Mardi 31 mars 2009, 23:11 | in robots
Contrôler un robot par la pensée

La machine de contrôle du robot développée par Honda, ATR et Shimadzu. © 2009 Honda Motor Co., Ltd.
Honda vient d’annoncer la mise au point de la première interface homme-machine commandée par la pensée, appliquée à un robot humanoïde. Ce dispositif technologique a été développé conjointement avec la société japonaise Shimadzu basée à Tokyo et l’institut de recherche ATR.
L’interface est basée principalement sur deux enregistreurs électro-encéphalographiques (mieux connu sous le nom de EEG), qui mesurent l’activité électrique dans le cuir chevelu, d’un ordinateur puissant et des algorithmes innovants, associés à un système de spectroscopie proche infrarouge (SPIR) pour mesurer les changements de débit sanguin cérébral. Tout ce que l’utilisateur doit faire est de porter un casque équipé de ces capteurs et d’imaginer une des quatre représentations prédéterminées correspondantes à une partie du robot (main gauche, main droite, langue, pieds) qu’il veut se faire mouvoir.

Système de mesure de l'activité cérébrale. © 2009 Honda Motor Co., Ltd.
Lors des premiers essais, et ce grâce aux algorithmes nouvellement créés, les ingénieurs de Honda déclarent que le robot Asimo a effectué correctement le geste pensé, tel que lever la main ou avancer un pied, dans 90 % des cas. À terme, le but est de pouvoir commander par la pensée des «objets intelligents», sur la base d’actions simples comme fermer une porte de voiture, allumer sa télé ou piloter une souris d’ordinateur…

Interfaces du système de commande du robot. © 2009 Honda Motor Co., Ltd.
“Nous n’en sommes qu’au stade initial, mais nous caressons le rêve d’intégrer un jour cette technologie dans diverses machines”, reconnaît, Yasuhisa Arai, directeur de l’institut de recherches de Honda.
Comme le rappelle la dépêche de l’AFP, au Japon, «ces systèmes sont destinés à seconder l’humain dans son quotidien ingrat : les robots japonais n’attendront pas qu’on leur ordonne à haute voix de débarrasser la table pour se mettre au travail: il suffira d’y penser et ils passeront à l’acte.»
Mardi 31 mars 2009, 09:25 | in Numérique
La réalité augmentée dans tous ses états !

Idée pour un écran de téléphone portable en RA (Leonard Low) et réalité augmentée en flash de General Electrics
Ce mixte entre virtuel et réel devient un sujet phare de ce début 2009. Pour en profiter, une caméra, un mobile ou un ordinateur doté d’une webcam suffisent. Alors accélération ?
Il y a peu, j’ai rendu visite pour L’Atelier à la société française Total Immersion créée il y a 10 ans, et maintenant l’un des deux leaders mondiaux de la réalité augmentée avec Metaio. L’occasion de faire le tour des nombreux usages possibles : spectacles interactifs comme celui du Futuroscope, bornes interactives dans les magasins permettant de voir virtuellement le produit dans sa boîte, simulations dans le domaine militaire, jeux virtuels avec une brochure papier ou un jeu de carte comme les Panini (notons que le papier redevient ainsi à la mode). Sans oublier essayage virtuel, reconnaissance de bâtiments avec des informations contextuelles sur mobile, intégration de nouveaux produits 3D dans la réalité, formation dans le domaine de l’automobile, évènements d’entreprises, ou télévision enrichie en temps réel. D’ailleurs, leurs vidéos montrent très bien ce panel. L’avantage, c’est que l’immersion réel / virtuel fonctionne bien mieux pour le cerveau humain que le simple virtuel. Et moins coûteux : un décor virtuel complet ultra réaliste est complexe et lourd à créer. Et non content d’être efficace, la réalité augmentée amuse et fascine. Faisons un tour d’autres exemples :
Sur console de jeu :
Le jeu aime sortir de l’écran : Eyepet est l’un des jeux qui devrait sortir sur PS3 tirant parti du “réel” du joueur. Et le mobile n’est pas en reste : côté jeu,int13 prépare Kweekies pour cet été sur smartphone.
Mobile : des services différents
ING vient de lancer aux Pays-Bas une application sur Google Android de localisation de son GAB le plus proche. Et sans logiciel à installer, cela existe ? Tout à fait, Total Immersion vient de lancer avec Alcatel-Lucent un système de reconnaissance d’image au travers du service de visioconférence avec la caméra. Une extension des QRcode et MobileTag enrichie et bien plus étendue, et ce, sans logiciel à télécharger.
Jusqu’au flash sur le web
Issu du travail d’un développeur Japonais, Flartoolkit est une librairie dérivée d’Artoolkit, un outil open source, permettant de faire de la réalité augmentée chez soi… en flash. J’ai eu le plaisir d’avoir été parmi les tout premiers à la découvrir, voir le très bon exemple de General Electrics. Ne nous y trompons pas, les possibilités techniques sont extrêmement réduites par ce biais.
Alors accélération ?
Du domaine artistique aux applications industrielles, à la formation ou au marketing, les exemples à forte valeur ajoutée se multiplient. En allant plus loin, les interfaces vues à TED rendent le corps humain interactif. Et l’interface de se déplacer pour être plus ergonomique, améliorant “l’usabilité” de notre quotidien.
Une démo en vidéo du directeur général de Total Immersion, Greg Davis sur l’utilisation de la RA dans les domaines du jeu ou de la publicité…
Exemple de réalité augmentée chez Toyota :
Et chez Sony, avec l’EyePet (EyeToy et une Playstation)…
Lundi 30 mars 2009, 18:00 | in Vidéo
France 2025 : interview de Joël de Rosnay
France 2025 : interview de Joël de Rosnay par cite-des-sciences
L’exposition France 2025, Préparons demain fait suite à un important travail de prospective engagé en 2008 par le Secrétariat d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’Economie numérique à la demande du Premier ministre, avec pour objectif de dessiner la France en 2025.
Lundi 30 mars 2009, 04:28 | in Economie
Quand la France n’est que 23e mondiale…

