Informatique

En informatique, les fourmis viennent à bout des vers

Capture d'un économiseur d'écran Matrix sur Ubuntu. Photo Ian Ruotsala (cc)

Capture d'un économiseur d'écran Matrix sur Ubuntu. Photo Ian Ruotsala (cc)

Le système du PNNL imite le fonctionnement des fourmis. Quand l’une d’entre elles détecte un fait anormal, elle laisse une marque qui attire ses congénères. Un attroupement qui permet d’identifier immédiatement la faille.

Les logiciels malveillants évoluent en permanence. D’où la difficulté pour les systèmes de sécurité dits statiques d’en venir à bout. Pour une équipe du Pacific Northwest National Laboratory (PNNL), la solution réside dans un dispositif évolutif capable de balayer en permanence la totalité du système afin de détecter le plus rapidement possible la moindre anormalité. Et pour y parvenir, elle s’est inspirée du fonctionnement des fourmis. Elle a mis au point un dispositif composé de trois mille “fourmis” qui parcourent constamment les réseaux informatiques. Quand l’une d’entre elles détecte un ver, un virus ou un cheval de Troie, toutes les autres se précipitent à cet endroit pour la rejoindre.

Laisser sa marque

Dans la nature, ces insectes fonctionnent en effet sur ce principe de l’essaim. Au niveau informatique, cela permet aux opérateurs humains d’être alertés rapidement de la présence d’un logiciel malveillant. Et d’intervenir pour l’exterminer. “En parcourant le réseau, les fourmis informatiques laissent une marque, comme les insectes le font dans la nature”, explique Errin Fulp, responsable du projet. “Cette ‘odeur’ est plus forte si un ver est détecté. Ce qui attire le reste de l’essaim”.

Le numérique imite la nature

La nouvelle approche trouvera des usages auprès des organisations qui partagent de larges réseaux de machines identiques. Cela inclue les gouvernements, les multinationales et les universités. “Nous avons choisi d’imiter les fourmis, car ces créatures sont capables de mettre en place une défense d’une manière très rapide”, conclut Errin Fulp. “Mais aussi parce qu’elles reviennent à leur mode de fonctionnement habituel juste après que la menace a été éliminée”.

* Pacific Northwest National Laboratory

Reportage sur les “chevaux de Troie” en informatique.

Une prothèse de bras contrôlée par la pensée

Une prothèse de bras contrôlée par la pensée vient d’être implantée sur un Européen.

Exemple d’une version de bras datée de 2006 mais qui en montre le principe.

Nielsen : le succès mondial des réseaux sociaux défie les médias

Michal Koralewski

Photo : Michal Koralewski

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“Le phénomène mondial de consommation de l’année 2008″. Ainsi la société d’études Nielsen qualifie-t-elle les réseaux sociaux dans son rapport publié hier sur “l’empreinte mondiale des réseaux sociaux”.

Miniature de l'image pour MySpacecircle2.jpgMySpace, Facebook, Xiaonei, StudiVZ, Orkut, Netlog et compagnie ont séduit les internautes en masse l’an passé, touchant désormait 2/3 de la population internaute mondiale. Leur portée dépasse celle des e-mails (66,8% vs 65,1%). Les réseaux sociaux absorbent, à eux seuls, près de 10% du temps passé sur la Toile par les internautes.

Nombreux sont les indicateurs qui montrent que ce succès dépasse le phénomène Internet. “Le développement de la popularité des réseaux sociaux - et l’audience grandissante qui en résulte - n’est qu’une partie de l’histoire, écrit Nielsen dans son rapport. La stupéfiante croissance du temps consacré par les gens à ces sites change la manière dont ils organisent leur temps sur Internet et a des ramifications sur la manière dont les gens se comportent, partagent et interagissent dans leurs vies quotidiennes. Par conséquent, les industries des médias et de la publicité font face à de nouveaux défis autour des opportunités et des risques que ce nouveau média crée”.

Revue de détail.

La percée des réseaux sociaux chez les internautes.

