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Des rencontres
/ des démonstrations
Les
14 formateurs présents ont illustré les possibilités
locales en cette fin d'année 2000 en procurant à toutes
les personnes qui le souhaitaient des informations détaillées
sur les actions, les cursus, les modalités pédagogiques,
les financements, etc, et en proposant des démonstrations concrétes
dactions utilisant le support de linformatique ou de lInternet.
Sept organismes de
formation ont participé :
- Atelier de pédagogie
personnalisée (APP) de Cosne-sur-Loire, avec le Greta Loire-Morvan,
- Conservatoire
national des arts et métiers (CNAM), Centre de Nevers,
- Association pour
la formation professionnelle des adultes (AFPA) Nevers, et Service d'orientation
professionnelle,
- Groupe CCI Formation
(Chambre de commerce et dindustrie), Nevers,
- AGAI Formation,
Corbigny,
- Ageor, Varzy,
- Nivernet, Dompierre-sur-Héry
/ Corbigny.
Un
débat
Animé
par Gérard VOISINE, de lAssociation pour la formation
professionnelle des adultes (AFPA), les échanges ont été
organisés autour du point de vue des usagers effectifs ou des demandeurs
de formations individualisées. Trois personnes représentatives
de ces différents types dusagers (une auditrice dun
cours de formation à distance / un responsable dentreprise
/ un commerçant ayant participé à une action dinitiation
à linformatique) étaient invitées en tant qu«
interlocuteurs privilégiés » de lanimateur et
du public.
" Pourquoi faciliter
l'accés de tous à la formation ? Est-ce bien raisonnable
? Oui, sil sagit de trouver des ressources pour évoluer
dans ses compétences ". Gérard VOISINE a ainsi
souhaité, demblée, attirer lattention du public
sur " la convergence d'intérêts qui se manifeste aujourdhui
autour de la notion de compétence ".
La gestion des
compétences est, en effet, à l'ordre du jour dans lentreprise.
" Face aux exigences croissante de qualité, de réactivité,
les procédures ne suffisent plus : il faut faire confiance aux
hommes, et pas seulement aux cadres : les opérateurs doivent aussi
être des professionnels ". La notion intéresse tout
autant les individus, de plus en plus confrontés à la nécessité
dévoluer professionnellement. " Chacun doit aujourdhui
se sentir responsable du développement et de la maintenance des
compétences. Mais les organisations du travail et le monde de la
formation professionnelle ne suivent pas forcément au même
rythme. On observe ainsi un décalage entre la " référence
suprême " que demeure le diplôme, et des compétences
quil sagit didentifier et de reconnaître ".
Pour autant
il ne sagit plus denvisager la compétence comme "
une somme de savoir-faire à appliquer " : " demain la
personne compétente sera celle qui saura construire à temps
des compétences utiles pour gérer des situations professionnelles
simples ou complexes, pas seulement en termes de savoir-faire mais en
termes de " savoir agir ", cest-à-dire régler,
anticiper, soi-même ou avec dautres, problémes, dysfonctionnements
ou évolutions ".
Pour acquérir
cette capacité, les entreprises et les individus ont besoin de
disposer d'outils et de dispositifs nouveaux, plus personnalisés.
Au-delà des rapports traditionnels d'enseignement, la formation
professionnelle doit être capable de proposer des ressources aux
individus, denrichir ces ressources et dentraîner les
individus à les mobiliser pour construire des compétences.
Sil sagit
bien, de la sorte, de valoriser la place de la personne dans l'effort
de formation, les TIC offrent une formidable opportunité de rénovation
de la démarche pédagogique. Elles offrent la possibilité
de réaliser et dutiliser des " ressources formatives
nouvelles ". Il sagit dillustrer la façon dont
on se construit des compétences avec laide de ces ressources.
" Dans le bain de la formation à
distance "
Françoise
LOTH était en 1999 2000 auditrice du cours de comptabilité-gestion
proposée par le Conservatoire national des arts et métiers
(centre de Nevers) via Internet dans son antenne de la Maison de
la Formation, avec le concours de lassociation Essor.
" Madame
Loth, vous avez travaillé sans avoir un formateur en face de vous
? » « Oui, au téléphone seulement, ou par e-mail
". " Est-ce que vous étiez sûre de ce que vous
appreniez par vous-mêmes ? " renchérit un participant.