Pourquoi ne pas réussir dans le high-tech comme on le fait dans le spatial ? - CNES/ESA/Arianespace
Question technologies, c’est plutôt inquiétant, et cela ne semble pas près de s’arranger… Et si nous avions un peu pris de haut, et dévalorisé, la simple production, dans l’industrie lourde comme dans le high tech ?
Rendu public début mars, le classement a été accueilli, de la part de nos élites, par un silence gêné. Établi par l’Union internationale des télécommunications, il hiérarchise les pays en fonction de leur degré d’équipement et de leur compétence technologique. La France, 5e puissance économique mondiale, arrive en… 23e position. Derrière Macao et bien après l’Autriche. Certes, il ne s’agit pas du premier état des lieux alarmiste sur la situation du high-tech français. Du clairvoyant rapport Minc-Nora, publié en 1967, au plus récent plan Besson, en passant par les préconisations Jouyet-Lévy (2007), la production d’analyses réclamant une marche forcée de notre pays vers l’économie numérique est devenue un sport national.
S’est-on, pour autant, tourné les pouces ? Pas vraiment, à en voir la quantité de mesures adoptées ces trente dernières années. C’est davantage leur efficacité qui est en cause. Un constat d’autant plus cruel que le secteur - 50 000 entreprises dans l’Hexagone - se révèle stratégique, en période de sévère récession. N’est-il pas à même d’apporter, au bas mot, un demi-point de croissance, chiffrait déjà la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, en 2007 ? « Si on ne fait rien, on va se priver de 1 million d’emplois ! » s’enflamme, de son côté, la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication.
Une urgence amplifiée par les dernières nouvelles du front, qui ne sont pas particulièrement réjouissantes. Après avoir échappé - heureusement - à la revente pour « 1 franc symbolique » au coréen Daewoo, au milieu des années 1990, le groupe Thomson, qui, bien aidé par ses précieux brevets aux États-Unis, a connu depuis un joli parcours, se retrouve de nouveau fragilisé. Quant à l’équipementier télécoms Alcatel, il devra accumuler un paquet de contrats, comparable à celui signé avec Verizon en février ou, plus récemment, avec China Unicom, pour se remettre de la fusion mal pensée avec Lucent, en 2006, qui a diminué sa taille d’un cinquième.
Non seulement les champions historiques sont sur le déclin, mais le pays n’a pas su en faire émerger de nouveaux. Aux États-Unis, la majorité des leaders actuels (Microsoft, Google…) n’existaient pas il y a trente-cinq ans. À la différence de la France, où les Vivendi (ex-CGE), Orange (France Télécom), Lagardère ou Bouygues tiennent toujours le haut du pavé. Et la croissance fulgurante de start-up (Exalead, Free, Vente-privée.com…) ne débouche pas encore sur la naissance d’un nombre suffisant de géants mondiaux : Dassault Systèmes ou encore Ubisoft apparaissent ainsi comme des exceptions. Certes, le secteur compte quelques sociétés de services phares (Capgemini, Altran…). Mais l’un des joyaux de l’Hexagone, Business Objects, est tombé, fin 2007, dans l’escarcelle de l’allemand SAP.
Dès lors, d’où viendra la relève ? Notre pays ne manque pas de talents : nos ingénieurs, les mathématiciens comme les designers, continuent à être plébiscités à l’étranger. Ni d’idées : les projets foisonnent. Mieux, il est administrativement plus facile de créer une entreprise en une journée depuis l’entrée en application, le 1er janvier, du dispositif « auto-entrepreneur ». Pas moins de 75 000 créateurs de projets s’y sont d’ailleurs engouffrés.
Même l’accès aux premiers financements a été singulièrement facilité. « Grâce à la loi sur le pouvoir d’achat, qui permet aux riches ménages de soustraire de l’impôt sur la fortune jusqu’à 50 000 euros investis dans une start-up, j’ai converti des pharmaciens à l’actionnariat privé », se réjouit Franck-David Colin, fondateur du site d’intermédiation Faisonsaffaire.com. « Rien que pour cet avantage, je ne m’oppose plus à l’existence de l’ISF », plaisante Denis Payre, cofondateur de l’association patronale Croissance Plus, par ailleurs ferme défenseur du bouclier fiscal.
Si elle a été au rendez-vous, l’aide publique gagnerait cependant à être mieux allouée. « À travers une dizaine de secteurs clefs », préconise-t-on à la Fieec, citant par exemple l’e-santé ou les technologies durables… Et aussi géographiquement. C’est la conviction de Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes, qui appelle à une concentration du nombre de pôles de compétitivité : lancées en 2005, ces « zones de priorité d’investissement » sont aujourd’hui au nombre de 71 sur le territoire…
Pour atteindre une taille critique, c’est aussi et surtout de commandes sonnantes et trébuchantes que les jeunes pousses ont besoin. Une idée trottait dans la tête de nos dirigeants depuis longtemps : répliquer en France le Small Business Act, un texte en vigueur aux États-Unis depuis 1953 et qui garantit aux PME un minimum de 20 % des commandes publiques, ainsi que l’obligation de raccourcir le délai de règlement des factures. Or, à l’issue de sa présidence de l’Union, fin 2008, la France n’a réussi à faire avaler à l’Europe qu’une demi-mesure. « Dans l’état actuel des choses, les dispositions sont uniquement incitatives », regrette Olivier Ezratty, consultant en innovation et professeur à l’École centrale de Paris.
Une erreur : dévaloriser la fabrication
Reste que l’État ne peut pas tout faire. L’industrie française paie aussi ses erreurs stratégiques, comme la dévalorisation, au début des années 2000, de la fabrication. Nombre de nos industriels doivent amèrement regretter d’avoir cédé trop facilement à la mode du “fabless” pour répondre à la concurrence asiatique. C’est le modèle inverse qu’a choisi Apple. Devenu constructeur de mobiles avec l’arrivée de l’iPhone, la firme californienne a gardé le contrôle de ses sous-traitants, même s’ils opéraient en Asie. Car c’est bien la mainmise sur la production qui permet constamment d’enrichir l’offre logicielle et donc de monter en gamme. Une option que n’a pas négligée, à raison, Violet, le fabricant français de Nabaztag (voir Mir:ror). Ou encore la PME Archos. Au départ simple fabricant de baladeurs numériques multimédias, cette entreprise industrielle, née en Haute-Loire en 1988, est devenue il y a quatre mois constructeur de netbooks, de légers ordinateurs connectés à Internet. Renouant avec un rêve qui fait aujourd’hui malheureusement figure d’exception : devenir un géant de l’électronique… issu de l’Hexagone.
le 27 mars 2009
Légende photo Ariane : Décollage du lanceur Ariane 5 ECA, vol 164 le 12 février 2005 depuis le Centre spatial guyanais.
Avec la qualification de la dernière version du lanceur européen, Ariane 5 ECA devient un des lanceurs les plus puissants du monde. (CNES/ESA/Arianespace/CSG Service Optique, 2005)
Vendredi 27 mars 2009, 09:54 | in Gadget Lab
Virtual Cocoon : le casque de réalité virtuelle du futur

