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Débat
animé par Charles BURRIEL, professeur agrégé
à lEtablissement national denseignement supérieur
agronomique/Centre national détudes et de ressources en technologies
avancées -Enesad-Cnerta, Dijon).
Philippe
Duffourd est animateur du Comité d'orientation educagri.fr
(Enesad-Cnerta Dijon). Il est aussi l'animateur national de Mélagri,
la messagerie extranet de l'enseignement agricole public français.
Philippe Duffourd rappelle que l'enseignement agricole, grâce à
sa petite taille (équivalent à une académie moyenne
de l'Éducation nationale, qui serait répartie sur tout le
territoire national), a pu connecter tous ses établissements. Dés
janvier 1997, des adresses institutionnelles ont été créées
(CDI, proviseur, établissement, etc.). Puis, petit à petit,
à la demande des individus, des adresses nominatives ont été
ajoutées.
Sur un potentiel de 15 000 personnes, 12 000 adresses nominatives ont
été demandées par les différents acteurs,
qui ont la possibilité de se connecter depuis leur établissement
ou leur domicile. Des conférences disciplinaires, thématiques,
institutionnelles ont été ouvertes, au fur et à mesure
des besoins.Jean Chevaldonné, directeur du Cnerta (Dijon),
participe à la politique de mise en place de ces outils.
Aprés quelques années d'expérience dans l'usage et
la place des TIC dans l'enseignement agricole, il remarque que l'on n'impose
jamais l'usage de ces outils. Si les enseignants ne se sont pas approprié
les ordinateurs dans les années 80/90, c'est quils n'en ont
pas éprouvé le besoin, contrairement aux personnels de secrétariat,
qui ont vu dans l'informatique un outil capable de les soulager dans leur
travail. L'usage de l'audiovisuel dans l'enseignement, qui était
prévu comme intensif, ne s'est pas non plus développé.
Par contre, un outil comme la messagerie Mélagri connaît
un franc succés. 18 000 connexions par jour, cela témoigne
d'un fait nouveau. Des collégues, souvent éloignés
les uns des autres, peuvent mutualiser des savoir-faire et des expériences.
Internet est dans la plupart des CDI. Les machines sont occupées
en majorité par des éléves, qui dans 70 ou 80 % des
cas font du "chat". Les 20 à 30 % restant effectuent
des recherches d'informations. Mais on constate tout de même que
les enseignants se mettent de plus en plus à utiliser l'ordinateur.
Ils se connectent depuis leur domicile, à 9h, 10h ou 11h le soir.
C'est un fait nouveau et important.
Gérard Touras enseigne léconomie-gestion au
lycée viticole et agronomique de Macon-Davayé. Il est animateur
de la conférence "économie" de l'enseignement
agricole.
Une conférence est un groupe thématique de discussion entre
membres de la messagerie Mélagri. Les objectifs : rapprocher les
enseignants "anciens" et intégrer les "nouveaux"
; harmoniser les pratiques d'évaluation de résultats aux
examens...
Comme lexplique Gérard Touras, en France, il n'est
pas dans les habitudes des enseignants de dire ce qu'ils font. Pour certains,
c'est : " Ce que je fais n'est pas forcément trés bien.
Je ne vais pas le dire aux autres ". Pour d'autres, ce serait plutôt
: " Ce que je fais est trés bien. Je n'ai rien à apprendre
des autres. "
Dans l'enseignement agricole, 30 % des enseignants en économie
sont inscrits à la conférence "économie".
Parmi eux, il y a seulement 10 à 15 % d'utilisateurs actifs, qui
échangent et apportent des choses. Les autres sont passifs; ils
se contentent de récupérer des informations et de télécharger
A la question récurrente de la déshumanisation, Gérard
Touras répond quelle existe déjà, d'une
certaine façon : " il est rare de rencontrer des collégues
d'économie et d'échanger sur nos pratiques, de mettre en
commun des expériences, sauf au hasard des stages de formation
continue ou lors de corrections d'examens. "

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