L’Internet, le nouveau souffle du télé-enseignement
Vannes le 19 octobre 2000

Débat animé par Emmanuel Frenod, Maître de Conférence en mathématiques à l’Université Bretagne Sud.
Principaux intervenants :

  • Gilles Bedoux, Agrégé de chimie
  • Michel Creze, Professeur des universités en astrophysique
  • Bertrand Cosquer, Agrégé de mathématiques.
  • Marianne Cosquer, Agrégé de physique
  • Isabelle Bebin, Agrégé de physique
  • Pierre Traineau, Chargé de mission Nouvelles Technologies - VIPE
  • Renaud Bara, Cyber-animateur de l’InterVénétes
  • Jacques-Henri Vandaele, Directeur du contrôle laitier du Morbihan et adjoint de la commune de Sulniac.

La soirée s’est ouverte par la projection du documentaire Solo de clavier, tiré de la série Le Temps des Souris proposée par La Cité des Sciences et la 5iéme , suscitant de nombreuses réactions.

1ére partie : Interactivité et richesse du contenu.
Pour faire écho aux remarques émises par les deux principaux protagonistes du reportage, Emmanuel Frenod propose comme premiére problématique la pertinence d’une telle méthode de formation.
Pour Jacques-Henri Vandaele, l’aspect professionnalisant de ce type de formation est nettement favorisé au dépend de l’épanouissement de la personne. Ce dernier objectif est pourtant l’une des préoccupations majeures d’une formation bien construite.
Cette idée est reprise par Michel Creze qui insiste sur le fait que le CD-Rom semble être utilisé ici comme un simple livre. Le dialogue avec le formateur est quasi inexistant, alors qu’une formation classique transforme autant l’enseignant que stagiaire.
Renaud Bara précise que si le CD-Rom semble être une impasse, oô seul le contenu inscrit sur le support est accessible aux stagiaires, Internet reste un lieu de recherche oô le dialogue est toujours possible. De plus, Internet offre un accés sans limite au savoir. L’information est accessible à toute heure et simultanément, de n’importe quel point d’accés, brisant ainsi un certain nombre de freins favorables à un élitisme de la connaissance.
Pour Bertrand Cosquer, les qualités de la transmission du savoir sur l’Internet sont plus adaptées à une recherche universitaire qu’à une formation en continu. La qualité de cette derniére dépend, selon lui, de la présence visuelle autant que du dialogue oral. Cette présence permet d’affiner l’enseignement aux moindres réactions et d’être ainsi parfaitement réactifs.
Pour Pierre Traineau, l’interactivité de la méthode employée posséde la qualité d’être une premiére initiation aux nouvelles technologies. Le CD-Rom et Internet deviennent des éléments concrets de la transmission du savoir tout en proposant une approche ludique.
Cette approche interactive et ludique peut-elle être applicable à l’enseignement ?

2éme partie : Télé-formation et Télé-enseignement
Pour Marianne Cosquer, l’attrait des nouvelles technologies permet d’envisager certains sujets sous une forme plus ludique. L’attention des éléves est alors décuplée et leur plaisir à suivre le cours est évidant. Toutefois, le résultat en terme d’apprentissage est loin d’être de la même qualité. Les outils de formation actuels sont-ils adaptés ?
Pour Michel Creze, la premiére étape est la mise à disposition du savoir, via des supports favorisant l’accés à tous (CD-rom et surtout Base de données sur Internet), et dans ce tout reste à faire. La deuxiéme étape consiste à favoriser la transmission de la connaissance, et elle se fera d’autant plus facilement que l’éléve, l’étudiant ou le stagiaire sera suivi par un tuteur. Comme dans l’exemple du reportage, le CD-rom ne doit être qu’un support à l’enseignement.
Pour J-H Vandaele, l’exemple le plus significatif d’un systéme de formation complet reste le compagnonnage. La communication entre le maître et l’éléve est une garantie d’une parfaite transmission du savoir.
Le systéme universitaire n’est-il pas trop rigide pour ce type d’enseignement oô l’autogestion prend une grande place ? demande Emmanuel Frenod.
Pour Isabelle Brebin, le probléme est réel. L’effort individuel d’un professeur pour intégrer les NTIC dans le fonctionnement de son cours ne peut avoir de véritables conséquences que si le systéme administratif le soutien.

Conclusions du débat :
L’intérêt évident qu’apporte Internet à la télé-formation et au télé-enseignement, c’est cette possibilité d’être acteur de son apprentissage. Le formateur doit alors s’adapter, afin d’apporter son soutien comme tuteur dans cette phase nouvelle de l’enseignement.