" Javais
tous les éléments de A à Z : un livre, des cours
et exercices avec corrections à télécharger et à
imprimer en fonction de mes besoins et du temps dont je disposais. Je
me concentrais bien sur mon travail, mieux que si javais été
en groupe. Cà apporte plus ". Françoise Loth ajoute
quune fois par semaine, grâce au " point dattache
" que représente la Maison de le Formation, elle pouvait bénéficier
dun double soutien : rencontrer une autre auditrice, échanger
impressions et coups de main, et bénéficier de la présence
dun accompagnateur, avec en plus la possibilité de solliciter
le formateur en cas de blocage. " Oui, je lai effectivement
appelé, mais pas tant que çà ".
" Est-ce
que cest plus compliqué à distance ? ". "
Non, pour moi au contraire. Quand on travaille et quon suit en plus
une formation, on est poussé à sorganiser. Et puis
on nest pas obligé den faire tous les jours. Globalement
je nai pas limpression dy avoir passé tant de
temps que çà. Quand on est bien dans le bain, on se suffit
presque à soi même. Même en commençant tard
on peut y arriver, on fait çà à son rythme, on peut
refaire les exercices plusieurs fois si on en a envie. Il faut préciser
quil y a eu, comparativement, plus de réussite avec cette
pratique que dans la formule classique des cours du soir ".
" On voit
bien résume Gérard Voisine, dans le cas de Madame Loth,
que lindividualisation nest pas synonyme disolement.
Il sagit bien dune démarche de maturation, de construction
du savoir pour soi-même, avec ses propres outils. Dans ces dispositifs,
le meilleur juge de ce quil fait, cest lapprenant. Le
parcours de Françoise Loth nest pas terminé. Le souci
de reconnaissance peut lamener à rechercher lacquisition
dautres unités de valeur, mais elle sest dores-et-déjà
construit une nouvelle compétence ".
A Catherine MAURY,
coordinatrice emploi formation (Direction départementale du
Travail, de lEmploi et de la Formation professionnelle), qui
observe que la formation à distance implique une structure pédagogique
beaucoup plus élaborée, Mireille DESSOLIN, formatrice
au CFPPA du Morvan, recommande de ne pas opposer formation à
distance et modes dapprentissage " classiques ". "
Il faut plutôt sinterroger sur la meilleure façon de
combiner ces ressources entre elles, dalterner des situations différentes,
dans des progressions pédagogiques " sur mesure ".
" Tel est
bien, en effet, confirme Gérard Voisine, le sens de lévolution
de la formation. On ne peut se passer du formateur, cest toujours
lui qui conçoit la progression pédagogique. Seulement il
nest plus là en permanence pour la mettre en oeuvre, il fait
confiance à la personne et ne cherche quà faciliter
son apprentissage en déployant un outillage. Il sagit bien
de permettre à lapprenant de construire lui-même son
savoir ". Cet effort dingénierie peut-être appliqué
à tous les domaines de formation, comme le montrent de nombreux
exemples français (projet " Téléformation par
satellite " de lAFPA, en partenariat avec le Centre national
denseignement à distance) ou étrangers (exemples canadiens
de formation à distance aux métiers de la forêt par
exemple).
"
Linformatique à dose homéopathique"
Guy SABINEU,
Pharmacien à Clamecy, a suivi à la Maison de la Formation
au premier trimestre 2000 une action dinitiation à linformatique
proposée par le Groupe CCI Formation.
" Quest-ce
qui vous a amené à faire de linformatique ? Avez-vous
mis vos nouvelles connaissances en uvre ? ". " Pas encore,
mais çà ma mis le pied à létrier
: je navais jamais utilisé une souris, je ne connaissais
absolument rien parce que dans notre métier nous pratiquons des
logiciels qui ne demandent quun travail de saisie. Je ne suis pas
un " ancêtre " mais jai passé les épreuves
de math du bac avec une régle à calculs, et ils ont introduit
des ordinateurs à luniversité pour les étudiants
au moment oô je lai quittée, en 1982. Or lévolution
de notre métier impose de sintéresser aux autres aspects
de ces technologies : faciliter la comptabilité mais aussi pour
bénéficier des avantages de la commande en ligne, mieux
apprécier les données économiques fournies par le
groupement professionnel ou faciliter la liaison avec les caisses de Sécurité
sociale qui, de plus en plus, communiquent via Internet ".
