Jeudi 30 avril 2009, 18:18 | in Société
Conférence TED en Europe : “la substance de l’invisible”

Conférence TED - Photo Jurvetson (cc)
« The substance of things not seen », la substance de l’invisible, de ce qui est caché, qui échappe encore à notre regard, tel est le fascinant thème de la prochaine conférence TED Global. Elle se tiendra à Oxford du 21 au 24 juillet.
Bertrand Piccard parlera d’un avion propulsé à l’énergie solaire et Jonathan Zittrain du futur de l’internet (et de comment le contenir). Les auteurs Naomi Klein (The Shock Doctrine) et Misha Glenny (McMafia) proposeront des lectures “non mainstream” de la réalité globale et partageront la scène avec Emmanuel Jal, enfant soldat devenu star du rap.
Le biologiste Éric Sanderson parlera de New York avant New York… en 1609. Une vision reconstituée avec une précision impressionnante. Qui pourrait se douter que le sens original de Manhattan est “l’île aux nombreuses collines” ?
Organisé par Bruno Giussani, directeur pour l’Europe des conférences TED, ce voyage conduisant des faces cachées du monde (souvent pour la seule raison que nous préférons les ignorer) aux technologies de pointe ne peut que piquer la curiosité.
Mais nées dans une Californie religieusement optimiste, l’esprit des conférences TED - Technology, Entertainment, Design - (rappelez-vous combien celle de février dernier à Long Beach m’avait fasciné ) pourrait faire flop en Europe. Le cynisme est plus prisé que l’innocence et le trio (gagnant là-bas) technologie-entreprise-philanthropie n’est pas aussi bien coté à la bourse de nos valeurs.
« L’enjeu, » m’a expliqué Giussani (un vieux complice que je respecte énormément), « est d’adapter l’ethos de TED et de sa longue tradition de compassion à la réalité internationale qu’on oublie moins facilement en Europe qu’en Californie. »
Bruno partage avec Chris Anderson, l’administrateur général, l’idée qu’il n’est pas vraiment utile de consacrer des ressources à ce qui n’est pas intéressant et qu’il est préférable de se pencher sur les solutions que sur les problèmes.
L’optimisme sera au rendez-vous donc, mais, pour gagner son pari, Giussani s’efforcera de le faire côtoyer conflits et autres tensions dont je m’étais permis, en bon européen, de remarquer l’absence à Long Beach.

Démonstration lors d'une conférence TED
Le choix de la ville d’Oxford est une autre façon de marquer la différence. La recherche sur les technologies de pointe (réacteur nucléaire le plus puissant du monde [correction: il s’agit du réacteur de fusion le plus puissant]) se fait dans un espace parsemé de buildings de plus de 700 ans. Pas facile à produire de l’autre côté de l’Atlantique…
TED à l’européenne pourrait bien produire une expérience dont j’ignore la substance, mais dont j’aimerais qu’elle soit plus répandue, plus… visible.
P.-S. - Que ceux qui ne peuvent y assister ne se découragent pas, les excellentes vidéos de présentations sont accessibles gratuitement et chacun peut les utiliser comme bon lui semble.
PPS –Giussani, le 28 avril au CCCB de Barcelone, dans une conférence qu’il organise.
Une conférence TED de JoAnn Kuchera-Morin: Tour the AlloSphere, a stunning new way to see scientific data
Une conférence TED de Laurie Garrett, Pulitzer winner: What can we learn from the 1918 flu pandemic?
Mardi 28 avril 2009, 19:11 | in Spatial
Comment défendre la Terre contre les astéroïdes ?

Représentation d'un astéroïde menaçant la Terre - Image NASA
Par temps de crise économique ou de risque de pandémie de grippe, il n’est pas facile de convaincre les gouvernements d’investir dans la recherche spatiale. Cependant, il y a un domaine qui devrait recevoir l’assentiment général, c’est celui de la protection commune de notre planète des risques de collision avec les astéroïdes ou les comètes. Au début de mars, un petit astéroïde 2009 DD45 à frôlé la Terre à 60.000 kilomètres, soit moins d’un sixième de la distance de la Lune. Un impact sur notre planète aurait provoqué une catastrophe équivalente à celle de la Toungouska en 1908, qui avait ravagé la forêt sibérienne sur un rayon de 20 kilomètres et fait des dégâts jusqu’à une centaine de kilomètres (60 millions d’arbres auraient été arrachés par le souffle de l’explosion).
La menace est donc bien réelle et de plus en plus prise en compte par les instances scientifiques qui cherchent maintenant à étudier les risques de collisions dans le futur. Ainsi, jusqu’au 30 avril, différents spécialistes planchent sur le sujet “Comment protéger la Terre d’une collision avec un astéroïde ?” à Grenade (Espagne). En 2029, notre planète croisera de très près la route d’Apophis un astéroide géant. Cette conférence internationale d’astronautique a pour but de préparer l’évènement et de publier un livre blanc sur la question.
Apophis, celui qui doit frôler la Terre en 2029, à 160 000 km, c’est-à-dire à moins de la moitié de la distance qui nous sépare de la Lune. Un astéroïde qui doit revenir en 2036, avec des risques de percussion non négligeables (1 “chance” sur 45 000 de se produire).

