Romain NOUZARETH,
co créateur et directeur général de la start-up Icon Médialab France et personnage du film.

Les start-up : une aventure de jeunesse ?
Paris le 16 octobre 2000

Nous avons beaucoup débattu ce soir sur la différence entre ancienne et nouvelle économie, passé et futur mais je crois que la vraie question est de savoir ce qu’on est en train de créer aujourd’hui pour les collaborateurs, employés qui aura une incidence importante sur le futur. La vraie question est qu’est-ce que je fais, moi, patron d’une entreprise ou collaborateur, pour améliorer mes conditions de vie quotidiennes ?
Il est certain que nous devons établir des règles. C’est un discours galvaudé mais la première valeur d’une entreprise, ce sont les hommes qui la composent, à plus forte raison dans une société de services comme la mienne où ces personnes délivrent au client.
Dans cette démarche, nous avons mis en place - et la modifions de jour en jour- une organisation du travail différente et c’est en cela que l’opposition ancienne/nouvelle économie peut apparaître. Dans cette organisation, prédominent la flexibilité, l’ouverture d’esprit et la capacité de s’adapter à un nouveau marché. On refuse en tant qu’entreprise ou en tant qu’individu, de s’enfermer dans un domaine avec des horaires de 9 heures/midi, 14 heures/18 heures. Je crois qu’une des révolutions de l‘internet est de modifier la façon de travailler, d’être pro-actif (terme très utilisé dans la nouvelle économie) dans la démarche, l’envie d’inventer toujours, toujours plus, toujours mieux tout en développant des valeurs humaines qui pour nous, sont essentielles.
Je ne vous cache pas que dans mon entreprise tout n’est pas rose mais ce sont des valeurs auxquelles on s’attache : chaque individu a du respect pour le travail des autres, fait partager ses connaissances d’expert pour créer de nouvelles choses. Nous n’en sommes pas encore là aujourd’hui mais j’espère que ce sera là demain.
Je n’ai pas la prétention de me sentir une nouvelle race de dirigeants : j’envie plutôt ceux qui ont déjà de l’expérience. Le management d’une entreprise de 10 à 40 personnes est extrêmement simple mais quand on passe le cap des 50 personnes, les problèmes commencent à surgir et à ce moment-là, il faut se tourner vers " nos pères ", les professionnels du management. Il faut lire beaucoup de livres, suivre des conférences, toujours s’améliorer et c’est ce qui me passionne à titre personnel.
Nous avons l’esprit d’une start-up avec l’assise financière d’une multinationale puisque nous avons 2500 personnes dans le monde, 31 bureaux, nous sommes cotés en bourse et notre actionnaire principal met beaucoup d’argent pour rester au même niveau de capital. C’est pour cette raison que beaucoup de candidats veulent nous rejoindre car ils peuvent avoir l’aventure de la start-up tout en ayant l’assurance et le confort d’une grande entreprise.
Nous avons remarqué trois groupes au sein de la société :
* des groupes de 10, 15 personnes qui se connaissent très bien, s’appellent par le prénom, se tutoient, partent en vacances ensemble : la tribu,
* des groupes de 30 à 50 personnes qui se connaissent, se tutoient et savent exactement qui fait quoi dans l’entreprise,
* des groupes de 100, 150 qui savent qui ils sont dans l’entreprise…pas plus.
Pour parer à ce problème, nous avons travaillé sur des groupes à taille humaine. Nous constituons des groupes de 50 personnes avec un manager d’expérience orientés sur le client et quand un bureau atteint 150 personnes, nous montons un autre bureau sur le même modèle de petit groupes de 50 personnes.