Vendredi 30 octobre 2009, 18:11 | in Environnement
Ville du futur : une réponse aux enjeux géopolitiques et écologiques ?
Des cités autosuffisantes, peu énergivores et mobiles. Une vision défendue par l’architecte Vincent Callebaut. Pour qui il faut réfléchir dès maintenant aux solutions technologiques et architecturales permettant d’y parvenir.
Vincent Callebaut est architecte, et auteur de plusieurs projets futuristes répondant aux grands défis urbains et écologiques du 21ème siècle.
L’Atelier : Quels sont selon vous les grands arguments qui rendent nécessaire la transformation dès aujourd’hui de la perception que nous avons de la ville ?
Vincent Callebaut : Durant le siècle à venir, avec l’augmentation des températures les experts prévoient une montée des eaux de 3 à 5 mètres. En Egypte, cela représente 3 % des terres. Quant aux Maldives, elles seront complètement immergées. Cela va engendrer des migrations qu’il va falloir gérer. L’existence de villes énergivores comme New York qui importent 100 % de leur nourriture et exportent leurs déchets est un autre problème. Il faut repenser la ville sur le plan écologique, en termes d’importation et d’exportation des matières premières, de l’évacuation des déchets, etc.
Que proposez-vous pour répondre à ces défis ?
Nous avons développé plusieurs idées. Lilypads est un projet de ville flottante destinée à accueillir les réfugiés climatiques que nous évoquions à l’instant. Elle a la capacité d’accueillir 500 000 habitants sur un demi million de kilomètres carrés. C’est une ville nomade qui pourrait se déplacer sur les océans. Nous en avons développé le concept en opposition aux projets d’extension du territoire de Monaco ou d’Abou Dabi impliquant le déplacement de milliards de tonnes de sables et affectant les écosystèmes sous-marins. Le projet Dragonfly, quant à lui, propose l’installation près de New York d’une ferme urbaine de 700 mètres de haut. L’idée est d’avoir un bâtiment qui serait non seulement autosuffisant en énergie, mais aussi en nourriture, grâce à la production d’oeufs, de viande, de lait…

Plan de coupe de la Lilypad, "écopolis" flottante - Photos : © Vincent Callebaut Architectures
Cela se traduit-il concrètement ?
D’une part ces grands projets sont conçus structurellement. Ils sont pensés pour demain mais avec les techniques d’aujourd’hui, même si nous étudions l’emploi de matériaux innovants. Ils sont donc tout à fait réalistes. D’autre part des investisseurs étrangers, majoritairement dans les pays émergents ont fait appel à nous pour développer des prototypes à plus petite échelle. Par exemple une version du projet Lilypads à l’échelle d’un village est à l’étude à la demande d’investisseurs chinois.
Comment définiriez-vous votre démarche architecturale ?
On pourrait la résumer par le néologisme “archibiotic”. C’est-à-dire une alliance entre l’architecture, les biotechnologies et les technologies de l’information et de la communication. C’est à notre génération d’apporter une solution aux dilemmes urbains de demain. Nos projets se jettent volontairement dans le futur pour interpeller et proposer des solutions architecturales. Nous pensons que l’évolution vers la ville du futur se fera petit à petit mais qu’elle sera ponctuée par des bâtiments phare proposant de nouveaux modes de vies à leurs habitants et offrant un plus grand équilibre entre nature et ville.
Vendredi 23 octobre 2009, 18:46 | in Climat
Climat : de nouveaux modèles montrent une accélération du réchauffement

