La question de la validation
des compétences.

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Intervention à Paris
J'ai une petite remarque. Il y a plein de modes de formation actuellement, de la formation à distance jusqu'à la formation en alternance, c'est-à-dire dans une situation réelle. Mais le problème qui se pose actuellement se situe au niveau de l'évaluation des compétences. Je crois qu'il faut discuter dans le sens où il faut bâtir ou établir plutôt les dispositifs de certification de compétences plutôt que le mode de formation. C'est ce qui compte je crois, quel que soit le mode de formation, il faut définir les compétences, il faut les normaliser, voire les internationaliser, c'est-à-dire avoir un aspect normatif puisque nous sommes en globalisation et en internationalisation des marchés.

Vincent MERLE, Directeur de Cabinet de Nicole Pery, Secrétariat d’Etat aux droits des femmes et à la formation professionnelle
Je pense que cette question pose un problème qui est effectivement tout à fait central. Tant que nous assimilons des actes de formation, essentiellement l'assimilation de connaissances, la question de la validation qu'on vient d'évoquer se pose en des termes relativement simples parce qu'on peut vérifier que les connaissances sont là. Or, nous venons de le voir, les formations avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication et les transformations de l'organisation du travail consistent à acquérir des compétences. On ne sait pas très bien ce qu'elles sont d'ailleurs, mais des choses complexes qui sont du savoir mis en situation par exemple. Là la validation est beaucoup plus difficile. Il faut, malgré tout, développer des systèmes qui permettront que ce que l'on a acquis soi même dans la situation de travail, parfois parce qu'on se sera auto-documenté avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication, mais parfois aussi en centre de formation, il faut que tout cela soit reconnu, repérable, que cela ait une certaine valeur sur le marché parce qu'il y a des signes qui fonctionnent bien. Les signes dont parlait tout à l'heure Yves Lasfargue qui renvoient au niveau. J'ai BAC-x, j'ai BAC+x, çà ce sont des signes qui fonctionneront de moins en moins. Donc, il en faut d'autres à la place.
J'attire cependant l'attention sur une difficulté qui me paraît très importante. Implicitement dans notre discours, depuis le début de cette émission, on fait comme si dès que l'on parle de compétences liées aux nouvelles technologies, il s'agissait de traits psychologiques, de choses très personnelles qui touchent au fond à la façon dont l'individu a construit les choses. Certes, il y a bien cette dimension là, on voit bien que ce sont des choses parfois très transversales, une aptitude à travailler en groupe, une aptitude à s'organiser. Mais méfions-nous parce que je crois qu'une compétence s'exerce toujours par rapport à un contenu. Il n'y a pas de savoir qui flotte dans l'air, détaché d'un contexte ou détaché d'un objet. Cela se réfère immédiatement à la question de la validation que vous avez posée. Parce que si on fait des référentiels de compétences par exemple pour valider la formation, et que ces référentiels, consistent à découper les activités de travail en un certain nombre de traits psychologiques, à mon avis nous prenons une fausse voie. Prenez une même situation de travail mise en œuvre par des individus aux profils psychologiques très différents, ils sont parfois tout aussi performants. Donc si on réduit la performance dans l'activité de travail simplement à une somme de traits psychologiques et si on vide la compétence de son contenu en activité de travail, je crois que nous empruntons une fausse voie. C'est un chantier énorme qui soulève des problèmes méthodologiques considérables surtout si comme l'appellent vos vœux, il faut aboutir à des formes de validation et de certification internationales Je crois que nous n'en sommes malheureusement pas encore tout à fait là.

Intervention 
Une remarque un peu générale et une question. La remarque générale : à plusieurs reprises dans l'après-midi, il a été évoqué l'ambivalence de la société de l'information, le fait qu'elle peut être porteuse à la fois de sources et de risques. Il me semble que cela renvoie très directement au sens de la société de l'information et au sens des pratiques sociales mises en œuvre. Je m'explique très brièvement. Je crois que les divers témoignages et les divers reportages que l'on a vus sont assez illustratifs de ca. Quelle place finalement occupe la personne, la personne pouvant être alternativement, successivement ou simultanément le salarié, le consommateur, l'utilisateur, le formé, le formateur, dans le développement de la société de l'information.
Par rapport à çà ma question est : existe-t-il aujourd'hui des études sérieuses faites en direction de la personne elle-même pour essayer d'appréhender la façon dont, en tant que personne et compte tenu de la position qu'elle occupe, elle pourrait ou souhaiterait mettre à profit la société de l'information et les nouvelles technologies pour, peut-être, intervenir et agir autrement. Il me semble qu'actuellement, les études dont modestement je peux avoir connaissance, sont beaucoup plus centrées autour de l'entreprise et de ses besoins que de la personne sauf s'il s'agit d'examiner la personne en réponse aux besoins de l'entreprise déjà cernée.

Vincent MERLE
J'avoue ne pas avoir la réponse mais j'ai simplement envie de dire à Monsieur la chose suivante. Si études il doit y avoir, il faut qu'elles soient répétées très régulièrement parce que je suis absolument frappé par la vitesse d'évolution des comportements.
Il y a encore quelques années de cela, les individus considéraient que les distributeurs de billets à carte bleue étaient quelque chose de très déroutant. Il y a quelques mois, un certain nombre de gens considéraient que l'accès au téléphone mobile était quelque chose d'assez perturbant. Tout cela rentre dans les mœurs à une vitesse très très forte et les études devraient être au fait des études de panels qui permettent de voir comment, dans le temps, le comportement de chacun évolue à une vitesse qui est parfois tout à fait étonnante.