Animation : Trajectoires de la Terre et d’Apophis
Si Apophis n’est pas un énorme géocroiseur, il mesure néanmoins 270 m de diamètre, et surtout il est constitué de fer, soit 20 millions de tonnes, se déplaçant à 5 km/s (18 000 km/h) sur une orbite voisine de la nôtre. S’il suit une orbite de collision avec la Terre, l’attraction fera augmenter sa vitesse à plus de 12 km/s (43 200 km/h) au moment de l’impact !
On estime qu’une collision éventuelle avec Apophis dégagerait une énergie pouvant atteindre 1.5 Gt de TNT soit 100 000 fois plus d’énergie que l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima. Une telle catastrophe produirait un cratère de 5 km de diamètre. Une simulation réalisée dans l’est du Pacifique, point possible de contact, montre qu’il se produirait un tsunami de 17 m de haut déferlant à près de 100 km/h sur les régions habitées de la côte ouest des USA.
Face à ces risques, tous les centres de recherche spatiale comme l’ESA, le CNES, la NASA ou le JPL ont mis au point des programmes pour trouver des ripostes. Des sociétés spécialisées aussi , telle Astrium du consortium européen EADS qui a proposé une mission spatiale baptisée “Apex“, programmée pour 2013 dans le but d’étudier Apophis (le photographier et recalculer sa position et sa vitesse) lorsqu’il sera à moins de 66 millions de kilomètres de la Terre. Ce projet est supporté par la Planetary Society, qui lui a attribué le 3e prix de son concours.

Envoyer des vaisseaux spatiaux pour modifier la trajectoire d'un astéroïde ou tenter de le détruire. Photo NASA
Récemment, le magazine Wired a répertorié les différents moyens à mettre en place pour empêcher la catastrophe possible de se produire :
- Envoyer et faire exploser des charges nucléaires directement sur l’objet céleste
- Le détruire grâce à des lasers très puissants
- Lui adjoindre un vaisseau spatial pour changer sa trajectoire
- Influencer sa trajectoire gravitationnelle avec un vaisseau spatial
- Lui installer des ailes solaires pour le «pousser» loin de nous
Mais aucun de ces scénarios ne pourrait avoir un effet s’il était mis en place tardivement.
“Il est impératif de rassembler des données sur Apophis dès que nous pouvons, parce qu’une fois que nous saurons qu’il est sur une trajectoire de collision avec la Terre, la manière la plus sûre d’éviter le désastre sera de pousser du coude l’astéroïde afin qu’il change d’orbite (…) Si nous attendons trop longtemps, il sera impossible de construire un vaisseau spatial assez puissant pour modifier sa trajectoire” aurait déclaré Mike Healy, directeur du département astronautique d’EADS Astrium.

La NASA observe la collision entre Deep Impact et la comète 9P/Tempel 1 en juillet 2005.
L’article de Weird : How to Defend Earth Against an Asteroid Strike
En vidéo :
Simulation des objets célestes menaçants autour de la Terre (Near Earth Object Map), réalisé par le bureau de la NASA chargé du programme des objets proches de la Terre (Near Earth Object Program Office) au Jet Propulsion Laboratory (JPL), à Pasadena en Californie.
Le projet Don Quijote de l’ESA (keeping the sky at a distance)
Simulation d’une explosion atomique de 10 mégatonnes sur un astéroïde (Golevka), par Mark Boslough des Sandia National Labs, USA.
La mission DAWN d’observation et d’étude des astéroïdes dans la ceinture autour de Mars, vers Vesta et Ceres.
Mardi 28 avril 2009, 12:42 | in Vidéo
Intelligence artificielle : les premiers pas d’ASIMO
Une Vidéo dans laquelle on observe les progrès réalisés par ASIMO dans le domaine de la reconnaissance des objets, voire des représentations conceptuelles…
Mardi 28 avril 2009, 04:59 | in Brèves
Allez donc voir la “photo infinie” mise en ligne par le National Geographic
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Mardi 28 avril 2009, 04:58 | in Brèves
Bientôt un robot en métal liquide façon Terminator ? L’ère de la matière programmable commence
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Mardi 28 avril 2009, 04:55 | in Brèves
Une nouvelle technique pour faire respirer des poumons hors du corps à l’hôpital de Toronto
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Mardi 28 avril 2009, 04:51 | in IntelliSciences & Tech
IntelliSciences & Tech de Janvier 2008

Sculpture représentant l'ADN au musée des sciences de Valence (Espagne) - Photo Cartel82 cc.
Une sélection mensuelle de news proposée par Joël de Rosnay, sur les avancées en bio-technologies, info-technologies, et éco-technologies, qui vont déterminer les scénarios du Futur. Nous inaugurons cette nouvelle rubrique par un retour sur l’actualité de 2008.
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