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La lutte contre le réchauffement
planétaire
Les conséquences du réchauffement
Si les émissions de CO2 continuent au rythme actuel, la
plupart des modèles informatiques prévoient, pour 2100,
une élévation de la température moyenne à
la surface de la Terre de 2 à 3 °C. Cela pourrait, selon
certains scénarios d'experts, avoir des conséquences
désastreuses.
En effet, le réchauffement de latmosphère augmente
les phénomènes dévaporation. Or, la vapeur
deau constitue le principal gaz à effet de serre***.
Son augmentation dans latmosphère ne ferait donc que
renforcer le réchauffement initial. La hausse des températures
entraînerait alors une fonte plus rapide des glaces polaires
et des glaciers. Celle-ci pourrait conduire à une élévation
du niveau des océans de près de 50 cm, ce qui serait
suffisant pour submerger les deltas ou certains pays comme le Bangladesh.
Une mise en uvre difficile
Dès 1992, 178 pays réunis au Sommet de la Terre
à Rio de Janeiro (Brésil) décident ainsi de ramener
leurs émissions de gaz à effet de serre (GES***) aux
niveaux de 1990. Cette première convention restera pourtant
sans effet : en tant que « convention-cadre », les accords
de Rio ne représentaient que de simples recommandations
Conscients de cela, les membres de l'Organisation des Nations Unies
(ONU) admettent alors la nécessité de se fixer «
des objectifs quantifiés et légalement contraignants
».
En 1997, les représentants de 159 pays réunis, cette
fois, à Kyoto (Japon) parviennent à un accord engageant
38 pays industrialisés à réduire leurs émissions
de GES de 5,2 % en moyenne par rapport à leurs niveaux de 1990,
d'ici 2008-2012.
Les pays du Sud ne sont pas concernés par cet engagement qui,
selon eux, pourrait compromettre leurs chances de développement.
En revanche, les pays industrialisés doivent fournir un effort
proportionnel à leur niveau d'émission de 1990, soit,
par exemple, 0 % pour la France (à cause de son parc nucléaire),
- 6 % pour le Japon et le Canada et - 7 % pour les États-Unis.
Ces derniers (produisant à eux seuls un quart des GES mondiaux)
n'auraient pas signé le protocole de Kyoto sans la pression
de l'Union européenne. En contrepartie, les Américains
exigent que soit mis en place un marché des « permis
d'émissions de GES négociables ». Cela signifie
que les pays ne parvenant pas à remplir leurs objectifs pourraient,
du moins pour partie, acheter aux pays moins pollueurs le droit d'émettre
davantage de gaz à effet de serre. Autant dire que cette «
souplesse » ne manque pas de créer la polémique
parmi les signataires.
Aujourd'hui, soit trois ans plus tard, les modalités d'application
du protocole de Kyoto ne sont toujours pas définies : quelles
pénalités prévoir en cas de non-respect des engagements
? Comment contrôler les émissions de GES ? Faut-il accepter
le principe d'un marché des « droits à polluer
» ? Pour régler ces questions, rendez-vous est pris à
La Haye (Pays-Bas) où se tiendra, en novembre 2000, la prochaine
conférence de l'ONU sur le climat.
Les engagements de la France
Dans bon nombre de pays, la lutte contre le réchauffement
est devenue une « priorité nationale ». Aussi,
ces pays étudient-ils le moyen de respecter leurs engagements.
En France, ce travail a été confié aux experts
de la Mission interministérielle de l'effet de serre (MIES)
dont les conclusions constituent le Programme national de lutte contre
le changement climatique présenté par le Premier ministre,
en janvier dernier.
Transport, habitat, industrie et secteur de l'énergie sont
les gros producteurs de gaz carbonique (CO2). Le Programme national
de lutte contre le changement climatique sappuie sur des mesures
économiques pour transformer ces secteurs, par des incitations
(aides financières lorsque des technologies plus écologiques
sont adoptées) ou des taxes pour décourager les pollueurs
mais aussi sur des mesures « régulatrices incitatrices
et des politiques à long terme (transports) ». Selon
les recommandations de la MIES, l'industrie (responsable en France
de 26 % des GES) devra intégrer une réduction notable
de sa consommation d'énergie.
De même, le développement de voitures plus économes
ou plus « propres » (comme le véhicule électrique
alimenté par une pile à combustible) est vivement encouragé.
Toutefois, améliorer le secteur des transports (responsable
de 22 % des GES), c'est aussi repenser l'aménagement du territoire
afin, par exemple, de limiter les déplacements inutiles. C'est
également développer les transports en commun.
Le rôle de l'habitat est souvent négligé. Il représente
pourtant 17,5 % des émissions de GES. Le chauffage, la climatisation,
la réfrigération et une isolation insuffisante en sont
les principales causes. Aussi, la MIES prescrit-elle un renforcement
des normes.
Quant à la production d'énergie (8 % des GES), les dernières
centrales électriques thermiques (charbon et pétrole)
devraient laisser place à des centrales au gaz, moins polluantes.
Le développement des énergies renouvelables (éolienne,
solaire) est également fortement encouragé.
La lutte contre les gaz à effet de serre ne saurait s'appuyer
uniquement sur le progrès technologique. Elle passe aussi par
une remise en cause de nos modes de vie. Chacun peut, à sa
façon, lutter au quotidien contre l'émission des gaz
à effet de serre, et par là
même, contre le réchauffement de la planète. Conduire
son véhicule avec souplesse, éviter la voiture pour
de courts trajets, privilégier les transports en commun, baisser
le chauffage lorsqu'il n'est pas indispensable, vérifier l'isolation
de son appartement
sont autant de changements dans nos comportements
au quotidien qui, aussi minimes soient ils, pourront avoir des répercussions
concrètes dans la lutte mondiale contre l'émission des
GES.

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