Le dossier
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Observer le climat |
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On date l'invention
du thermomètre par Galilée autour de 1590. Mais ce
n'est que depuis le milieu du XVIIe siècle que l'homme observe
le climat par des mesures quantitatives et systématiques.
Il aura fallu attendre, entre temps, la mise au point de thermomètres
standardisés. Depuis, la cohérence et la précision
des observations météorologiques n'ont cessé
de s'améliorer. Au XVIIe siècle et en Europe, grâce
à l'apparition des premiers réseaux d'observation
des sociétés savantes.
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Qu'est-ce
que le climat ?
La détermination du climat
d'une région de la Terre repose sur lanalyse statistique
du temps quil a fait chaque jour durant une longue période,
au moins trente ans. En effet, seule une telle durée permet
de saffranchir des fluctuations du temps d'une année
sur l'autre. Le climatologue,
à l'inverse du météorologue,
sintéresse donc aux valeurs moyennes des paramètres
atmosphériques : température de lair, pluviosité,
force et direction des vents
Il tient compte aussi de la fréquence
des événements : vagues de froid ou de chaleur, inondation
ou sécheresse
Comme l'explique Sylvie Joussaume, chercheur au CNRS, « ce
sont tous les caractères statistiques du temps, moyennes
et écarts à la moyenne, qui définissent le
climat de chaque région de la planète » (Climat
d'hier à demain, CNRS Éditions).
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Le
climat sous influence
L'inclinaison des rayons du Soleil, lorsqu'ils frappent le sol
terrestre, est à l'origine des trois grandes zones climatiques
(intertropicales, tempérées, polaires) de notre planète.
Connu depuis l'Antiquité, ce lien entre le climat et l'inclinaison
des rayons du Soleil a d'ailleurs donné naissance au mot
climat (du grec Klima, inclinaison). La circulation atmosphérique,
notamment les vents, conditionne également le climat. De
même que l'océan, la biosphère, la forme et
le relief des continents, ou encore l'effet de serre. Face à
la complexité et au caractère global des éléments
mis en jeu, géographes, physiciens, chimistes, océanographes,
statisticiens
unissent leurs efforts pour tenter de mieux
connaître le climat de la Terre.
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Du
local au global
Pour observer le climat de la Terre, deux types de mesures sont
effectuées en permanence.
* D'une part, des mesures locales qui consistent à évaluer
à partir d'appareils adaptés ( baromètre,
thermomètre...) et en des points précis de l'atmosphère
, des grandeurs physiques comme la température ou l'humidité
; il existe depuis plus d'un siècle, un réseau mondial
de stations de mesures.
* D'autre part, des mesures plus globales qui visent à suivre
et à comprendre les mouvements des masses d'air et des courants
sur toute la planète ; elles sont possibles depuis vingt
ans, grâce à des satellites géostationnaires
(à 36 000 km d'altitude) spécialisés dans l'observation
du temps.
Ces diverses mesures intéressent les organismes de prévision
météorologique mais aussi les scientifiques qui, à
partir des données recueillies sur le climat présent,
tentent de comprendre le passé et de prévoir l'avenir
des climats.
Pour les mesures locales, le réseau mondial de stations de
mesures qui existe depuis plus d'un siècle dispose de 9 000
stations météorologiques et de 5 000 navires marchands
qui récoltent toutes les six heures les données à
la surface de la planète.
De nombreuses observations en altitude sont également effectuées
au moyen de sondes emportées par des ballons. Ceux-ci, en
raison de leur maniabilité et de leur faible coût sont
très utilisés dans les campagnes de mesures locales
des programmes scientifiques. En 1979, une grande campagne de mesures
par ballons-sondes avait ainsi permis de comprendre les processus
déclencheurs de la mousson localisés dans les mille
premiers mètres de l'atmosphère.
Pour les phénomènes plus élevés dans
l'atmosphère, il existe depuis 20 ans des satellites géostationnaires
spécialisés dans l'observation du temps. Placé
au-dessus de l'Afrique, Météosat permet, par exemple,
d'observer la couverture nuageuse ou d'estimer la force et la nature
des vents. Depuis 1992, le satellite franco-américain Topex-Poseïdon
mesure la hauteur du niveau de la mer (à quelques centimètres
près) en 500 000 points du globe tous les dix jours. Il a
été très utile pour la détection et
la compréhension d'El Niño, un phénomène
naturel de réchauffement des eaux du Pacifique qui se produit
tous les trois ou quatre ans, et duquel résulte une succession
d'anomalies climatiques (inondations ou sécheresses) dans
les régions tropicales.
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Mieux
connaître les océans
Le succès de ce satellite, qui sert plus généralement
à la cartographie des courants, sera suivi par le lancement
dans les quinze à vingt prochaines années d'une série
de petits satellites appelés Jason, qui devront combler les
retards pris par l'observation marine. De fait, malgré l'effort
des navires marchands qui mesurent la salinité et la température
de l'eau et la présence de bouées munies de divers
détecteurs, il existe encore des zones entières pour
lesquelles on ne dispose d'aucune mesure (par exemple, dans l'océan
Pacifique).
Pourtant, on sait aujourd'hui que les océans, qui couvrent
71 % de notre planète, influencent très fortement
le climat général de la Terre. Les satellites permettront
donc rapidement de mieux connaître son état de surface.
Mais pour sonder les milliers de mètres d'eau en dessous,
rien ne remplacera les campagnes océanographiques qui, depuis
1870 (date du départ de la première expédition
baptisée Challenger), apportent des données précieuses
sur la température, la salinité et la pression des
eaux marines. Données de plus en plus accessibles grâce,
cette fois, aux progrès technologiques des appareils d'exploration
sous-marine.
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Interpréter
le passé
Tirer
les leçons des climats passés pour mieux comprendre
les phénomènes climatiques actuels : tel est le principal
objectif de la paléoclimatologie.
Pour reconstruire les climats passés, les paléoclimatologues,
qui ne disposent d'aucune mesure ancienne de paramètres météorologiques,
doivent faire appel à d'autres sources d'information. Ils
explorent tout ce qui dans l'environnement garde en mémoire
des indices climatiques : cernes de bois, carottes
de glace, carottes de sédiments, récifs coraliens,
grains de pollen. La paléoclimatologie a permis de montrer
que le climat avait maintes fois changé dans le passé
et ce, de manière naturelle, c'est-à-dire sans aucune
perturbation d'origine humaine.
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Prédire
le futur
Pour prédire l'évolution du climat, les chercheurs
développent des modèles
informatiques qui permettent de suivre dans le temps et dans l'espace
divers paramètres (vent, température de l'air ou de
l'océan, précipitations
). Cela passe par une
mise en équation des phénomènes climatiques
à partir de lois physiques. Les calculs sont effectués
par des ordinateurs très puissants.
Pour développer de tels outils de prévision, les climatologues
doivent faire face à de nombreuses difficultés : diversité
des échelles des phénomènes rencontrés,
complexité des interactions entre les divers composants de
l'environnement. En outre, ils doivent gagner la confiance des profanes.
Les prévisions climatiques déçoivent souvent
mais doit-on les condamner pour autant ? Leurs erreurs viennent
des incertitudes qui tiennent à la nature même du climat
?
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