestion lycée viticole
et agronomique de Macon-Davayé
Gérard
est aussi animateur de la conférence "économie"
de l'enseignement agricole.
Les conférences ont pour objectifs de :
1.Rapprocher les enseignants "anciens", mais aussi d'intégrer
les "nouveaux", sortis de l'ENFA, qui peuvent ainsi "lancer
des bouteilles à la mer".
2. Harmoniser des pratiques en terme d'évaluation de résultats
aux examens.
Non sans humour,
Gérard explique les freins à l'utilisation de Mélagri
. Ils sont de deux ordres :
· "Avec ABS", "Avec Blocage Systéme",
pour des personnes qui font un blocage, quasi philosophique, vis à
vis des technologies, pour qui le clavier est "antihumain".
· "Sans ABS", que la volonté de l'enseignant
est là, mais lorsque le serveur n'est pas disponible, que les
postes informatiques ne sont pas facilement accessibles ou qu'il faut
physiquement attendre son tour pour avoir accés à sa messagerie
En France, il n'est
pas dans les habitudes des enseignants de dire ce qu'ils font. Pour
certains, c'est : "Ce que je fais n'est pas forcement trés
bien. Je ne vais pas le dire aux autres". Pour d'autres, ce serait
plutôt : "Ce que je fais est trés bien. Je n'ai rien
à apprendre des autres".
30% des enseignants en économie de l'enseignement agricole sont
inscrits à la conférence "économie".
Sur ces personnes, on constate qu'il y a seulement 10 à 15% d'utilisateurs
"actifs", qui échangent et apportent "des choses".
Les autres sont "passifs" ; ils se contentent de récupérer
des informations et de télécharger
Il est à noter la création récente d'une conférence
pluridisciplinaire qui regroupe les différents enseignants d'un
même module.
A la question récurrente
de la déshumanisation par rapport aux machines, Gérard
répond que la déshumanisation existe déjà
d'une certaine façon : "il est rare de rencontrer des collégues
d'économie et d'échanger sur nos pratiques, de mettre
en commun des expériences du vécu, sauf au hasard des
stages de formation continue ou lors de corrections d'examens."
- Philippe DUFFOURD,
animateur du Comité d'Orientation educagri.fr (Enesad-Cnerta
Dijon)
Philippe est
l'animateur national de Mélagri. Il rappelle que l'enseignement
agricole, grâce à sa petite taille (celui-ci est l'équivalent
d'une Académie moyenne de l'Éducation Nationale, qui serait
répartie sur tout le territoire national), a pu connecter tous
ses établissements. Dés janvier 1997, des adresses institutionnelles
ont été crées (CDI, proviseur, établissement,
etc.). Puis petit à petit, à la demande des individus,
des adresses nominatives ont été crées. "On
n'a pas décidé de faire le bonheur des gens malgré
eux !". Pour le 3éme anniversaire de Mélagri, on
constate que sur un potentiel de 15 000 personnes, 12 000 adresses nominatives
ont été demandées, par les différents acteurs.
Les personnes ont la possibilité de se connecter depuis leur
établissement, mais aussi depuis leur domicile. Des conférences
disciplinaires, thématiques, institutionnelles ont été
crées, elles aussi au fur et à mesure des besoins.
En clin d'il, Philippe fait remarquer que le monde est vraiment
petit, que nous sommes bien dans "un petit village planétaire"
: le site d'Annie est en ligne sur la conférence "langues"
de Mélagri, à titre d'exemple de ce qui se fait en matiére
de TICE. C'est la premiére fois qu'ils se rencontrent !
- Jean CHEVALDONNE,
directeur du Cnerta (Dijon)
Jean Chevaldonné
participe à la politique de mise en place de ces outils et à
leurs mises en uvre pour l'enseignement agricole. Il souhaite
commencer par témoigner comme les autres, sans être obligé,
comme on le lui demande réguliérement, d'apporter sa vision
prospective pour les dix prochaines années ! Pour lui, c'est
un exercice trés difficile.
Aprés quelques années d'expérience dans l'usage
et la place des TIC dans l'enseignement agricole, on remarque que l'on
n'impose jamais l'usage de ces outils. On le constate seulement. Si
les enseignants ne se sont pas appropriés les ordinateurs dans
les années 80/90, c'est que ceux-ci n'en ont pas éprouvé
le besoin, contrairement aux personnels de secrétariat, qui ont
vu dans l'informatique un outil capable de les soulager dans leur travail.
L'usage de l'audiovisuel dans l'enseignement, qui était prévu
comme intensif, ne s'est pas non plus développé.
Par contre, un outil comme la messagerie (Mélagri) connaît
un franc succés. 18 000 connexions par jour, cela témoigne
d'un fait nouveau. Des collégues, qui sont souvent éloignés
les uns des autres peuvent mutualiser des savoir-faire et des expériences.
Une autre constatation se manifeste au travers de la demande croissante
d'informations sur les ressources éducatives et du mouvement
actuel autour de l'individualisation. Les demandes proviennent pour
l'instant, plus de formation continue que de la formation initiale.
