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Le robot apprenant nécessitera-t-il une éthique ?

Photo Roberto Rizzato (cc)

Photo Roberto Rizzato (cc)

Les continuelles avancées du secteur robotique soulèvent des questions, notamment de responsabilité. Le point avec Jean-Christophe Baillie*, qui interviendra sur le sujet au Forum Science, Recherche et Société en juin (Collège de France).

La multiplication des robots dans la vie quotidienne soulève nécessairement des questions liées à l’éthique. Ce sera d’ailleurs le thème d’une des conférences proposées le 20 juin prochain par le Forum Science, Recherche et Société. Pour Jean-Christophe Baillie, fondateur de l’entreprise Gostai et intervenant à la rencontre, la question est d’autant plus importante à aborder qu’elle est encore mal définie. « Pour comprendre ces problématiques d’éthique, il faut d’abord identifier précisément le terme robot« , explique-t-il. Pour certains, ce terme peut recouvrir des objets comme les voitures ou les maisons intelligentes. Mais, pour ce spécialiste de la robotique, dans le cas de l’éthique, cela concerne la machine qui apprend, dont la connaissance et donc le comportement évoluent au contact d’autres éléments : humain, autre robot… De par cet apprentissage, le robot s’éloigne des données intégrées initialement par l’ingénieur qui l’a construit, pour adopter des comportements non prévus.

Une définition du robot

« Il s’agit d’une catégorie d’objets nouveaux, de nature différente de l’électronique grand public » précise-t-il. La question de l’éthique appliquée aux robots se décompose donc en deux parties : « d’une part l’éthique humaine, liée à ce que le constructeur, l’ingénieur et l’utilisateur veulent en faire, à l’instar de n’importe quel objet« . Et d’autre part l’éthique du robot en lui-même, soit le choix qu’il effectue avant d’agir, et donc la décision qu’il prend, lorsqu’il est capable d’en prendre. « Mais aujourd’hui, et pour encore quelques années, seule l’éthique humaine est d’actualité : nous ne savons pas encore créer de robots capables d’apprendre de manière générale » continue le fondateur de Gostai. « Nous ne parvenons à le faire que sur des tâches simples. » Se pose alors, pour l’avenir, la question de la responsabilité. Si un robot apprenant provoque un dommage, qui en sera responsable ? Tant que le robot reste une machine exécutive, la problématique reste classique.

Éthique humaine et éthique robotique

Comme lors d’un accident automobile, le constructeur n’est pas responsable de ce que le conducteur fait de son véhicule. Mais si le robot est capable d’apprendre, « il s’agit d’une question qui s’apparente davantage à une problématique d’éducation, à l’instar de la responsabilité de parents en cas de délit de leur enfant« . Et Jean-Christophe Baillie d’évoquer le domaine de la robotique développementale, qui prend pour modèle l’évolution d’un enfant. « Ce qui est intéressant, c’est que les chercheurs de cette branche abordent le problème de l’apprentissage d’actions et de représentations du monde« . Et Jean-Christophe Baillie de terminer : « il est difficile de discuter de ce qui n’existe pas encore. Dans une vingtaine d’années, l’humain sera peut-être augmenté et intègrera directement de la robotique dans le corps. Dans ce cas, il ne serait plus pertinent d’opposer humain et robot, et les débats sur l’éthique deviendraient plus compliqués« .

* fondateur de la société Gostai spécialisée dans l’intelligence artificielle orientée robotique.


Publié le 27 Mai 2009

L’interaction des robots et des objets intelligents avec les humains dans la vie quotidienne et demain en ville, posera de nombreuses questions.

Cette problématique n’appartient déjà plus à la science-fiction : en octobre 2007, en Afrique du Sud, un canon robotisé a tiré du 35 mm, sans raison apparente, a tué neuf soldats et en a blessé 14. Le Oerlikon GDF-005, arme anti-aérienne, est devenu soudainement incontrôlable. En avril 2009 en Suède, un robot a « attaqué » un ouvrier le blessant grièvement. En Irak, les fameux robots SWORDS armés n’ont pas eu le temps de tirer une seule cartouche, et n’en tireront jamais plus, car ils ont été retirés du service actif. Ils auraient mis en en joue un membre de la coalition sans qu’on le lui demande.

Un embryon d’éthique pour les robots avait été imaginé par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov, avec ses Trois lois de la robotique, des règles auxquelles tous les robots positroniques qui apparaissent dans sa fiction doivent obéir :
1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi.

Asimo, moins belliqueux, fait le service
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Les outils numériques facilitent l’apprentissage

Gavin Newsom, maire de San Francisco utilise twitter pour communiquet et sensibiliser aux GreenIT - Photo D.R.

Gavin Newsom, maire de San Francisco utilise twitter pour communiquer et sensibiliser aux GreenIT - Photo D.R.

Les outils numériques facilitent un apprentissage personnalisé. L’Ohio State University soulignait récemment un lien entre des notes plus basses et une utilisation massive de Facebook. Loin de prôner une régulation de cette navigation, le Futurlab au contraire estime que ces médias sociaux doivent être introduits à l’école. Dans son compte-rendu Using digital technologies to promote inclusive practices in education, il encourage les jeunes à participer activement à ces sites. Pour les chercheurs du Futurlab, les outils numériques, dont les plates-formes collaboratives, répondent parfaitement à une nouvelle tendance de personnalisation et de droits de l’apprentissage soulevés notamment par le programme gouvernemental Every Child Matters. Ce, notamment en offrant la possibilité de compléter son apprentissage selon ses propres besoins.

Surmonter les obstacles

Ce mécanisme, centré autour les besoins de l’individu, l’aide à la fois à mieux exploiter son potentiel et à développer un apprentissage plus responsable et plus créatif. En mettant l’accent sur la motivation, l’engagement et l’indépendance dans l’apprentissage. Car il repose principalement sur le communicationnel, la collaboration et la construction de relations. Au-delà des plates-formes collaboratives, le livre évoque également comment les technologies de manière générale aident à surmonter les obstacles qui peuvent exister durant l’éducation.

Le rôle des technologies portables

Pour les chercheurs, les technologies de poche largement utilisées, comme le téléphone mobile ou le PDA, peuvent jouer un rôle important dans le processus de réimplication des jeunes déscolarisés. Ils permettent de motiver et d’approfondir l’engagement dans l’apprentissage. L’apprenant est en effet confiant dans ce support, et familier avec lui. Les technologies digitales visuelles, comme la vidéo ou les présentations multimédias, font également partie de ce programme, dans la mesure où ils captent de manière optimale l’attention des jeunes.

Publié le 21 Avril 2009

- Site de Gavin Newsom
- Lire aussi : 50 exemples d’utilisation de twitter en éducation (Eng.) de Carol Cooper-Taylor’s Eclectic musings on eTeaching and eLearning.

Interview de Jack Dorsey, CEO et co- fondateur de Twitter, sur le rôle possible de twitter dans l’éducation. (Réalisé par l’Université Ouverte de Catalogne (Esp.) pour la chaire d’e-Learning. UOC-UNESCO.

 

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