Guy Sabineu
a apprécié de pouvoir acquérir ces nouvelles compétences
à Clamecy et déviter, ainsi, le temps de déplacement
pour Nevers, siége de CCI Formation. Mais à Gilles NOEL,
directeur de la Maison de la Formation, qui sinquiéte
de ses conditions dapprentissage, il avoue que " çà
aurait pu être mieux avec plus de matériel. Jai vu
dans le film quil y avait dautres conditions qui existaient,
dans dautres endroits. Par ailleurs le groupe était trop
hétérogéne. Je pense que jaurais pu apprendre
les mêmes choses en quatre fois moins de temps " sans les limites
imposées par les conditions de délocalisation de cette formation
de type traditionnel.
" On voit bien,
par contraste, indique Gérard Voisine, lavantage de la formation
à distance : la personne a limpression dêtre
privilégiée dans la démarche. Or la performance en
formation fait partie de la motivation. Les apprenants ne doivent pas
avoir limpression de perdre leur temps ". " Cest
précisément pour cette raison que les adeptes de la formation
à distance arrivent à compenser la perte de stimulation
produite par leffet de groupe " précise Emmanuelle
JOLIVET, formatrice à lAFPA.
"
Accompagner les salariés "
Jean-Luc SABIAUX, est le directeur des établissements
clamecycois de la société " Pains Jacquet ".
" Lévolution économique actuelle fait que
lentreprise se développe. Je suis à la tête
dune entreprise de plus de 200 salariés qui compte se développer
pour atteindre 250 salariés à court terme et probablement
300 dici à la fin 2001. Nous avons fait dénormes
progrés au niveau technique mais lhumain est indispensable
et nous devons le préparer, laccompagner ". Ny
aurait-il pas un probléme de motivation de la part des salariés
? " En effet : au départ, cest presque vécu comme
une contrainte ", constate M. Sabiaux. Il ajoute, à titre
dexemple, que les fonds employés dans son entreprise il y
a quelques années à sacrifier à " la mode du
management " pour lencadrement et la maîtrise auraient
été mieux employés dans des formations individuelles
pour les techniciens. Car leffet semble, aujourdhui, négligeable.
Pourtant " un soir, à 22 heures, jarrive à lentreprise,
un jeune intérimaire minterpelle et me dit : je viens travailler
mais je ne sais pas oô rentrer ! Je me suis dis : là, on
est mauvais !. Depuis nous avons travaillé sur laccueil :
on accompagne les nouveaux, on leur fait visiter les locaux sociaux, on
leur explique le poste de travail, etc. Demain, on veut passer au cap
supérieur : on va accompagner les jeunes et leur donner davantage
dexplications sur lenvironnement du poste de travail, et notamment
lhygiéne et la sécurité. On veut fidéliser
davantage plutôt que daccueillir des gens en permanence. On
doit sinterdire de travailler comme çà ! ".
A Charles
GUILLEMIN, directeur du centre AFPA de Nevers, qui lui demande
comment il compte procéder, M. Sabiaux indique : " On va commencer
par sensibiliser la maîtrise. Un personnel qui a davantage de repéres,
qui sait sorganiser, çà augmente lefficacité.
Cest une façon pour les agents de maîtrise dêtre
dans la sérénité ". " A condition quils
aient le sentiment de disposer du temps nécessaire à cet
investissement qui vient sajouter à limpératif
de productivité à court terme, remarque Jean-Marie Lecoutére
". Il sagit effectivement, tout le monde en convient, dun
travail de fond.
" Il faut
leur faire valoir que ce sont de nouvelles compétences pour eux,
suggére Gérard Voisine. Aujourdhui le salarié
veut savoir ce quil va apprendre, ce quil va faire, si çà
va être utile. On aborde de la sorte une dimension importante de
la compétence. Aujourdhui, les organismes de formation nont
pas trop de difficultés à transmettre des savoir-faire techniques
mais lutilisation de ces savoir-faire avec dautres, en équipe
ou en autonomie, pose davantage probléme. Pourtant, la vraie compétence
aujourdhui cest dêtre en mesure dintégrer
une organisation de travail en la faisant évoluer, cest-à-dire
en y apportant quelque chose. On ne peut plus faire léconomie
de laller-retour entre la situation de travail et la réflexion
sur lorganisation du travail ".
Sur tous ces
points, le champ des projets est, à Clamecy comme ailleurs largement
ouvert.

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