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Le Brésil, où Orkut règne en maître, est le pays le plus mature ès social networking avec 80% des internautes qui utilisent les réseaux sociaux. Les Brésiliens décrochent aussi la palme de la plus grosse part du temps en ligne consacré à ces médias (23,1% contre 9,3% en moyenne et 6,3% en France). L’Allemagne et la Suisse, gagnés plus tardivement par le phénomène malgré quelques champions locaux comme Wer-kennt-wen et StudiVZ, affichent parmi les plus forts taux de progression (+12,5 et 9,6 points en un an) et des taux de pénétration plus faibles (51%). Une fois n’est pas coutume, la France fait jeu égal avec les Etats-Unis.

Champions locaux versus Facebook.

nielsenSNS5.JPG xiaonei.jpgJapon, Chine, Allemagne, Brésil - quatre pays où Facebook, quasi-leader mondial, ne parvient pas à percer le top trois des réseaux sociaux. Si le phénomène des sites communautaires est mondial, il est incarné par plusieurs champions nationaux qui ont su adresser des besoins locaux particuliers avant l’arrivée des offres américaines.

Vieillissement de l’audience.

nielsenSNS3.JPGSigne de la profondeur du phénomène : la population vieillit. La part des 2-17 ans sur les sites communautaires a baissé de 9% en 2008, alors que les plus de 35 ans augmentent tous leurs parts. Les 65 ans et plus se jettent aussi à l’eau, leur part sur ces sites progresse de 7%. 2008 : ma mère sur Facebook, 2009 : ma grand-mère sur Facebook. Ce rééquilibrage de la population, plus proche de la réalité démographique des internautes en général, devrait, à l’avenir, séduire et faciliter le travail des annonceurs…

Des nouvelles opportunités pour les publicitaires.

nielsenSNS4.JPGDe loin, MySpace reste le réseau préféré des annonceurs devant Facebook (pourtant plus visité) et Bebo, succès britannique racheté par AOL. Le site communautaire éditée par Fox Interactive Média a proposé, en 2008, 2036 campagnes avec 799 annonceurs.

La musique fait la différence sur MySpace.

nielsenSNS6.JPGLes sujets de discussions sur Facebook et MySpace sont assez comparables. Mais MySpace se distingue sur deux sujets - et pas qu’un peu : les amis (27% des posts) et la musique (20%). Faut-il y voir une explication pour la meilleure réussite publicitaire de MySpace ? Plus amical, plus musical, donc une communauté plus impliquée… ?

L’Internet des objets doit s’inspirer de la nature

Photo © Rodolfo Clix

Photo © Rodolfo Clix

Dans les cellules vivantes, les structures hétérogènes autonomes doivent collaborer pour atteindre un but commun. Bionets tente de reproduire ces mécanismes pour construire une infrastructure informatique robuste.

Le principe de l’Internet des objets, qui vise à connecter entre eux ou avec l’homme des objets via le web, a besoin d’une infrastructure capable d’assurer ces multiples connexions entre des appareils d’origine et d’utilisation complètement différentes. Selon les concepteurs du projet européen Bionets, celle-ci devra faire face à quatre principaux problèmes : la charge, l’hétérogénéité, la dynamique des réseaux et la complexité. C’est pourquoi ils travaillent sur une infrastructure qui s’inspire du fonctionnement d’organismes vivants comme l’ADN pour fonctionner, et qu’ils appellent l’Internet naturel : “Nous cherchons à introduire des fonctions d’autonomie aux réseaux et aux services, appareils, logiciels et protocoles, afin qu’ils puissent interagir entre eux de manière indépendante, sans le soutien de l’homme”, note Daniele Morandi, coordinatrice du projet.

Une approche ascendante

L’infrastructure que Bionets développe est dite ascendante (”bottom up”). C’est-à-dire qu’elle consiste en une suite de mini processus qui ont chacun un rôle indispensable au sein de l’organisation dans son ensemble. Ici, chaque composant se réglera sur le bon réseau en fonction du contexte pour assurer une connexion finale la plus robuste et sécurisée possible. “La nature fait face aux mêmes types de difficultés. L’une des solutions est de regarder comment elle y répond et d’appliquer ces réponses à nos propres interrogations”, ajoute-t-elle. Et de donner l’exemple du cœur humain, qui alimente d’autres organes sans intervention extérieure et dont le muscle s’excite et se régule lui-même.

