Les start-up : une aventure de jeunesse ?
Paris le 16 octobre 2000
Un débat autour du film "Quoi de neuf, patron ?"

Quelques problématiques
LES THEMES DU DEBAT

 

Consultez la vidéo

ou ses transcriptions

Consultez le texte intégral

Téléchargez le texte intégral

 

 

Ce débat a le mérite de briser quelques idées reçues sur la nouvelle économie.
Premiére d'entre elles?
Bernard DEBARGUE, patron de start-up, s'en fait le porte-parole: il entend donner "un contrepoids à l'image répandue du patron de start-up qui est, en général, un jeune diplômé, voire une personne qui n'a pas encore passé de diplôme. Elle serait tombée, un peu par hasard, sur une révolution qui passait par là. En fait, énormément d'entreprises du monde de l'Internet ont été créées par des cadres -c'est le cas de la mienne. J'ai quarante ans. J'ai été cadre commercial".
Voilà une mise au point salutaire: l'hyper médiatisation de jeunes créateurs de start-up (qui sont, en fait, largement minoritaires) laisse à penser qu'il suffit d'être jeune et (forcément) dynamique pour se lancer. A tort.
La "nouvelle" économie (souvent représentée par des petites entreprises) a t-elle pris de cours "l'ancienne" (les multinationales, notamment)? Affirmatif. A en croire Bernard DEBARGUE: "Les chefs d'entreprise ont vu arriver cela sur leur dos par surprise. La meilleure preuve en est que la quasi-totalité des grosses entreprises planétaires sont en train de rattraper, avec leur puissance phénoménale, les petits-poucets que sont les start-up. Celles-ci ont réagi au quart de tour et ont pu saisir tout de suite les opportunités qui se présentaient. Mais elles sont aujourd'hui rattrapées par la puissance de feu des entreprises de la seule économie qui existe: celle qui produit des richesses".
Cette idée est d'ailleurs confirmée par Max PEPPOLONI, autre intervenant et délégué CGT, qui précise: "une seule économie existe et non pas deux, trois ou quatre…". Celle qui produit des richesses donc, et qui obéit aux lois du marché. Autre mise au point salutaire, puisque nombreux sont ceux qui voient dans la "nouvelle économie" de nouvelles régles du jeu.
Comme la prime au mérite, par exemple. Les primes sur les objectifs ou sur le chiffre d'affaires sont en effet monnaie courante dans les start-up. Ou encore les fameuses "stock options" (les stock-options sont, en quelques sorte, des actions virtuelles: on accorde au salarié le droit d'acheter à terme des actions de sa société à un prix avantageux). Une carotte, dont il n'est pourtant pas garanti qu'elle existe un jour. Mais une carotte qui pousse à travailler, à ne plus compter ses heures. A tel point que les jeunes salariés, attirés par le "nouveau monde", passeraient sans doute pour des "ringards" s'ils refusaient de travailler 40, 50 ou 60 heures par semaine…Cette tendance explique sans doute cette autre mise au point de Bernard DEBARGUE: "On a le droit de ne pas être une start-up et d'être quand même in". Ouf!
Pourtant, incontestablement, Internet crée des emplois et ouvre de nouvelles perspectives. Mais à quel prix? C'est tout le probléme. Reste un débat édifiant…