Le
dossier
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Le changement climatique |
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Lélévation
de 0,5 °C de la température moyenne à la surface
de la Terre durant le XXe siècle est une réalité
que plus personne ne conteste. Dautres indices sont également
en faveur d'un réchauffement brutal de la planète.
Ainsi, la banquise perd en moyenne 37 000 kilomètres carrés
par an depuis 1978, les glaciers des régions tempérées
reculent de 20 à 30 m par an depuis les années 80,
et le niveau des mers sest élevé dune
dizaine de centimètres depuis le début du siècle.
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C.N.R.S. |
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Néanmoins,
le suivi de tous ces phénomènes est trop récent
pour savoir s'ils sont réellement liés au réchauffement
actuel ou s'ils reflètent la variabilité naturelle du
climat.
A quoi peut-on attribuer ce réchauffement ? Pour le Groupement
intergouvernemental sur lévolution du climat (GIEC),
qui réunit près de 4 000 chercheurs dans le monde, il
ne fait pratiquement plus aucun doute que lhomme joue un rôle
essentiel dans ce changement climatique.
En effet, parallèlement au réchauffement observé,
le taux des gaz à effet de serre dans latmosphère
sest élevé denviron 30%. Or, lanalyse
des carottes glaciaires
montre clairement que les gaz incriminés sont liés à
des activités humaines. Par ailleurs, l'élévation
de la concentration des gaz
à effet de serre coïncide avec le début de
la révolution industrielle. Depuis environ 150 ans, la concentration
de gaz carbonique (CO2) dans latmosphère est ainsi passée
de 280 à 353 cm2/m2 d'air ! Jamais en 160 000 ans, le taux
de CO2 na été aussi élevé. Jamais
non plus son augmentation na été aussi fulgurante
puisque habituellement un tel phénomène se déroule
sur une période de plusieurs milliers d'années.
Les
activités humaines
La variabilité naturelle du climat
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Les activités humaines
Cette poussée soudaine reflète en réalité
le développement économique et social des pays industrialisés
qui, pour satisfaire leurs besoins en énergie, exploitent
à outrance les combustibles fossiles (charbon, pétrole,
gaz naturel), rejetant jusquà vingt fois plus de CO2
que les pays en développement. La production délectricité,
lindustrie, les transports et lhabitat (le chauffage
et la climatisation) libèrent ainsi quelque 5,4 milliards
de tonnes de carbone par an dans latmosphère, ce qui
représente 65 % des émissions totales de CO2. Lindustrie
et les transports produisent également, mais dans une moindre
mesure, d'autres gaz à effet de serre comme les composés
chlorofluorocarbonés (CFC) ou le peroxyde dazote.
Les activités industrielles ne sont pas seules en cause.
Ainsi, la destruction massive des forêts tropicales constitue
la deuxième source d'émission de CO2 dans l'atmosphère.
D'une part, du gaz carbonique est dégagé lors des
incendies ; d'autre part, les végétaux détruits
ne jouent plus leur rôle majeur d'absorption du carbone par
photosynthèse. Ainsi, lexploitation du bois pour le
commerce et le brûlage systématique des forêts
pour augmenter les surfaces de terres cultivables laissent échapper
près de 1,9 milliard de tonnes de carbone par an dans latmosphère,
soit un tiers des émissions de CO2.
Le CO2 n'est pas le seul gaz à effet de serre à connaître
une forte croissance. La concentration de méthane dans l'atmosphère
a ainsi augmenté de plus de 145 % en 150 ans ! Cette augmentation
dépasse largement celles déjà observées
par le passé et qui étaient produites par les sources
naturelles de méthane. Elle est en réalité
une conséquence de la formidable poussée démographique
que lhumanité vient de connaître. En un siècle,
la population mondiale est passée de 1,6 à 6 milliards
de personnes. Très logiquement, cette croissance sest
accompagnée dune extension des activités agricoles
: le développement des rizières et des cheptels de
ruminants, gros producteurs de méthane, rend compte de 20%
des gaz à effet de serre produits actuellement.
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La variabilité naturelle du climat
Aujourd'hui cependant, ni la qualité des mesures, ni
notre connaissance des fluctuations naturelles du climat ne nous
permettent de porter, en toute rigueur, un jugement définitif.
Le climat varie en effet selon des oscillations plus ou moins grandes,
à lorigine parfois de dérèglements climatiques
(El Niño
en est un parfait exemple). Souvent, plusieurs années consécutives
sont anormalement chaudes ou froides. On sait que ces variations
oscillent sur des périodes de quelques années, voire
quelques dizaines d'années. La variabilité naturelle
aurait-elle des raisons de se limiter à des périodes
aussi courtes ? Ainsi, le réchauffement de 0,5 °C observé
au cours des cent dernières années pourrait très
bien refléter une oscillation sétendant sur
plusieurs siècles
Reste que le réchauffement observé aujourd'hui, même
s'il est en partie lié à des fluctuations naturelles
du climat, est très certainement amplifié par les
activités humaines. D'où l'urgence planétaire
d'adopter des mesures concrètes au nom du principe de précaution.
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