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L'introduction des technologies de l'information et de la communication
dans le monde du travail : enjeux et défis

Rencontre-débat du 15 janvier 98
Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont productrices d'appareils, de langages, de logiciels et de réseaux. Elles sont présentées par certains penseurs de l'économie comme le principal agent des modifications considérables que nous connaissons dans l'économie mondiale. M. Ettighoffer n'écrit-il pas lui-même que la richesse des nations va dépendre des réseaux électroniques qui leur sont nécessaires pour commercer, inventer, travailler et produire efficacement ?
Mais ces nouvelles technologies sont-elles susceptibles d'enrichir également les individus ? Avec l'utilisation de plus en plus intensive des réseaux, qu'adviendra-t-il des relations de travail ? S'achemine-t-on vers un développement massif du télétravail ? Ne concernera-t-il qu'un certain type de travailleur, spécialisé et polyvalent ou s'agira-t-il d'une simple option pour tous les salariés ? Les TIC sont-elles avant tout un facteur améliorant la flexibilité et l'efficience productive des entreprises ou seront-elles également à l'origine de nouvelles activités et de nouveaux métiers ? L'utilisation des technologies de l'information et de la communication dans les entreprises nous oblige-t-elle à repenser l'organisation du travail ? Des compétences spécifiques sont-elles requises ?

Denis ETTIGHOFFER - Président d'Eurotechnopolis Institut.

L'organisation du travail telle qu'elle est traditionnellement conçue n'aurait pas permis de mettre en place une telle coopération et une telle accumulation de savoir. Le travail à distance et l'utilisation des réseaux impliquent de nouvelles logiques de fonctionnement : une logique de confiance permettant le partage des compétences et une logique de service impliquant une plus grande part de créativité. Au-delà du savoir-faire, c'est donc un certain savoir-être que nous devons développer pour relever les défis posés par ces nouvelles organisations que l'on qualifie de communautés virtuelles.

Le télétravail et l'obligation, de plus en plus, de travailler sous un mode coopératif, caractériseront les organisations modernes. L'intelligence sera plus collective, à condition de faire jouer l'effet de confiance et de savoir-être.

En 1983, 3000 micro-ordinateurs ont été vendus en France, en 1997, il s'y est vendu plus de micro-ordinateurs que de voitures. Par ailleurs, en trois ans, on a pu observer une croissance de plus de 12% des communications via les réseaux (téléphone et micro-ordinateurs). De plus en plus de gens se mettent à communiquer via les réseaux parce qu'ils ont compris qu'il fallait participer au mouvement de partage croissant de la matière grise, le capital immatériel majeur des économies modernes. Aussi le télétravail dépasse le simple exemple de la délocalisation de tâches administratives qui ne représente en réalité que 5% des télétravailleurs. La partie la plus significative du travail en réseau est le travail en équipe d'ingénieurs et d'individus exerçant toute sorte de métiers.