Mercredi 25 mars 2009, 05:43 | in robots
BigDog, le robot quadripède est testé en Afghanistan

BigDog de Boston Dynamics © DOD
Il sait tout faire ou presque. Marcher sur les terrains les plus accidentés, grimper des côtes de 35° d’inclinaison, transporter ses 140 kilos d’équipements, dans la neige ou la boue. Il arrive même à rétablir son équilibre (voir la vidéo) lorsqu’il glisse sur une plaque de glace. BigDog, c’est le “robot quadrupède le plus avancé au monde”, créé par Boston Dynamics, dans le cadre d’un programme du DARPA (l’agence du Département de la défense des USA qui est responsable de la recherche et du développement des nouvelles technologies dans l’usage militaire).
En 2009, une nouvelle étape est donc franchie en robotique avec des tests en terrain de conflit actif, d’un robot téléguidé. Il faut dire que c’est un champion dans le domaine, car il peut faire des pointes à 6,5 km/h et a battu le record du monde d’autonomie en parcourant sans s’arrêter 20 km à une vitesse de 4 km/h. Ce “Grand chien” de 75 kg, qui ressemble en fait à un mulet doté de quatre pattes articulées équipées de servomoteurs et d’un grand nombre de capteurs, va donc devenir l’infatigable compagnon des soldats américains en Afghanistan, pas ultra discret cependant, avec son bruit de tondeuse à gazon.
C’est la guerre en Irak qui a dopé le marché des robots : ils sont plus efficaces dans certaines conditions et permettent même d’économiser des vies humaines (suivant duquel côté on se place évidemment). Comme l’explique un reportage de Rue89, “l’apparition de ces robots est le prélude d’une inéluctable révolution dans « l’art » de la guerre, un tournant comparable à la découverte de la poudre. Car la frontière est ténue entre un ordre simple donné par télécommande à un robot (« Tire dans telle direction ») et un ordre plus complexe (« Entre dans cet immeuble et tue tout ce qui est vivant et qui mesure plus de 1,30 mètre »).”
Et d’évoquer la problématique de l’intelligence artificielle du futur, valable tout autant pour les quadrupèdes de combat que pour des androïdes civils : “Même si elle n’est pas pour aujourd’hui, la question de l’autonomisation des robots finira par se poser. Et avec elle, celle de la programmation de « limites morales » à ses propres décisions.” En ligne de mire, se profilent donc les 3 lois de la robotique d’Asimov et d’épineuses questions d’éthique et de politique. (Cf. “Le premier code éthique des robots est né“)
Écorché à découvrir sur le site de James Provost avec la possibilité de zoomer dans l’image.
A lire également sur Futura-Sciences : “L’informatique de bord gère l’orientation, la direction, ainsi que la distribution d’énergie entre les différents servos lorsque les conditions changent. Le contact avec le sol et la pression de la charge sur le “dos” sont constamment pris en compte, tandis qu’un gyroscope et un système de vision stéréoscopique déterminent l’orientation et la voie à suivre pour parvenir au but assigné, ou déterminé par le logiciel de bord.”
Last but not least, voir ce lien proposé par Laurent Suply “pour avoir un aperçu des autres percées de la robotique sur les champs de bataille, sur Defense.tech, en plus des drones, SWORDS et Talon, des mitrailleuses sur chenilles… Bienvenu au XXIe siècle.”
Voir aussi : Talks P.W. Singer: Military robots and the terrifying future of war (Anglais)

















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