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Leffet
de serre
Des gaz indispensables
Cette faculté de réchauffement, la troposphère
la doit à la présence naturelle de gaz absorbeurs
de rayonnement infrarouge, dits « gaz à effet de serre
»***. Il s'agit, en particulier, de vapeur deau, de
gaz carbonique (CO2) rejeté notamment par les êtres
vivants lorsqu'ils respirent et qui représente plus de 70%
des émissions de gaz à effet de serre ou encore
de méthane (CH4). Sans ces gaz, qui retiennent une partie
de la chaleur émise par la surface de la Terre sous l'effet
des rayons du Soleil, la température moyenne de la Terre
avoisinerait les - 18 °C au lieu de + 15 °C ! L'effet de
serre participe ainsi à léquilibre thermique
de la planète.
dans
certaines limites !
Depuis quelques décennies, il ne fait cependant plus aucun
doute que les activités humaines viennent perturber un équilibre
qui sest maintenu durant des millions dannées.
Elles entraînent, en effet, une augmentation de la concentration
des gaz à effet de serre qui atteint aujourdhui un
seuil critique.
Mesuré de manière systématique depuis 1958,
le taux de gaz carbonique est ainsi passé de 315 à
353 cm3 par m3 dair en trente ans. Lanalyse de lair
piégé dans les glaces polaires montre que cette augmentation
remonte en réalité au début de lère
industrielle.
Le CO2 est lun des principaux gaz produit par lutilisation
des combustibles fossiles (charbon, gaz, pétrole) dans lindustrie
et les transports. La destruction systématique des forêts
tropicales participe aussi à cette élévation,
et à plusieurs titres : par le dégagement de CO2 dans
l'atmosphère lors des incendies, mais aussi parce que les
végétaux détruits ne jouent plus leur rôle
majeur dabsorption du carbone par photosynthèse.
Le méthane connaît lui aussi une augmentation : sa
concentration a doublé depuis 200 ans et continue de s'élever
au rythme de 1 % par an. Principale cause : l'augmentation des activités
agricoles, avec l'accroissement du cheptel de ruminants et la multiplication
des rizières. Une conséquence de la poussée
démographique, la population mondiale étant passée,
en un siècle, de 1,6 milliard d'habitants à plus 6
milliards aujourd'hui.
A ce bilan déjà lourd, viennent sajouter des
gaz à effet de serre qui jusqualors étaient
absents de l'atmosphère. Les composés chlorofluorocarbonés
(CFC), utilisés durant des années par lindustrie
dans les systèmes de refroidissement, les mousses et les
solvants de nettoyage, se retrouvent ainsi dans la troposphère.
Leur concentration est, certes, 46 000 fois inférieure à
celle du CO2, mais leur contribution dans leffet de serre
se révèle autrement plus efficace. Ils absorbent en
effet 10 000 fois plus le rayonnement infrarouge que le CO2. La
Communauté européenne a interdit depuis 1995 la production
et l'utilisation des CFC car ils ont été rendus responsables
de la destruction de la couche d'ozone stratosphérique. Un
phénomène qui n'a rien à voir avec l'effet
de serre.
Les CFC ne sont pas les seuls nouveaux venus : engrais et carburants
fossiles enrichissent la troposphère en oxyde dazote
à raison de 0,2 à 0,3% par an, tandis que la pollution
fournit généreusement latmosphère en
ozone.
En toute logique, laugmentation des gaz à effet de
serre doit se traduire par un réchauffement planétaire.
Les climatologues estiment ainsi que la température moyenne
de lair pourrait saccroître de 1,2 °C dici
trente ans. Une élévation qui pourrait paraître
négligeable et qui pourtant pourrait perturber toute la machinerie
climatique.
Ozone
: bonne fée ou mauvais génie
Cette molécule constituée de trois atomes d'oxygène
a des effets bien différents selon qu'elle se trouve dans
la troposphère (environ 16 km d'altitude) ou dans la stratosphère
(environ 40 km d'altitude). A haute altitude, la couche d'ozone
arrête le rayonnement ultraviolet nocif provenant du Soleil,
alors qu'à basse altitude, ce gaz contribue à renforcer
l'effet de serre.
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