De
plus en plus ouvertes, les formations comprennent désormais couramment des
phases d'auto-apprentissage en centre de formation, en entreprise ou même
à domicile. Le développement de ce type de formation se heurte à certains
problèmes, comme la preuve de l'action, l'émargement, l'imputabilité des
investissements en conception de produits de formation, la définition du
statut social de l'apprenant, ou bien encore le contrôle par les administrations.
Un encadrement législatif, ouvert aux nouveaux dispositifs et en phase avec
les innovations, serait nécessaire à l'évolution harmonieuse du système
de formation en France. Or, en 1998, le monde de la formation est encore
régi par deux lois obsolètes, datant de vingt-sept ans, c'est-à-dire d'une
époque où l'informatique tenait peu de place dans la société, et encore
moins dans la formation...
Au moment même où le Ministère de l'Emploi s'apprête à sortir un Livre
Blanc sur le sujet, certains de ses représentants officiels et des professionnels
de la formation ouverte et à distance se sont réunis pour débattre des nouvelles
orientations souhaitables.
M. BAHRY,
directeur général du groupe CESI, et président du FFFOD (Forum Français
pour la Formation Ouverte et à Distance), ouvre le débat en situant
l'engagement du FFFOD dans l'histoire de la prise de conscience des carences
du système d'encadrement juridique de la formation en France.
Cette association a été créée en 1995 sur linitiative de divers
acteurs de la formation ouverte et à distance.
Sa fonction consiste principalement à réunir et faire dialoguer entre
eux les organismes de formation, publics et privés, mais aussi les éditeurs,
les réseaux locaux et régionaux, les différents dispositifs d'information
sur la formation, et les organisations syndicales, qui se sentent concernés
par l'évolution de la formation ouverte et à distance en France.
Le CNED, la CHANED, le CESI, ici représentés, en sont membres.
De leur concertation, pouvait enfin naître des réflexions communes capables
d'infléchir les réglementations des législations.
A un niveau transnational, le FFFOD a également contribué à la création
de la Fédération Européenne pour la Formation Ouverte et à Distance (E.F.ODL
-European Federation for Open and Distance Learning).
Une des premières préoccupations du FFFOD a été de débattre des freins
réglementaires au développement des formations ouvertes et à distance.
Ils constituent en effet une difficulté essentielle, bien avant les éventuelles
difficultés techniques, pédagogiques et financières. L'association a été
amenée à préparer un rapport sur le sujet, en liaison avec le Ministère
de l'Emploi et de la Solidarité et la Délégation Générale à l'Emploi et
à la Formation Professionnelle. Le rapport repose sur la mutualisation
des expériences et opinions des différents acteurs de la formation, qu'ils
soient ou non membres du FFFOD.
Une commission juridique a réuni ce matériel de base, à partir duquel
le cabinet Circé - Jean-Marie LUTTRINGER a élaboré des propositions.
Ce rapport arrive au bon moment. Il a été financièrement soutenu par la
Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle, avant
même que le Gouvernement n'ait intégré à son programme un projet de réforme
de la formation professionnelle.
Le rapport LUTTRINGER, comme on le surnomme, sert de document de base
pour la mise au point de cette réforme. Les politiques ont maintenant
conscience que rien d'important ne pourra se faire en France dans le domaine
de la formation professionnelle sans favoriser le développement de la
formation ouverte et à distance.
|