On peut supposer et faire le pari que le besoin brutal d'individualisation
qui s'exprime au niveau de la formation continue et de façon
moins évidente, pour toutes sortes de raisons, au niveau de la
formation initiale, s'exprimera tôt ou tard en formation initiale
sous la forme d'une demande en matiére de personnalisation.
Un autre constat : Internet est dans la plupart des CDI (on constate
malgré tout des disparités dans les équipements
d'un établissement à l'autre, d'une région à
l'autre). Les machines sont occupées en majorité par des
éléves, qui dans 70 ou 80% des cas font du "chat".
Cela correspond à un besoin de leur part d'échanger avec
d'autres individus qu'ils ne connaissent pas forcement. Les 20 à
30% restant effectuent des recherches d'information, ce qui n'est pas
sans interroger les documentalistes : les éléves préférent
la recherche "plein texte" à la recherche avec des
outils beaucoup plus structurés.
Malgré tout ce qui a été dit précédemment,
on constate tout de même que les enseignants se mettent de plus
en plus à utiliser l'ordinateur. Ils se connectent depuis leur
domicile, à 9h, 10h ou 11h le soir. C'est un fait nouveau et
important.
Ainsi, on peut imaginer
quelques tendances :
- Il est indispensable
d'interconnecter les ordinateurs d'un établissement, que ce soit
pour des machines à caractére administratif que pour des
machines à caractére pédagogique. Les outils que
nous mettons en place autour de la gestion de l'établissement
notamment, incitent ceux-ci à prendre conscience du besoin de
la mise en place de réseaux locaux d'établissement. Il
existe une inquiétude sur l'avenir, quant à la gestion
de ces réseaux locaux. Dans l'enseignement agricole, il n'y a
pas de chefs de travaux. Ce sont souvent des emplois-jeunes qui gérent
ces réseaux. On espére que ces emplois seront pérennisés
- Dans la région
Rhône-Alpes, Internet est à disposition de tous les éléves,
dans leurs lieux de vie, afin que ceux-ci puissent agir en futur citoyen
et communiquer. Ma conviction est que tôt ou tard, on en viendra
à développer des Intranets d'établissement, c'est
à dire des serveurs. Chaque apprenant disposera d'un "espace-plus",
d'un accés à des ressources éducatives (celles
des enseignants ou celles issues de l'édition), d'un accés
à des informations à caractére administratif, à
son référentiel de formation, à sa situation personnelle
par rapport au groupe, à des outils lui permettant de communiquer
avec ses pairs. Cela lui permettra de changer sa façon de travailler
et de développer ce travail collaboratif que nous avons évoqué
à plusieurs reprises. C'est un champ intéressant à
explorer
Cet Intranet ou plutôt cet Extranet , qui permettra
à l'éléve comme c'est le cas aujourd'hui pour certains
enseignants, de rester en contact aussi bien à l'intérieur
de l'établissement, que depuis son domicile. D'aucuns pourraient
regretter la frontiére bien nette qui séparait temps de
travail et temps de loisirs
On peut réagir et en discuter
"Je n'ai de
certitudes que sur le passé, aucune sur l'avenir
"
- Françoise
MIDANT, inspecteur principal de la formation professionnelle,
chef du service marché du travail, développement de l'emploi
et régulation du systéme de formation (DRTEFP, Dijon)
Françoise
Midant fait le constat qu'en Bourgogne, en matiére de formation
continue, il y a trés peu de recours aux FOAD (Formations Ouvertes
et A Distance). En 1995, on a essayé d'en susciter l'usage, en
s'inscrivant dans un dispositif national appelé FORE (Formation
Ouverte Ressources Educatives). Nous avons demandé aux organismes
de formation continue de nous présenter des projets, en leur
disant : Nous vous aiderons ! Conclusion : nous avons vu arriver des
demandes énormes de financement d'équipement. Il fallait
accompagner ces organismes dans la définition de projets qui
iraient au-delà de l'achat d'équipement et favoriserait
l'usage de ces NTIC, tout en gardant l'idée que ces produits
de formation pourraient être développés dans les
zones rurales.
Quelques projets ont été sélectionnés, dans
des APP pour de la remise à niveau de publics de bas niveau,
dans des CFPPA et dans des organismes associatifs. La majorité
des projets consistait à faire découvrir des ressources
aux formateurs et à les intégrer dans des scenarii pédagogiques,
pour certaines séquences de formation.
Les résultats ont été décevants car les
organismes avaient investi dans du matériel, avec trés
peu d'investissement humain, en dégageant trés peu de
temps aux formateurs pour qu'ils puissent travailler en équipe
et qu'ils s'approprient les ressources. Ou alors, ils se sont appuyés
sur des personnels précaires, qui n'étaient pas formateurs,
qui n'ont pas travaillé en équipe et qui d'ailleurs ne
se sont pas restés en place. Il n'est pas resté grand
chose de ces projets
Aujourd'hui nous repartons sur d'autres projets (avec l'appui de "gros"
réseaux de formation) qui portent sur l'installation en zones
rurales de sites relais, oô l'on trouverait des informations sur
l'emploi, qui donneraient accés à de la formation à
distance, etc. Nous sommes en phase de lancement
En synthése, Charles BURRIEL
propose quelques lignes de force qui se dégagent de ce débat :
- Les
machines ne remplacent jamais les êtres humains. Malheureusement,
nous constatons trop de confusion entre ce que peut faire une machine
et ce que doit être la formation. Dans tous les cas, devant la
machine, il y a quelqu'un - derriére la machine, il y a quelqu'un.
