Max PEPPOLONI, ingénieur conseil et délégué syndical CGT de Fisystem,
Les start-up : une aventure de jeunesse ?
Paris le 16 octobre 2000

Les laissés pour compte sont des personnes de toutes catégories sociales :
1. Dans les start-ups, la moyenne d’âge étant entre 25 et 29 ans, les personnes d’un certain d’âge sont les laissés pour compte de cette " nouvelle économie " ou start-ups. C’est un point que je tenais à souligner.
2. D’autre part, les personnes qui n’ont pas un esprit aussi rapide et réactif comme il en existe dans tous métiers y compris parmi les informaticiens. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une méthode dans le développement pour remettre en place une organisation. Les salariés qui ont besoin de plus de temps pour réagir, intégrer des données ou mettre en place des paramètres n’évolueront pas en carrière à l’intérieur des sociétés de la nouvelle économie. Ces diofficlutés d’évolution existaient déjà mais elles ont exacerbées.
3. Enfin, tous ceux qui refusent une optique, une vision, une culture d’entreprise " hyper moderne " qui veut absolument s’inscrire dans le modèle économique existant et qui ne recherche pas de modèle économique alternatif. Toutes les personnes qui refusent cette vision unique - qu’on peut appeler libérale ou autre - se trouvent confrontés à une discrimination. S’ils émettent des idées neuves pour modifier telle ou telle organisation ou telle ou telle manière de travailler, il se trouvent mis à l’amende ou exclus.
Il ne faut pas penser que les plus anciens ne sont pas capables de s’adapter : il suffit de leur donner un peu plus de temps. Je pense que le développement d’une entreprise à long terme peut se faire aujourd’hui dans un autre modèle ou dans un autre état d’esprit que celui des start-ups. Il est certain que les start-ups ont une vitesse d’évolution et de développement mille fois supérieure à celle des entreprises qui se créaient dans les années précédentes. Je ne veux pas opposer entreprises traditionnelles et modernes, mais je parle de la nouvelle façon de créer des entreprises.
Généralement, les syndicats sont des organisations qui s’implantent au niveau des entreprises comme contre-pouvoir : il est impossible de créer un contre-pouvoir dans une entreprise inexistante ou existant depuis peu. De plus, les syndicats ne sont pas encore organisés de façon multinationale comme les entreprises donc ils n’ont pas la même puissance de réaction et d’action. Dans l’économie moderne, les sociétés sont ultra puissantes et elles ont acquis une vitesse de réaction exceptionnelle. En face, les syndicats doivent acquérir cette vitesse de création exceptionnelle : il faut inventer un syndicat moderne qui puisse réagir aussi vite que se crée une entreprise voire prévenir la création de nouvelles entreprises. Une législation devrait peut-être permettre à toutes les entreprises naissantes de prévoir au bout d’un temps donné, la création d’un contre-pouvoir syndical représentant des salariés.