Marc SAHRAOUI, directeur de Devise et coordinateur de projet ADAPT
sur le développement de l'e-commerce,

Commerce électronique : plus de magasin,
zéro stock et des milliards de clients .

Paris le 9 novembre 2000

L’impact du commerce électronique pour les PME a trois niveaux :
* Le plus spectaculaire, le plus médiatique est la création d’entreprises, la nouvelle activité : ce sont les happy few qui créent une nouvelle activité, une nouvelle entreprise. On parle d’eux avec raison car c’est une nouvelle valeur ajoutée qui est apportée dans le monde économique mais cela étant, c’est uniquement quelques personnes.
* L’essentiel de l’usage du commerce électronique se trouve tous les jours auprès des salariés des entreprises - PME ou grands groupes – qui sont concernés par la réception du bon de commande tout simplement du client principal. Là, on voit des ordres de commandes et des ordres de livraison auprès du fournisseur, bon de transport auprès du transporteur, la relation avec les banques. Tout cela change l’organisation du travail dans l’entreprise.
* Ensuite il y a un troisième modèle de mise en place du commerce électronique qui se diffuse encore plus : il concerne les artisans et les détaillants. Par exemple, aujourd’hui, les artisans du BTP doivent passer par un service qui leur permet d’avoir l’aide à la décision sur quel produit mettre, quelle peinture, quel enduit, comment sélectionner le meilleur niveau de prix. Maintenant, les petites entreprises doivent avoir un acheteur qui soit spécialisé dans le commerce électronique, l’achat sur Internet. Même dans le commerce de détail, par exemple textile ou chaussure, les détaillants doivent gérer leur stock avec leur fournisseurs. Il y a quelques années, ça ne concernait que les détaillants de Benetton mais aujourd’hui, ce sont les détaillants de quasiment tous les grands groupes du textile et de la chaussure.
On s’aperçoit que petit à petit, le commerce électronique entre dans tous les types d’entreprises. Le secteur le plus spectaculaire est certainement celui de la logistique qui va d’ailleurs se développer certainement en termes d’emploi et qui va demander le plus d’effort sur la formation : " le coût du dernier kilomètre ". Aujourd’hui, livrer à domicile signifie multiplier les commandes : si la personne économise son déplacement dans la grande surface, il faut que quelqu’un lui apporte les produits chez elle, et pour cela, il faut multiplier le nombre de centres de préparation, de lieux de stockage, le nombre de livreurs et ça fait bien sûr la fortune des grandes sociétés de logistique.
Toute cette mise en place est de plus en plus perceptible et même si sur le plan médiatique, on a l’habitude de voir deux/trois " success stories ", on s’aperçoit qu’en fait, tous les emplois sont concernés et aujourd’hui, il faut mettre en place des formations professionnelles pour tous ces emplois dans tous les secteurs.