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" Mélagri, la messagerie de l’enseignement agricole,
permet de mutualiser les expériences "

NTIC et formation
Rencontre-débat du 18 octobre 2000 à Dijon

Débat animé par Charles BURRIEL, professeur agrégé à l’Etablissement national d’enseignement supérieur agronomique/Centre national d’études et de ressources en technologies avancées -Enesad-Cnerta, Dijon).

Philippe Duffourd est animateur du Comité d'orientation educagri.fr (Enesad-Cnerta Dijon). Il est aussi l'animateur national de Mélagri, la messagerie extranet de l'enseignement agricole public français.
Philippe Duffourd rappelle que l'enseignement agricole, grâce à sa petite taille (équivalent à une académie moyenne de l'Éducation nationale, qui serait répartie sur tout le territoire national), a pu connecter tous ses établissements. Dés janvier 1997, des adresses institutionnelles ont été créées (CDI, proviseur, établissement, etc.). Puis, petit à petit, à la demande des individus, des adresses nominatives ont été ajoutées.
Sur un potentiel de 15 000 personnes, 12 000 adresses nominatives ont été demandées par les différents acteurs, qui ont la possibilité de se connecter depuis leur établissement ou leur domicile. Des conférences disciplinaires, thématiques, institutionnelles ont été ouvertes, au fur et à mesure des besoins.Jean Chevaldonné, directeur du Cnerta (Dijon), participe à la politique de mise en place de ces outils.
Aprés quelques années d'expérience dans l'usage et la place des TIC dans l'enseignement agricole, il remarque que l'on n'impose jamais l'usage de ces outils. Si les enseignants ne se sont pas approprié les ordinateurs dans les années 80/90, c'est qu’ils n'en ont pas éprouvé le besoin, contrairement aux personnels de secrétariat, qui ont vu dans l'informatique un outil capable de les soulager dans leur travail. L'usage de l'audiovisuel dans l'enseignement, qui était prévu comme intensif, ne s'est pas non plus développé.
Par contre, un outil comme la messagerie Mélagri connaît un franc succés. 18 000 connexions par jour, cela témoigne d'un fait nouveau. Des collégues, souvent éloignés les uns des autres, peuvent mutualiser des savoir-faire et des expériences.
Internet est dans la plupart des CDI. Les machines sont occupées en majorité par des éléves, qui dans 70 ou 80 % des cas font du "chat". Les 20 à 30 % restant effectuent des recherches d'informations. Mais on constate tout de même que les enseignants se mettent de plus en plus à utiliser l'ordinateur. Ils se connectent depuis leur domicile, à 9h, 10h ou 11h le soir. C'est un fait nouveau et important.
Gérard Touras enseigne l’économie-gestion au lycée viticole et agronomique de Macon-Davayé. Il est animateur de la conférence "économie" de l'enseignement agricole.
Une conférence est un groupe thématique de discussion entre membres de la messagerie Mélagri. Les objectifs : rapprocher les enseignants "anciens" et intégrer les "nouveaux" ; harmoniser les pratiques d'évaluation de résultats aux examens...
Comme l’explique Gérard Touras, en France, il n'est pas dans les habitudes des enseignants de dire ce qu'ils font. Pour certains, c'est : " Ce que je fais n'est pas forcément trés bien. Je ne vais pas le dire aux autres ". Pour d'autres, ce serait plutôt : " Ce que je fais est trés bien. Je n'ai rien à apprendre des autres. "
Dans l'enseignement agricole, 30 % des enseignants en économie sont inscrits à la conférence "économie". Parmi eux, il y a seulement 10 à 15 % d'utilisateurs actifs, qui échangent et apportent des choses. Les autres sont passifs; ils se contentent de récupérer des informations et de télécharger…
A la question récurrente de la déshumanisation, Gérard Touras répond qu’elle existe déjà, d'une certaine façon : " il est rare de rencontrer des collégues d'économie et d'échanger sur nos pratiques, de mettre en commun des expériences, sauf au hasard des stages de formation continue ou lors de corrections d'examens. "