Archives pour le mois : mai 2009

Un stade entièrement alimenté par énergie solaire à Taiwan

Un stade entièrement alimenté par énergie solaire, à Taiwan

Une voiture intelligente, dirigeable par téléphone

Une voiture intelligente, dirigeable par téléphone

Le robot apprenant nécessitera-t-il une éthique ?

Photo Roberto Rizzato (cc)

Photo Roberto Rizzato (cc)

Les continuelles avancées du secteur robotique soulèvent des questions, notamment de responsabilité. Le point avec Jean-Christophe Baillie*, qui interviendra sur le sujet au Forum Science, Recherche et Société en juin (Collège de France).

La multiplication des robots dans la vie quotidienne soulève nécessairement des questions liées à l’éthique. Ce sera d’ailleurs le thème d’une des conférences proposées le 20 juin prochain par le Forum Science, Recherche et Société. Pour Jean-Christophe Baillie, fondateur de l’entreprise Gostai et intervenant à la rencontre, la question est d’autant plus importante à aborder qu’elle est encore mal définie. “Pour comprendre ces problématiques d’éthique, il faut d’abord identifier précisément le terme robot“, explique-t-il. Pour certains, ce terme peut recouvrir des objets comme les voitures ou les maisons intelligentes. Mais, pour ce spécialiste de la robotique, dans le cas de l’éthique, cela concerne la machine qui apprend, dont la connaissance et donc le comportement évoluent au contact d’autres éléments : humain, autre robot… De par cet apprentissage, le robot s’éloigne des données intégrées initialement par l’ingénieur qui l’a construit, pour adopter des comportements non prévus.

Une définition du robot

Il s’agit d’une catégorie d’objets nouveaux, de nature différente de l’électronique grand public” précise-t-il. La question de l’éthique appliquée aux robots se décompose donc en deux parties : “d’une part l’éthique humaine, liée à ce que le constructeur, l’ingénieur et l’utilisateur veulent en faire, à l’instar de n’importe quel objet“. Et d’autre part l’éthique du robot en lui-même, soit le choix qu’il effectue avant d’agir, et donc la décision qu’il prend, lorsqu’il est capable d’en prendre. “Mais aujourd’hui, et pour encore quelques années, seule l’éthique humaine est d’actualité : nous ne savons pas encore créer de robots capables d’apprendre de manière générale” continue le fondateur de Gostai. “Nous ne parvenons à le faire que sur des tâches simples.” Se pose alors, pour l’avenir, la question de la responsabilité. Si un robot apprenant provoque un dommage, qui en sera responsable ? Tant que le robot reste une machine exécutive, la problématique reste classique.

Éthique humaine et éthique robotique

Comme lors d’un accident automobile, le constructeur n’est pas responsable de ce que le conducteur fait de son véhicule. Mais si le robot est capable d’apprendre, “il s’agit d’une question qui s’apparente davantage à une problématique d’éducation, à l’instar de la responsabilité de parents en cas de délit de leur enfant“. Et Jean-Christophe Baillie d’évoquer le domaine de la robotique développementale, qui prend pour modèle l’évolution d’un enfant. “Ce qui est intéressant, c’est que les chercheurs de cette branche abordent le problème de l’apprentissage d’actions et de représentations du monde“. Et Jean-Christophe Baillie de terminer : “il est difficile de discuter de ce qui n’existe pas encore. Dans une vingtaine d’années, l’humain sera peut-être augmenté et intègrera directement de la robotique dans le corps. Dans ce cas, il ne serait plus pertinent d’opposer humain et robot, et les débats sur l’éthique deviendraient plus compliqués“.

* fondateur de la société Gostai spécialisée dans l’intelligence artificielle orientée robotique.


Publié le 27 Mai 2009

L’interaction des robots et des objets intelligents avec les humains dans la vie quotidienne et demain en ville, posera de nombreuses questions.

Cette problématique n’appartient déjà plus à la science-fiction : en octobre 2007, en Afrique du Sud, un canon robotisé a tiré du 35 mm, sans raison apparente, a tué neuf soldats et en a blessé 14. Le Oerlikon GDF-005, arme anti-aérienne, est devenu soudainement incontrôlable. En avril 2009 en Suède, un robot a “attaqué” un ouvrier le blessant grièvement. En Irak, les fameux robots SWORDS armés n’ont pas eu le temps de tirer une seule cartouche, et n’en tireront jamais plus, car ils ont été retirés du service actif. Ils auraient mis en en joue un membre de la coalition sans qu’on le lui demande.

Un embryon d’éthique pour les robots avait été imaginé par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov, avec ses Trois lois de la robotique, des règles auxquelles tous les robots positroniques qui apparaissent dans sa fiction doivent obéir :
1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi.