Pendant l'acte de formation, en local, à distance, en direct
ou en différé, il est important que la présence
humaine soit réaffirmée. Les usages ne se décrétent
pas.
- Il y a nécessité
d'une appropriation des outils en terme de contenus.
Rares sont les personnes capables de maîtriser complétement
seules un processus d'apprentissage. Pour la plupart des apprenants,
la formation passe par l'humain.
- Même si
nous accumulons beaucoup d'expériences, nous n'en sommes pas
encore à la généralisation
de pratiques intégrant les TIC, sauf pour ce qui est de
la messagerie. Il y a à s'interroger sur les facteurs de réussite
ou d'échec de telle ou telle chose. L'Europe pourra-t-elle être
en mesure de nous apporter une autre dimension ?
- Dernier élément
: les TIC dans la formation constituent un élément
de l'aménagement du territoire. Il ne doit pas y avoir
de distorsion géographique, sociale ou culturelle. Il semble
que les systémes, dans leur ensemble, doivent avoir la capacité
à travailler ensemble. Dans ce contexte, quelle doit être
la part de décret ou d'incitation forte ? Mais si nous avons
des dispositifs qui transcendent la localisation géographique,
si nous arrivons à dépasser tout cela, il y a des chances
pour que cela réussisse
Là oô l'ordinateur
(l'EAO traditionnel, développé il y a 15 ans), la télévision,
le magnétoscope ont en partie échoué dans l'enseignement,
Internet est semble-t-il en train de réussir, que ce soit en
formation initiale ou en formation continue, non pas nécessairement
comme un vecteur de transmission, mais comme un outil : la messagerie,
la conférence, le travail collaboratif, la remédiation
(des cours qui sont transmis simplement plus vite), etc. Ces éléments
seront à prendre en compte.
A partir de ce qui a été dit cet aprés-midi, les
pistes sont plus qu'explorées, elles sont en cours d'élargissement
Quelques
sites sur ce thème
La Cité des sciences et de l'industrie, pilote du programme
UOSIR
La
cyberthèque d'Educagri.fr : propose des regroupements thématiques
de sites web
Le Centre
National de Promotion Rurale, établissement de formation à
distance du MAP
Le
campus électronique : plate-forme de services de formation
proposée par le CNED
Les académies
et universités, qui initient ou participent à des recherches,
réflexions et manifestations concernant les TIC et l'enseignement.
Educnet,
le site des Technologies de l'Information et de la Communication pour
l'Enseignement
La rubrique
TICE du CNDP
L'Internet
: nouveaux horizons pour la formation,
rapport publié par le Centre INFFO
Les
nouvelles de la formation à distance
Le site du Programme
d'Action Gouvernementale pour la Société de l'Information
La
formation permanente au XXIéme siècle : l'évolution
des rôles du personnel enseignant (Organisation Internationale du
Travail)
Quelques
repéres bibliographiques
M. ALBERGANTINI, A l'école des robots ?- Paris : Calmann-Lévy,
2000
C. BELISLE, M.
LINARD, Quelles nouvelles compétences des acteurs de la
formation dans le contexte des TIC ? Education Permanente,
N°127, 1996
Dispositif de soutien au développement des ressources, BO,
N°9, sept.98
GRIMONT Alain
, Apprendre avec le multimédia. Oô en est-on ? Paris : Retz,
1999, 220 p.
JEZEGOU Annie,
La formation à distance : enjeux, perspective et limites de
l'individualisation. Paris: l'harmattan,1998 180 p
Les dossiers
de lingénierie éducative /cndp
- Internet dans
le monde éducatif : rechercher, échanger, publier,
n° 24, déc. 1996
- Internet au
quotidien : rechercher,
n° 29, oct. 1999 n° 24, déc. 1996
Les enseignants et les TICE - Education et Formations, N°
56, avril- juin 2000
Mettre
en uvre des actions interdisciplinaires - Initiatives de
lenseignement agricole, n°2, sept. 2000
Hypermédias et apprentissage / Actes du 4eme colloque de
lINRP, 1998. Paris : INRP, 1998
Journées
de lInnovation : produire des ressources pour lenseignement
de lécole à luniversité/Actes du
colloque national de Foix, 27-29 janv. 2000. Toulouse : IUFM, 2000
J. NAYMARK
(Dir.), Guide du multimédia en formation : bilan critique et
prospectif - Paris : Ed. Retz, 1999
Pluri-interdisciplinarité
/ Actes du séminaire national, ENFA, 22-24 avril 1998. Toulouse
: ENFA, 1998
A. TRICOT &
J.-F. ROUET , Les hypermédias : approches cognitives et
ergonomiques. Paris : Hermés, 1998

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