Comment défendre la Terre contre les astéroïdes ?

Représentation d'un astéroïde menançant la Terre - Photo NASA

Représentation d'un astéroïde menaçant la Terre - Image NASA

Par temps de crise économique ou de risque de pandémie de grippe, il n’est pas facile de convaincre les gouvernements d’investir dans la recherche spatiale. Cependant, il y a un domaine qui devrait recevoir l’assentiment général, c’est celui de la protection commune de notre planète des risques de collision avec les astéroïdes ou les comètes. Au début de mars, un petit astéroïde 2009 DD45 à frôlé la Terre à 60.000 kilomètres, soit moins d’un sixième de la distance de la Lune. Un impact sur notre planète aurait provoqué une catastrophe équivalente à celle de la Toungouska en 1908, qui avait ravagé la forêt sibérienne sur un rayon de 20 kilomètres et fait des dégâts jusqu’à une centaine de kilomètres (60 millions d’arbres auraient été arrachés par le souffle de l’explosion).

La menace est donc bien réelle et de plus en plus prise en compte par les instances scientifiques qui cherchent maintenant à étudier les risques de collisions dans le futur.  Ainsi, jusqu’au 30 avril, différents spécialistes planchent sur le sujet “Comment protéger la Terre d’une collision avec un astéroïde ?” à Grenade (Espagne). En 2029, notre planète croisera de très près la route d’Apophis un astéroide géant. Cette conférence internationale d’astronautique a pour but de préparer l’évènement et de publier un livre blanc sur la question.

Apophis, celui qui doit frôler la Terre en 2029, à 160 000 km, c’est-à-dire à moins de la moitié de la distance qui nous sépare de la Lune. Un astéroïde qui doit revenir en 2036, avec des risques de percussion non négligeables (1 “chance” sur 45 000 de se produire).

Animation : Trajectoires de la Terre et d’Apophis

Si Apophis n’est pas un énorme géocroiseur, il mesure néanmoins 270 m de diamètre, et surtout il est constitué de fer, soit 20 millions de tonnes, se déplaçant à 5 km/s (18 000 km/h) sur une orbite voisine de la nôtre. S’il suit une orbite de collision avec la Terre, l’attraction fera augmenter sa vitesse à plus de 12 km/s (43 200 km/h) au moment de l’impact !

On estime qu’une collision éventuelle avec Apophis dégagerait une énergie pouvant atteindre 1.5 Gt de TNT soit 100 000 fois plus d’énergie que l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima. Une telle catastrophe produirait un cratère de 5 km de diamètre. Une simulation réalisée dans l’est du Pacifique, point possible de contact, montre qu’il se produirait un tsunami de 17 m de haut déferlant à près de 100 km/h sur les régions habitées de la côte ouest des USA.

Face à ces risques, tous les centres de recherche spatiale comme l’ESA, le CNES, la NASA ou le JPL ont mis au point des programmes pour trouver des ripostes. Des sociétés spécialisées aussi , telle Astrium du consortium européen EADS qui a proposé une mission spatiale baptisée “Apex“, programmée pour 2013 dans le but d’étudier Apophis (le photographier et recalculer sa position et sa vitesse) lorsqu’il sera à moins de 66 millions de kilomètres de la Terre. Ce projet est supporté par la Planetary Society, qui lui a attribué le 3e prix de son concours.

Envoyer des vaiseaux spaciaux pour modifier la trajectoire d'un astéroïde. Photo NASA

Envoyer des vaisseaux spatiaux pour modifier la trajectoire d'un astéroïde ou tenter de le détruire. Photo NASA

Récemment, le magazine Wired a répertorié les différents moyens à mettre en place pour empêcher la catastrophe possible de se produire :
- Envoyer et faire exploser des charges nucléaires directement sur l’objet céleste
- Le détruire grâce à des lasers très puissants
- Lui adjoindre un vaisseau spatial pour changer sa trajectoire
- Influencer sa trajectoire gravitationnelle avec un vaisseau spatial
- Lui installer des ailes solaires pour le «pousser» loin de nous

Mais aucun de ces scénarios ne pourrait avoir un effet s’il était mis en place tardivement.
“Il est impératif de rassembler des données sur Apophis dès que nous pouvons, parce qu’une fois que nous saurons qu’il est sur une trajectoire de collision avec la Terre, la manière la plus sûre d’éviter le désastre sera de pousser du coude l’astéroïde afin qu’il change d’orbite (…) Si nous attendons trop longtemps, il sera impossible de construire un vaisseau spatial assez puissant pour modifier sa trajectoire” aurait déclaré Mike Healy, directeur du département astronautique d’EADS Astrium.

La NASA observe la collision entre Deep Impact et la comète 9P/Tempel 1 en juillet 2005.

L’article de Weird : How to Defend Earth Against an Asteroid Strike

En vidéo :
Simulation des objets célestes menaçants autour de la Terre (Near Earth Object Map), réalisé par le bureau de la NASA chargé du programme des objets proches de la Terre (Near Earth Object Program Office) au Jet Propulsion Laboratory (JPL), à Pasadena en Californie.

Le projet Don Quijote de l’ESA (keeping the sky at a distance)

Simulation d’une explosion atomique de 10 mégatonnes sur un astéroïde (Golevka), par Mark Boslough des Sandia National Labs, USA.

La mission DAWN d’observation et d’étude des astéroïdes dans la ceinture autour de Mars, vers Vesta et Ceres.

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Publié par  Jean-Rémi Deléage

Jean-Rémi Deléage

Directeur associé dans la société i-Marginal, producteur Nouveaux Médias, spécialiste de stratégies Web-sociales et de la création de contenus (Web, blogs, réseaux sociaux, Second Life). Veille digitale. Ancien journaliste à Sciences et Avenir. Études d'économie et de psychologie-sociale.

Commentaires (1)

  1. bonjour je suis un élève de 1er je dois faire un TPE sur les objet geocroiseurs et les moyen de défenses … pouvez vous me guider ?

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