Bernard LORIG , responsable de la mission essaimage de France Télécom
Les start-up : une aventure de jeunesse ?
Paris le 16 octobre 2000

La définition de la start-up : une jeune entreprise qui se crée, se développe et qui est financée par des capital risque. Ce sont des structures :
* souples,
* très réactives,
* qui savent se reconfigurer très facilement.
Dans les débuts de ces jeunes sociétés, notamment dans les modèles internet, beaucoup de business models sont possibles. Il faut essayer de trouver qui est son client et savoir du jour au lendemain, gérer la crise c’est-à-dire s’apercevoir que le premier business model n’était pas bon, que finalement le client n’est pas celui qu’on envisageait et donc se reconfigurer. A mes yeux, la start-up est une entreprise très souple capable de se reconfigurer très vite.
Par rapport aux entreprises plus traditionnelles, le modèle start-up est un modèle d’accélération qui permet d’aller très vite pour être le premier sur un marché.
La start-up a une vie avec ses différentes phases :
* La phase d’incubation où les créateurs commencent à essayer de créer leur start-up,
1. La phase de création avec une première phase " tout feu, tout flamme " avec je vais partout, mon argent est arrivé et j’ai trouvé mes financeurs. Par la suite, on voit la montée en charge avec l’arrivée des problèmes de l’entreprise en général.
2. On arrive à une entreprise beaucoup plus traditionnelle qui s’organise en business unique pour avoir des unités suffisamment grandes et suffisamment petites pour être manageables.
L’effet start-up est un effet d’accélération pour aller d’une création à une grosse entreprise ; soit une grosse entreprise qui vit sa vie toute seule, soit qui a intégré une autre entreprise plus traditionnelle avec ses modes d’organisation classiques.
Pour l’instant, les start-up apparaissent comme une flottille autour des grands groupes c’est-à-dire qu’on les utilise soit pour rester les premiers à utiliser certaines technologies qui ne sont pas cœur de métier, soit pour nous aider à développer des marchés. Par exemple, toutes les technologies WAP ont été développées par des start-up pour deux raisons :
* un manque de moyens pour le faire en interne,
* la rapidité des start-up : même si ce sont des " essaimés " qui ont créé des start-up pour travailler avec France Télécom.
La diffusion de l’esprit entreprenarial à l’intérieur de l’entreprise commence à se faire sentir. Nous avons beaucoup communiqué en interne pour pouvoir transformer cette entreprise qui passe d’une administration au monde concurrentiel.
A mon avis, les dirigeants des start-up ne voudront pas revenir à l’intérieur d’un grand groupe : ils deviendront des business angels. Une fois fortune faite, ils s’achètent une île dans le Pacifique et deviennent business angels pour les autres, comme dans le film où on voit le seigneur financer et conseiller les plus jeunes
Quelques commerciaux, marketers et des techniciens de France Télécom se lancent. Pour l’instant, nous avons 23 start-up dont deux mises en bourse qui travaillent sur des technologies optiques. La première gagne de l’argent car elle crée actuellement sa quatrième unité de production. La seconde ne gagne pas encore d’argent mais en principe, elle doit vendre à partir du début de l’année prochaine.
France Télécom ne met pas de capitaux, mais vend la technologie et son incubation contre une partie du capital. Notre particularité est que nous avons notre propre capital risqueur qui est iv.com (?).
Ces start-ups contribuent davantage au développement de l’esprit entreprenarial à l’intérieur de l’entreprise.