Visiocasque et gant de données à la NASA; Personnel de l'U.S. Navy utilisant un simulateur de parachute.
Si les casques à réalité virtuelle professionnels sont toujours très utilisés dans le domaine de la formation et de la simulation, les casques à destination du grand public, très prometteurs vers la fin des années 90, ont un peu déçu. Même si certains chercheurs travaillent sur des dispositifs permettant de “peindre” les images directement sur la rétine de l’utilisateur afin de lui donner le sentiment de réalisme quasi photographique, l’immersion pour être plus complète doit passer par les cinq sens.
C’est le crédo d’une équipe des universités de York et de Warwick (Angleterre) réunie sous la direction de l’Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC). Pour renforcer l’illusion disent les chercheurs, il faut aussi diffuser l’information par les autres sens : le son et le toucher bien sûr, mais aussi l’odeur et le goût. Un projet de casque, le “virtual cocoon” a été présenté à l’occasion de la conférence Pioneers 09.
Le dispositif consiste en un très grand écran panoramique Led/LCD, sous une visière pivotante, qui retransmet les images en haute définition, quatre haut-parleurs assurant une ambiance sonore surround ultra-réaliste. La panoplie est complétée par une canule nasale, permettant de diffuser des produits odorants sur commande, un distributeur de saveurs dans la bouche et des gants haptiques à retour tactile, voir à retour d’effort, pour avoir la sensation de résistance… Enfin, un ventilateur souffle de l’air chaud ou froid au visage pour simuler les variations de température.
“L’idée, explique le professeur Alan Chalmers de l’université de Warwick, est de produire un appareil utilisable à la maison. Ce sera un pas de géant comparativement à ce qui existe aujourd’hui.” Les chercheurs expliquent qu’on devrait pouvoir reproduire d’ici cinq ans, par exemple, les sons et les odeurs de certaines scènes de la vie quotidienne de l’Égypte ancienne, ou celle d’un safari d’images… en toute sécurité.
Voir aussi le projet “immersive cocoon” :
Jeudi 26 mars 2009, 09:46 | in Sociologie
Le web est une science sociale comme une autre

