Alain LEBAUBE,
éditorialiste au journal Le Monde,
Dabord, il ne faut pas confondre les start-up de façon
indifférenciée.
Alors quil
y avait une forme dévidence de la nouvelle économie,
dun seul coup, on commence à se dire que ce nest
pas aussi évident. Des choses coincent, craquent
Et cela
continue, y compris ces derniers jours. Ce film "Quoi
de neuf, patron ?" est daté parce quil parle doptimisme
comme sil sagissait de la Conquête de lOuest
: des territoires à gagner oô lon peut se précipiter.
Or, dun seul coup, il y a la sanction du marché, des situations
qui sont tout à fait différentes. Et lon saperçoit
que des personnes qui étaient parties là-dessus, comme
dans les histoires précédentes du capitalisme, se sont
cassé la figure, parfois magistralement. Un de mes confréres
rappelait ce matin les investissements du groupe Bernard Arnault dans
ce type dentreprises. Trois se sont plantées en quatre
mois, au total pour plus de 1,2 milliard de francs. Cela fait fatalement
des dégâts. Nous revenons au réel. Il a été
question plusieurs fois dans le film du « réel »,
de « la vie réelle » et du « vrai monde ».
Il y a une forme de banalisation ; on rentre dans le rang de ce point
de vue.
Pourquoi ? Derriére cela, un certain nombre de rêves ont
été entretenus. A un moment donné, on est obligé
de séparer le grain de livraie. Ce nest pas parce
que cela sappelle une start-up et que lon est sur la nouvelle
économie que lon va fatalement gagner le Bingo à
tous les coups. Cela ressemble à de la martingale. On peut rêver
à ce genre de choses. Je ne suis pas sûr que cela marche
dans le réel.