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dans certaines limites !
Depuis quelques décennies, il ne fait cependant plus aucun
doute que les activités humaines viennent perturber un équilibre
qui sest maintenu durant des millions dannées.
Elles entraînent, en effet, une augmentation de la concentration
des gaz à effet de serre qui atteint aujourdhui un
seuil critique.
Mesuré de manière systématique depuis 1958,
le taux de gaz carbonique est ainsi passé de 315 à
353 cm3 par m3 dair en trente ans. Lanalyse de lair
piégé dans les glaces polaires montre que cette augmentation
remonte en réalité au début de lère
industrielle.
Le CO2 est lun des principaux gaz produit par lutilisation
des combustibles fossiles (charbon, gaz, pétrole) dans lindustrie
et les transports. La destruction systématique des forêts
tropicales participe aussi à cette élévation,
et à plusieurs titres : par le dégagement de CO2 dans
l'atmosphère lors des incendies, mais aussi parce que les
végétaux détruits ne jouent plus leur rôle
majeur dabsorption du carbone par photosynthèse.
Le méthane connaît lui aussi une augmentation : sa
concentration a doublé depuis 200 ans et continue de s'élever
au rythme de 1 % par an. Principale cause : l'augmentation des activités
agricoles, avec l'accroissement du cheptel de ruminants et la multiplication
des rizières. Une conséquence de la poussée
démographique, la population mondiale étant passée,
en un siècle, de 1,6 milliard d'habitants à plus 6
milliards aujourd'hui.
A ce bilan déjà lourd, viennent sajouter des
gaz à effet de serre qui jusqualors étaient
absents de l'atmosphère. Les composés chlorofluorocarbonés
(CFC), utilisés durant des années par lindustrie
dans les systèmes de refroidissement, les mousses et les
solvants de nettoyage, se retrouvent ainsi dans la troposphère.
Leur concentration est, certes, 46 000 fois inférieure à
celle du CO2, mais leur contribution dans leffet de serre
se révèle autrement plus efficace. Ils absorbent en
effet 10 000 fois plus le rayonnement infrarouge que le CO2. La
Communauté européenne a interdit depuis 1995 la production
et l'utilisation des CFC car ils ont été rendus responsables
de la destruction de la couche d'ozone stratosphérique. Un
phénomène qui n'a rien à voir avec l'effet
de serre.
Les CFC ne sont pas les seuls nouveaux venus : engrais et carburants
fossiles enrichissent la troposphère en oxyde dazote
à raison de 0,2 à 0,3% par an, tandis que la pollution
fournit généreusement latmosphère en
ozone.
En toute logique, laugmentation des gaz à effet de
serre doit se traduire par un réchauffement planétaire.
Les climatologues estiment ainsi que la température moyenne
de lair pourrait saccroître de 1,2 °C dici
trente ans. Une élévation qui pourrait paraître
négligeable et qui pourtant pourrait perturber toute la machinerie
climatique.
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