Mercredi 14 octobre 2009, 16:28 | in Réseaux
Les liens sociaux virtuels modifient-ils ceux de la vie réelle ?

Anamorphoses sur le haricot géant du sculpteur Anish Kapoor dans le Millenium Park de Chicago - Photo JRD (cc)
Impossible de prendre les médias sociaux comme un simple prolongement virtuel de communication. Comprendre leur impact dans la vie quotidienne permettra notamment de pressentir l’influence sociale d’autres innovations.
Les réseaux sociaux et les téléphones portables influencent-ils la manière dont nous évoluons en société ? Pour faire le point sur cette question, l’université d’Oxford* annonce le lancement d’un projet sur trois ans. « L’objectif final est de construire un modèle permettant de prédire l’influence sociale qu’aurait toute introduction d’une nouvelle technologie », explique à L’Atelier le Docteur Felix Reed-Tsochas, directeur des Systèmes Complexes à l’InSIS. Pourquoi s’interroger sur l’impact éventuel dans nos rapports « réels » d’habitudes numériques ? Parce que le succès des réseaux sociaux en ligne consacre l’émergence d’un nouveau type de contact, explique Martin Dacos, chercheur à l’EHESS, à L’Atelier. « Les ‘amis’ sur Facebook constituent rarement des amis au sens où on l’entend habituellement », explique-t-il à L’Atelier.
Une influence d’ores et déjà perceptible
Il serait pourtant faux de les déprécier, c’est un type de relations totalement nouveau ». Si les liens qui s’y construisent sont rarement purement virtuels, la proximité physique perd son caractère primordial. Selon lui, l’identité numérique va prendre une importance croissante. « Il est prouvé que la limite maximum du nombre de contacts que peut gérer un individu s’élève à 150 personnes », note ainsi Felix Reed-Tsochas. « Il n’est pourtant pas rare de voir des internautes cumuler plus de mille contacts sur Facebook ». Autre débat auquel cette étude permettra d’apporter un peu de clarté : le rôle de ces nouveaux réseaux dans l’exclusion sociale. « Le numérique crée une fracture importante qui se retrouve dans les réseaux sociaux », confirme Marin Dacos. « Mais il faut aussi considérer l’existence des réseaux liés à l’Internet mobile qui se développent très bien ». Et notamment dans les pays émergents.
Des disciplines très diverses impliquées dans le projet
Pour mener leur étude, les chercheurs ont récolté les données anonymes relatives aux appels téléphoniques de sept millions de personnes. Ainsi que l’évolution minute par minute du nombre d’applications disponibles sur Facebook « C’est un peu comme regarder le marché financier », explique Felix Reed-Tsochas. « Cela nous donne une signature de ce qui se passe que l’on peut ensuite analyser ». Les résultats proviendront de disciplines très diverses : sciences informatiques, sciences sociales, psychologie, physique… Il faudra ensuite essayer de bâtir des modèles à partir de ces observations empiriques. En plus d’Oxford, des universités finlandaises, polonaises, hongroises et italiennes sont également impliquées dans le projet qui devrait coûter 2,5 millions d’euros (une somme financée par la Commission Européenne). ), le Centre de Complexité de CABDyN, et l’Institut d’Anthropologies Cognitive et Evolutionnaire (ICEA)
* Trois instituts d’Oxford sont concernés : l’Institut pour la Science, l’Innovation et la Société (InSIS)
Vendredi 20 mars 2009, 09:45 | in Informatique
Nielsen : le succès mondial des réseaux sociaux défie les médias

Photo : Michal Koralewski
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« Le phénomène mondial de consommation de l’année 2008″. Ainsi la société d’études Nielsen qualifie-t-elle les réseaux sociaux dans son rapport publié hier sur « l’empreinte mondiale des réseaux sociaux ».
MySpace, Facebook, Xiaonei, StudiVZ, Orkut, Netlog et compagnie ont séduit les internautes en masse l’an passé, touchant désormait 2/3 de la population internaute mondiale. Leur portée dépasse celle des e-mails (66,8% vs 65,1%). Les réseaux sociaux absorbent, à eux seuls, près de 10% du temps passé sur la Toile par les internautes.
Nombreux sont les indicateurs qui montrent que ce succès dépasse le phénomène Internet. « Le développement de la popularité des réseaux sociaux – et l’audience grandissante qui en résulte – n’est qu’une partie de l’histoire, écrit Nielsen dans son rapport. La stupéfiante croissance du temps consacré par les gens à ces sites change la manière dont ils organisent leur temps sur Internet et a des ramifications sur la manière dont les gens se comportent, partagent et interagissent dans leurs vies quotidiennes. Par conséquent, les industries des médias et de la publicité font face à de nouveaux défis autour des opportunités et des risques que ce nouveau média crée ».
Revue de détail.
La percée des réseaux sociaux chez les internautes.
Le Brésil, où Orkut règne en maître, est le pays le plus mature ès social networking avec 80% des internautes qui utilisent les réseaux sociaux. Les Brésiliens décrochent aussi la palme de la plus grosse part du temps en ligne consacré à ces médias (23,1% contre 9,3% en moyenne et 6,3% en France). L’Allemagne et la Suisse, gagnés plus tardivement par le phénomène malgré quelques champions locaux comme Wer-kennt-wen et StudiVZ, affichent parmi les plus forts taux de progression (+12,5 et 9,6 points en un an) et des taux de pénétration plus faibles (51%). Une fois n’est pas coutume, la France fait jeu égal avec les Etats-Unis.
Champions locaux versus Facebook.
Japon, Chine, Allemagne, Brésil – quatre pays où Facebook, quasi-leader mondial, ne parvient pas à percer le top trois des réseaux sociaux. Si le phénomène des sites communautaires est mondial, il est incarné par plusieurs champions nationaux qui ont su adresser des besoins locaux particuliers avant l’arrivée des offres américaines.
Vieillissement de l’audience.
Signe de la profondeur du phénomène : la population vieillit. La part des 2-17 ans sur les sites communautaires a baissé de 9% en 2008, alors que les plus de 35 ans augmentent tous leurs parts. Les 65 ans et plus se jettent aussi à l’eau, leur part sur ces sites progresse de 7%. 2008 : ma mère sur Facebook, 2009 : ma grand-mère sur Facebook. Ce rééquilibrage de la population, plus proche de la réalité démographique des internautes en général, devrait, à l’avenir, séduire et faciliter le travail des annonceurs…
Des nouvelles opportunités pour les publicitaires.
De loin, MySpace reste le réseau préféré des annonceurs devant Facebook (pourtant plus visité) et Bebo, succès britannique racheté par AOL. Le site communautaire éditée par Fox Interactive Média a proposé, en 2008, 2036 campagnes avec 799 annonceurs.
La musique fait la différence sur MySpace.
Les sujets de discussions sur Facebook et MySpace sont assez comparables. Mais MySpace se distingue sur deux sujets – et pas qu’un peu : les amis (27% des posts) et la musique (20%). Faut-il y voir une explication pour la meilleure réussite publicitaire de MySpace ? Plus amical, plus musical, donc une communauté plus impliquée… ?







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