Getty Images
“Le web est avant tout social“. C’est ce qu’a déclaré Nigel Shadbolt, directeur de recherche interdisciplinaire à l’ECS (Electronics and Computer Science University of Southampton) à l’occasion de la Web Science Conference 09. La rencontre, qui se tient en Grèce, s’intéresse aux aspects sociotechniques d’un web qui souffle ses vingt bougies. De plus en plus de secteurs se développent aujourd’hui en intégrant le web : l’éducation, la santé, le commerce, la recherche ou encore la politique. Favorisant l’émergence d’une société connectée. D’ailleurs, a précisé le chercheur, “Il est désormais impossible de comprendre les phénomènes sociaux, le monde, sans comprendre le web“. D’où l’organisation de cette conférence, qui vise à faire le point sur l’impact qu’a la Toile sur notre vie quotidienne. Mais aussi encourager la mise en place d’une approche multidisciplinaire afin de mieux identifier et développer les technologies et applications qui feront le web de demain.
La société en ligne est une société qui collabore
D’où le but, clairement affiché ici, de faire se rencontrer les acteurs de la recherche qui gravitent autour du web, qu’ils soient issus du secteur des sciences informatiques ou des sciences humaines. L’un des grands constats que l’on peut immédiatement dresser, c’est l’importance de la collaboration et de l’interaction. Dans le domaine de l’éducation, l’université de Catalogne a ainsi présenté son projet d’e-learning. L’université table sur le principe du “Learning anytime, anywhere“, en proposant des outils de wiki, de réseaux sociaux, micro-blogging, etc. Le tout, accessibles depuis des postes fixes ou des mobiles. D’autres projets comme Scratch, dont L’Atelier avait déjà parlé, proposent aux jeunes de développer des contenus et de les partager avec les autres membres.
Vers une généralisation du web semantique
Et pour un grand nombre des participants à la conférence - dont Tim Berners Lee - l’aboutissement de ces initiatives de collaboration et d’interaction, c’est le web sémantique. C’est-à-dire la possibilité de donner à la machine la capacité de comprendre le sens des contenus indexés. Un processus réservé pour le moment à l’homme. Le but étant de faire interagir entre eux les données, notamment celles qui circulent sur les supports 2.0 comme les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs ce sur quoi travaille notamment Alexandre Passant, chercheur au DERI (Digital Enterprise Research Institute), en Irlande. Le centre développe un modèle de représentation qui permet de connecter et d’interroger des données en provenance de différents contenus. Appliqué aux réseaux sociaux, le système, baptisé Sioc, permettra du coup d’avoir un même langage pour tous les réseaux. Et donc, de les faire interagir.
Mercredi 25 mars 2009, 05:43 | in robots
BigDog, le robot quadripède est testé en Afghanistan