Asimo, moins belliqueux, fait le service
:

Départ dans 19 jours de la sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter

Départ dans 19 jours de la sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter

Journalisme d’innovation : il est temps d’agir

Le véhicule électrique Aptera - Photo bisoblog (cc)

Le véhicule électrique Aptera - Photo bisoblog (cc)

De retour de la sixième conférence sur “le journalisme d’innovation” organisée à l’Université de Stanford.

L’expression peut surprendre, mais elle est utile. Il s’agit du journalisme spécialisé dans la « couverture des processus et écosystèmes d’innovation » dont il est précisé par les organisateurs qu’il s’agit d’un « pivot crucial entre l’économie d’innovation et la sphère publique».

Lancée par le suédois David Nordfors , l’idée consiste à créer une sorte de spécialisation transversale qui comprend la couverture du monde des affaires, celui de la technologie et celui des acteurs politiques ainsi que les différents modèles participatifs qui peuvent être rattachés à ces processus.

Nous entrons dans une « économie de l’innovation » et le journalisme en est une pièce essentielle pour la simple raison qu’opinion publique et acteurs doivent être sensibilisés partout où l’on veut développer une telle économie. Il est la « quatrième hélice » du processus d’ensemble à côté des entreprises, des universités et des pouvoirs publics traditionnellement prise en compte dans les écosystèmes innovants.

L’innovation est une réalité transversale et un état d’esprit qui a besoin d’être alimenté d’articles, de récits, d’histoires qui en racontent les mérites, les risques et les réalités.

Outre la Suède, la Finlande et la Slovénie, très avancées dans ce domaine, le Pakistan et le Mexique ont décidé de s’y mettre.

À quand la France ? À quand l’Espagne ?

Mais revenons à la conférence. L’essentiel des discussions se fait en petites tables et il est donc difficile d’avoir une vision d’ensemble, mais vous pouvez vous faire une idée des sujets abordés en regardant l’agenda et en consultant le document publié pour l’occasion . Il comprend l’essentiel de la théorie et des actions concrètes. Le blog permet de suivre la conversation et les réflexions.

Exemples de journalisme d’innovation

La conférence sur le journalisme d’innovation vient de choisir le meilleur article (en anglais of course) caractérisant cette tendance.

Il s’agit d’un article de Mathew Honan de Wired Magazine ”I Am Here: One Man’s Experiment With the Location-Aware Lifestyle” dans lequel il raconte comment il a commencé à partager les informations données par son iPhone sur l’endroit où il se trouvait dans San Francisco et les rencontres qu’il a faites.

La liste complète des articles sélectionnés donne une bonne idée de l’approche d’ensemble.

Une des astuces de ce concours est, bien sûr, qu’il encourage les journalistes et leurs chefs à s’intéresser au sujet.

Ça vous donne des idées ?

Photo : Aptera 2e all-electric vehicle de bisonblog

Kobian, le robot humanoïde émotionnel

Un robot développé à la célèbre université japonaise de Wazeda.

La caméra qui tient sur une puce

Un capteur CCD de 5 megapixels - Photo  jurvetson (cc)

Un capteur CCD de 5 megapixels - Photo jurvetson (cc)

En améliorant sa consommation d’énergie, la caméra tient sur une puce
“L’active pixel sensor” optimise la durée de vie des batteries des caméras portables sans fil en adaptant leur mode de consommation à la situation.

Des chercheurs de l’institut californien de technologie ont déposé une demande de brevet pour une caméra miniature sans fil programmable. La miniaturisation qui y est exposée est très poussée : la caméra tient sur une puce unique. L’exploit est surtout d’obtenir un outil capable de transmettre et de recevoir à distance des données en toute sécurité en optimisant l’utilisation de la batterie. Pour ce faire, la caméra en devenir - repérée par le New Scientist - fait appel à la technique de l’”active pixel sensor“, où les capteurs d’images sont indépendants les uns des autres.

Une meilleure allocation de la consommation

Les capteurs sont capables d’allouer efficacement l’énergie entre les différents composants en améliorant la qualité vidéo. Autrement dit, la puce va distribuer de l’énergie uniquement aux unités qui ont en besoin contrairement au système traditionnel qui va maintenir un haut niveau de performance en toute situation. Celle-ci a plusieurs modes de fonctionnement comme pleinement opérationnelle, en veille ou en réception. Elle est également capable de réduire la fréquence de captage des images pour diminuer la consommation.

Des usages militaires

Pour cela, la caméra intègre également un système de communication bidirectionnel qui la rend programmable aussi bien avant l’utilisation que pendant. Une partie de la recherche a été financée par l’armée américaine qui y voit des applications dans les drones, la surveillance et les opérations de reconnaissance. Pour les développeurs, ce système est à même d’améliorer les contrôles à la frontière et la lutte contre le trafic de drogue. Pour éviter que les transferts de données soient captés, elle utilisera un spectre de communication sécurisé avec une portée d’un kilomètre.


Publié le 25 Mai 2009

 

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