La difficulté de la reconfiguration perpétuelle

Certains aspects, comme celui du dynamisme, ne sont pas encore résolus : il est très difficile de rendre perpétuellement reconfigurable un réseau dans lequel appareils, contextes et situations sont en constantes évolutions. Mais les premiers résultats, encourageants, ont cependant déjà permis de mettre au point en 2007 une application de distribution de contenus dans des environnements mobiles. Celle-ci, baptisée U-Hopper, propage l’information via des algorithmes de diffusion épidémique. Les processus transmettent les informations qu’ils reçoivent à des processus connus de manière aléatoire jusqu’à ce qu’un pourcentage significatif ait reçu les données.  Le projet rassemble plusieurs entreprises majeures du secteur des télécommunications comme Nokia, Telecom Italia et Sun Microsystems. Il bénéficie d’un budget de 7 millions d’euros.

Publié le 11 Mars 2009

À voir aussi :
Un domicile numérique
(Blog de Philippe Quéau)

Internet des objets, Internet du futur (Conférence ministérielle européenne sur l’Internet du futur - 2008)

Les hautes technologies ont rdv au CeBit

À gauche le prototype d'ASUS, à droite l'XO2 du M.I.T

PC à double écran tactile : à gauche le prototype d'ASUS, à droite l'XO2 de l'OLPC

Le Cebit, le plus grand salon au monde du secteur des hautes technologies, qui se déroule du 3 au 8 mars à Hanovre (Allemagne) vient donc d’ouvrir, mettant entre autres l’accent sur la révolution du “tactile”. Après qu’Apple en ait popularisé l’usage l’an passé avec son iPhone, tous les constructeurs s’y mettent. On l’a vu au salon international du Mobile de Barcelone il y a peu, où les industriels du secteur rivalisaient d’écrans à piloter du doigt.

Au CeBit, c’est le constructeur taiwanais ASUS qui a fait la Une avec un prototype de PC portable à double écran tactile. Le second écran fait office de clavier virtuel. La machine peut ainsi facilement se transformer en tablet PC ou e-book. Exit donc le clavier mécanique sur cette nouvelle façon de concevoir un PC, fruit de la collaboration de l’initiative Community Design lancée en octobre 2008 par le constructeur taïwanais et Intel. Cette machine illustre la tendance plébiscitée par les internautes qui ont contribué à l’initiative sur le site WePC.com (It all started with a dream of a Multiple Screen and Touch Interface).

Le concept est à l’étude dans pas mal de labos, comme celui de Nicholas Negroponte du M.I.T., qui a dévoilé, trois ans après le lancement du premier XO de la fondation OLPC (One Laptop Per Child -  un PC portable par enfant), une seconde version de son ordinateur portable à bas coût (le XO2 présenté en mai 2008), équipé lui aussi de deux écrans tactiles en couleur conçus par la société Pixel Qi.

Mis à plat, le modèle d’ASUS se transforme en un concurrent de plus du livre papier — à l’instar de la sortie récente du Kindle 2 d’Amazon — et au moment où le 19e Salon du Livre ouvre ses portes du 13 au 18 mars à la Porte de Versailles, avec des éditeurs qui commencent à miser sur le livre numérique.

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Kindle 2 Photo © Amazon

Au CeBit, on pouvait découvrir tout à côté un autre prototype d’écran tactile signé ASUS vous permettant de jouer virtuellement vos DVD, comme le montre cette vidéo.

Retour vers le futur

En 1987, Apple sortait une série de vidéos qui allaient faire date : la société de la pomme y présentait sa vision du futur de l’informatique, et l’exercice de style a d’ailleurs depuis fait des émules. A y regarder de près, les vidéos ont passé l’épreuve du temps avec brio : la majorité des prédictions s’est accomplie…

La suite à lire sur MacGeneration.

 

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