Nathalie
LE BRETON Journaliste à la Cinquième.
En plus de ces nouvelles exigences d'innovation sociale et d'éducation,
ne doit-on pas aussi porter notre attention sur la dynamique de création
d'entreprises ?
Michel CATINAT
Conseiller du Directeur Général de lIndustrie, Direction Générale
III, Commission européenne
La création demande une volonté et une capacité d'innovation mais elle
exige également un environnement propice. Le chômage en Europe est principalement
du au fait que l'on ne permet pas aux créateurs d'entreprises de développer
facilement de nouvelles activités. Pourtant, il est possible aujourd'hui
de monter n'importe où une petite entreprise de logiciels de sécurisation
d'informations par exemple. Grâce aux réseaux électroniques, le produit
peut être mis rapidement sur un marché gigantesque.
Un des gros problèmes en Europe, c'est que nous n'avons pas une tradition
de capital-risque comme aux Etats-Unis. Le système bancaire n'offre pas
ce capital-risque et ce n'est d'ailleurs peut-être pas au système bancaire
à le faire mais aux entreprises. Aux Etats-Unis, si des grandes entreprises
voient qu'il y a quelque part des ingénieurs qui ont une bonne idée, elles
vont leur donner de quoi développer leur produit, les citoyens eux-mêmes
investissent dans le capital-risque. Il faut donc créer en Europe un environnement
financier qui soit porteur et un environnement législatif qui soit favorable
à la création d'activités nouvelles et d'entreprises.
Résumé du débat
avec le public :
Question
Si l'on ne peut quantifier les créations d'emplois, est-on cependant
en mesure de définir les nouveaux métiers dessinés par les TIC ?
A ce sujet, on évoque beaucoup les téléservices mais ce sont de simples
adaptations de métiers existant. A quoi pourront ressembler ces nouveaux
métiers ?
Michel CATINAT
90% des futurs métiers sont des métiers que l'on ne connaît pas encore.
Il est difficile de les décrire car ils proviennent de la modification
d'anciens métiers. Il est possible cependant d'en citer quelques uns.
Avec le développement d'Internet, les entreprises ouvrant un site auront
besoin d'être identifiées facilement pour capter des clients, aussi elles
auront de plus en plus recours à des spécialistes capables de leur créer
des pages attractives. Ainsi voit-on apparaître le métier de webmaster.
Si l'on prend l'exemple du Minitel, on constate que 5 000 emplois ont
été créés pour mettre en place le système et 25 000 autres pour faire
vivre le réseau. Le phénomène sera le même pour Internet, la complexité
génère de l'emploi car elle nécessite une multitude d'intermédiaires pour
la gérer. Le secteur des services d'intermédiation représente donc un
fort gisement d'emplois.
Prenons un autre exemple : le téléshopping. Pour mettre en relation
le client et l'entreprise et concrétiser la vente, trois types de procédures
seront nécessaires qui représentent autant de secteurs en développement :
- la création de
logiciels et la mise en place des plates-formes permettant d'accéder
aux pages de l'entreprise,
- l'identification
et l'authentification du prestataire de service pour pallier l'immatérialité
de la transaction et sécuriser le contrat de vente. De nouveaux métiers
apparaîtront avec ces services d'authentification.
- la sécurisation
bancaire pour assurer l'effectivité du débit sur un compte et son approvisionnement.
Des services de mise en relation bancaire vont donc se développer.
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