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"Chez France Télécom, les NTIC font disparaître
certains types de métiers et en font émerger de nouveaux"

        Rencontre-débat du 19 mai 2000
Jean-François DESHAYES est directeur des Ressources humaines d’un service qui conçoit et développe le système d’information de France Télécom.

J’ai conduit à France Télécom, ces dernières années et ces derniers mois, un programme de reconversion long et lourd vers les nouvelles technologies. En termes quantitatifs, les métiers du multimédia représentent peu, exception faite des métiers des centres d’appel (gestion commerciale et soutien technique client). Je pense qu’aujourd’hui, ce n’est pas encore l’Internet qui fait les gros flux de reconversion. Le nouveau fonctionnement de l’entreprise induit par les NTIC génère une redistribution des emplois de soutien à l’intérieur de l’entreprise. La mise en place des NTIC fait disparaître certains types de métiers de soutien tournés vers l’intérieur de l’entreprise et en fait émerger de nouveaux.

Un exemple : dans mon domaine d’activité, on va probablement diviser, peut-être pas par 2 mais sûrement par 1,5, les effectifs de salariés chargés de la gestion des ressources humaines (gestion de la paie, administration du personnel...) à cause du workflow et de ce type de technologies. On va se retrouver avec 1500 à 2000 personnes sur les bras. Que vont-elles faire ?

Olivier PIOT

Donc, les nouvelles technologies ne sont pas seulement de nouvelles opportunités de compétences à développer, elles sont aussi facteurs de destruction d’emploi ?

Jean-François DESHAYES

" Ce sont des facteurs de réduction d’emploi, de destruction mais sûrement aussi des facteurs de développement. Aujourd’hui -est-ce la vitesse de progression du marché ou la croissance générale dans laquelle on baigne- la vitesse de destruction est inférieure à la vitesse de création. Il me semble que la situation de l’emploi à France Télécom s’est beaucoup assouplie parce qu’on a un peu plus de mou. Il y a trois ans, les prévisions étaient beaucoup plus pessimistes qu’actuellement.