|
Consultez
la vidéo
|
Maxime
VACKE, Maître de conférence à lUniversité de Technologies
de Belfort, spécialiste dans les réseaux informatiques
Dans le cadre de notre Université, nous formons des ingénieurs, nous faisons
de la recherche sur ces nouvelles technologies et nous avons mis en place
une entreprise virtuelle à travers un serveur Internet et Intranet. Nous
avons vu se développer de nouveaux métiers dans une entreprise comme Alsthom
par exemple, parce qu'ils font une gestion de sites sur la qualité, c'est-à-dire
que toutes les équipes qualité d'une entreprise qui avant fonctionnaient
de manière informelle avec du papier sont maintenant regroupées dans un
Intranet. On se rend compte qu'il fallait mettre en place un modérateur,
c'est-à-dire quelqu'un qui a les coordonnées d'ensemble. On se rend compte
également sur les sites de formation continue, quand on veut mettre en
place un Intranet pour gérer une formation continue virtuelle pour que
les gens puissent être en contact, qu'il ne faut des gens qui ne soient
pas forcément des formateurs mais des nouveaux métiers. Je voudrais donc
savoir si vous connaissez des nouveaux métiers du type modérateur et si
vous pouvez nous brosser un catalogue autour des sites et CD-ROM ?
Yves LASFARGUE,
Directeur du Créfac (Centre dEtudes et de Formation)
Je pense qu'il ne faut pas se laisser prendre au mythe des nouveaux métiers.
Il y a beaucoup de nouveaux noms de métiers mais la plupart des métiers
que l'on rencontre aujourd'hui existaient sous une forme ou sous une autre
avant. Je reprends l'exemple que vous développiez. Quand on fait un groupe
en Intranet, il faut un modérateur, ce qu'on appelait avant un animateur
de groupe. Qu'il soit un animateur de groupe physique ou un animateur
de groupe virtuel, ce n'est pas tout à fait le même métier mais c'est
très proche. Quand on fabrique un site Internet, on va avoir un Webmaster,
celui qu'on appelait un peu le chef de projet ou le «directeur x» avant.
On va avoir dans toute la partie audiovisuelle un certain nombre de nouveaux
métiers. Mais en gros on va prendre l'ancien et on va ajouter «cyber»
devant alors qu'il y a trois ans on aurait mis «télé». Une fois qu'on
a dit ça, cela ressemble beaucoup aux anciens. Le vrai problème est plus
d'adapter les anciens métiers que d'être obnubilé par les nouveaux mots,
évidemment plus médiatiques, que les nouvelles fonctions réellement. Il
y a de nouvelles techniques mais globalement les nouvelles fonctions consistent
à utiliser autrement les nouvelles techniques.
Vincent MERLE,
Directeur de Cabinet de Nicole Pery, Secrétariat dEtat aux droits
des femmes et à la formation professionnelle
Je partage tout à fait le point de vue de Monsieur Lasfargue. Je voudrais
simplement ajouter qu'il vaudrait peut être mieux parler de recomposition
permanente des métiers que de nouveaux métiers en tant que tels. C'est
bien le désarroi du formateur qui s'est exprimé tout à l'heure parce qu'il
y a quelques années encore on formait par rapport à un métier dont le
profil et les contours étaient connus. Aujourd'hui il faut dispenser des
savoirs qui sont mobilisés dans des situations répondant à des logiques
d'actions souvent très différentes les unes des autres. Ca change aussi
je crois le métier du formateur.
|