BigDog de Boston Dynamics © DOD
Il sait tout faire ou presque. Marcher sur les terrains les plus accidentés, grimper des côtes de 35° d’inclinaison, transporter ses 140 kilos d’équipements, dans la neige ou la boue. Il arrive même à rétablir son équilibre (voir la vidéo) lorsqu’il glisse sur une plaque de glace. BigDog, c’est le “robot quadrupède le plus avancé au monde”, créé par Boston Dynamics, dans le cadre d’un programme du DARPA (l’agence du Département de la défense des USA qui est responsable de la recherche et du développement des nouvelles technologies dans l’usage militaire).
En 2009, une nouvelle étape est donc franchie en robotique avec des tests en terrain de conflit actif, d’un robot téléguidé. Il faut dire que c’est un champion dans le domaine, car il peut faire des pointes à 6,5 km/h et a battu le record du monde d’autonomie en parcourant sans s’arrêter 20 km à une vitesse de 4 km/h. Ce “Grand chien” de 75 kg, qui ressemble en fait à un mulet doté de quatre pattes articulées équipées de servomoteurs et d’un grand nombre de capteurs, va donc devenir l’infatigable compagnon des soldats américains en Afghanistan, pas ultra discret cependant, avec son bruit de tondeuse à gazon.
C’est la guerre en Irak qui a dopé le marché des robots : ils sont plus efficaces dans certaines conditions et permettent même d’économiser des vies humaines (suivant duquel côté on se place évidemment). Comme l’explique un reportage de Rue89, “l’apparition de ces robots est le prélude d’une inéluctable révolution dans « l’art » de la guerre, un tournant comparable à la découverte de la poudre. Car la frontière est ténue entre un ordre simple donné par télécommande à un robot (« Tire dans telle direction ») et un ordre plus complexe (« Entre dans cet immeuble et tue tout ce qui est vivant et qui mesure plus de 1,30 mètre »).”
Et d’évoquer la problématique de l’intelligence artificielle du futur, valable tout autant pour les quadrupèdes de combat que pour des androïdes civils : “Même si elle n’est pas pour aujourd’hui, la question de l’autonomisation des robots finira par se poser. Et avec elle, celle de la programmation de « limites morales » à ses propres décisions.” En ligne de mire, se profilent donc les 3 lois de la robotique d’Asimov et d’épineuses questions d’éthique et de politique. (Cf. “Le premier code éthique des robots est né“)
Écorché à découvrir sur le site de James Provost avec la possibilité de zoomer dans l’image.
A lire également sur Futura-Sciences : “L’informatique de bord gère l’orientation, la direction, ainsi que la distribution d’énergie entre les différents servos lorsque les conditions changent. Le contact avec le sol et la pression de la charge sur le “dos” sont constamment pris en compte, tandis qu’un gyroscope et un système de vision stéréoscopique déterminent l’orientation et la voie à suivre pour parvenir au but assigné, ou déterminé par le logiciel de bord.”
Last but not least, voir ce lien proposé par Laurent Suply “pour avoir un aperçu des autres percées de la robotique sur les champs de bataille, sur Defense.tech, en plus des drones, SWORDS et Talon, des mitrailleuses sur chenilles… Bienvenu au XXIe siècle.”
Voir aussi : Talks P.W. Singer: Military robots and the terrifying future of war (Anglais)










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