Photo : G a r r y (cc)
Accélération du changement climatique : de nouveaux modèles tiennent compte du cycle de l’azote
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60821.htm
Selon de nouveaux résultats de modélisation provenant du DoE (”Department of Energy”), le réchauffement climatique pourrait être largement accéléré. Incorporant pour la première fois le cycle de l’azote à la modélisation du climat, les résultats font apparaître des vitesses de changement bien plus importantes que préalablement modélisées. Ces travaux remettent ainsi en question un certain nombres d’hypothèses jusqu’alors utilisées pour la modélisation du cycle du carbone et la prévision des effets du changement climatique.
Si les modèles disponibles jusqu’à présent se basaient sur le postulat qu’une hausse de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone pouvait accélérer la croissance des plantes (augmentation du rendement de la photosynthèse), ils ne tenaient cependant pas compte de l’azote, nutriment essentiel à la croissance des végétaux. Ainsi, dans certains milieux, la quantité d’azote disponible dans le sol constitue un véritable facteur limitant. Le CO2, non absorbé par la plante en raison de l’absence de nutriments dans le sol, est alors stocké dans l’atmosphère, accentuant l’effet de serre et le réchauffement climatique.
Ces travaux, publiés dans le journal Biogeosciences, sont le résultat de partenariats de recherche entre le Laboratoire National d’ “Oak Ridge” (ORNL) du Département de l’Energie, le centre National de recherche Atmosphérique (NCAR) et sept autres institutions. Selon Pete Thornton, chercheur au ORNL, la modélisation de la dynamique des nutriments diviserait d’un facteur trois le rôle fertilisant attribué au CO2. Le chercheur rappelle cependant que l’augmentation de la concentration atmosphérique du CO2 attribuée à l’absence d’azote dans le sol, est en partie contrebalancée par une accélération du taux de décomposition des végétaux dans le sol. En effet, le réchauffement climatique augmente la vitesse de décomposition de la matière organique dans les couches superficielles du sol, ce phénomène permettant alors d’enrichir le sol en nutriments. Les résultats de modélisation ont néanmoins mis en évidence un déséquilibre entre ces deux effets : la décomposition de la matière organique ne permettant pas de contrebalancer le facteur limitant que représente l’azote.
Ces modélisations illustrent ainsi la complexité de la modélisation climatique et la nécessité d’inclure dans la mesure du possible la modélisation des processus naturels tels que la dynamique des nutriments. Si ces résultats visent à améliorer les prévisions quant au réchauffement climatique, les chercheurs du ORNL soulignent cependant un certain nombre d’hypothèses sur lesquelles le modèle climatique devra faire l’objet d’approfondissement. A titre d’exemple, le modèle ne tient pas compte de l’évolution de la végétation due à l’utilisation des terres par l’homme et des changements potentiels de végétation qui pourraient se produire naturellement dans le cadre d’un climat changeant.
Source :
- Nitrogen Cycle: Key Ingredient In Climate Model Refines Global Predictions. (11/10/2009).
ScienceDaily : http://www.sciencedaily.com/releases/2009/10/091009204032.htm
- Climate models miss a nitrogen deficiency that may accelerate warming (12/10/2009). ClimateWire : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/qRfiC
Rédacteur : Agathe Dumas, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org

Photo : kasi metcalfe (cc)
Jeudi 24 septembre 2009, 16:35 | in Brèves
Une cuisinière en carton, qui utilise l’énergie du soleil pour faire bouillir de l’eau
Une cuisinière en carton, qui utilise l’énergie du soleil pour faire bouillir de l’eau
Mercredi 23 septembre 2009, 17:05 | in Environnement
La poubelle intelligente rend le consommateur écolo et plus riche
Smart Trash identifie si un objet est réutilisable en lisant le tag RFID ou le code dont il est pourvu. Si tel est le cas, les services dédiés sont alertés. Les appareils sont revendus, et la somme reversée au consommateur.
Pour recycler d’une manière plus efficace et éviter le gaspillage, le Georgia Institute of Technology (USA) a mis au point une poubelle intelligente. Equipée d’un lecteur de tags RFID et de CUP (code universel des produits), Smart Trash scannera les objets afin d’identifier ceux qui sont recyclables et qui peuvent avoir potentiellement de la valeur commerciale. Il suffira aux utilisateurs de glisser dans la poubelle les appareils qu’ils pensent susceptibles d’être réutilisés. Celle-ci sera reliée aux services de recyclage par une connexion Wi-Fi. Ceci dans le but d’anticiper ou d’organiser proprement la collecte des déchets. L’autre fait intéressant, c’est que les objets recyclables - gadgets électroniques, mais aussi objets de grand usage comme une bouteille de savon liquide - seront par la suite vendus aux enchères via des services en ligne spécialisés.
Gagner de l’argent en recyclant
L’argent collecté sera déduit de la facture mensuelle du consommateur, ou alors un chèque bancaire lui sera envoyé. La poubelle triera aussi les objets dangereux pour l’environnement. Le but étant de les séparer des autres déchets avant de les envoyer aux services spécialisés. Selon les chercheurs, les objets non recyclables ne doivent pas être juste détruits, mais doivent être utilisés d’une manière plus responsable. Par exemple, pour produire de l’énergie, utilisée aussi bien pour l’éclairage des maisons que pour des appareils électroménagers.
Zéro gaspillage
“Aujourd’hui, nous utilisons encore les technologies élaborées en 1950 pour recycler les déchets”, explique Valérie Thomas, responsable du projet. “Avec Smart Trash, pratiquement tout objet peut être traité d’une manière plus efficace, responsable et écologique”. Le système peut aussi être utile pour identifier des objets dangereux pour la santé et la sécurité des usagers. Plusieurs associations ont montré leur intérêt pour le projet. Parmi elles : l’Agence de Protection Environnementale (EPA), le projet PURE (Promoting Understanding of RFID and the Environment) et même Hewlett-Packard.
![]()
Jeudi 2 avril 2009, 04:51 | in Environnement
Innover pour pérenniser notre énergie

Une rue à Manille (Philippines) Photo © Sinagoga
Les systèmes de distribution d’électricité se perfectionnent, tout comme les dispositifs qui la consomment. Aperçu.
Que ce soit dans les voitures hybrides, dans les circuits de distribution ou à la maison, les réseaux énergétiques tentent de prévenir les gaspillages. Pour cela, les universitaires et les producteurs tentent de leur insuffler de l’intelligence. Mieux, ils deviennent même capables d’apprendre. Quant aux capteurs, ils les aident à s’autoréguler.
Dans le même temps, les maisons et les bâtiments deviennent moins gourmands en énergies. Quant aux sites Internet, ils deviennent un support essentiel pour aider les entreprises et leurs salariés à prendre conscience de leur impact environnemental. De la maison au travail, les voitures équipées de capteurs arbitrent naturellement entre consommations d’essence et d’énergies “propre”, afin de mieux protéger l’écosystème et d’optimiser les dépenses.
Parmi les nombreux thèmes, nous vous proposons un gros plan sur :
Consommer de l’énergie est affaire de communication
Au CES de Las Vegas de janvier 2009, Innergie et GreenPlug a présenté un adaptateur électrique baptisé mCube90G. Si nous en parlons dans cette colonne, c’est que ce produit est représentatif d’une innovation réelle. Il remplace un grand nombre des systèmes de conversion AC/DC par un seul intermédiaire entre les appareils électroniques nomades et le système d’alimentation (bâtiment, voiture, avion, etc.). Sont concernés aussi bien des ordinateurs portables que des téléphones mobiles ou encore des imprimantes, des caméras, etc. Les seules contraintes techniques sont que le dispositif alimenté doit consommer entre 18 et 21 volts et jusqu’à 65 watts.

La technologie GreenPlug, et à droite, le mCube90G
Plus de phantom power
En outre, il doit être équipé d’un écran LCD qui ne dépasse pas les 17’’. Mais le mCube90G n’est qu’un petit aperçu des potentiels de la technologie imaginée par Green Plug. Celle-ci donne aux constructeurs les moyens de rendre leurs produits électroniques conscients de leurs besoins énergétiques. Ils n’ont alors plus qu’à dialoguer avec leur base d’alimentation pour récupérer leur électricité. D’après Green Plug, cela évite aussi les gaspillages d’énergie liés à des charges - phantom power - alors que les batteries sont pleines ou quand l’appareil à alimenter est déconnecté de l’alimentation. Toute cette technologie est pour le moment encapsulée dans un processeur RISC commercialisé par le fournisseur.
Peu de recyclage dans le domaine
L’utilisation du protocole de communication - nommé GreenTalk - est libre, ainsi que la réplication du design de son connecteur universel. Car outre l’intelligence énergétique, ce système standardise également la conception des câbles d’alimentation. En plus d’économies certaines, entreprises et particuliers pourraient aussi faire un geste écologique. D’après les chiffres du fournisseur, 3,2 milliards de systèmes d’alimentation ont été fabriqués en 2008. Seuls 12,6% d’entre eux ont été recyclés sur le territoire américain. Seul gros frein, les constructeurs doivent adopter le système. La pression des consommateurs pourra donc uniquement accélérer le mouvement.
Un dossier complet :
- Mieux gérer son budget, c’est réduire son impact environnemental
- Les véhicules hybrides répartissent eux-mêmes leur énergie
- Réseaux énergétiques: un système qui s’adapte aux besoins
- Consommer de l’énergie est affaire de communication
- Quand la voiture devient une centrale électrique
- Tous les chemins mènent à des réseaux d’entreprise économes
- Accéder aux sujets “Cleantech/Environnement” sur les Parenthèses de L’Atelier
à découvrir sur le site de L’Atelier
![]()
La photo des alimentations électriques est signée Chris Jordan, un artiste engagé, qui vit à Seattle, dans l’état de Washington aux États-Unis. Il cherche à faire comprendre les enjeux du consumérisme occidental, en mettant en image les statistiques arides, souvent peu parlantes… (NDLR)











Derniers commentaires