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Echelon,
un réseau d'écoute mondial
Les 22 et 23 février
2000, le Parlement européen examinait un rapport sur le fonctionnement
d'un réseau d'écoute anglo-saxon baptisé
Echelon.
Créé aux États-Unis pendant la guerre froide
pour l'interception des transmissions militaires ou diplomatiques,
Echelon est un réseau capable de surveiller toutes les télécommunications
mondiales (appels téléphoniques, télécopies,
messages transmis par Internet).
L'agence responsable de ce programme, la NSA (National Security Agency)
emploie en Virginie 38 000 personnes, qui traitent les informations
interceptées via des dizaines d'ordinateurs Super Cray. Celles-ci
sont décryptées puis filtrées grâce à
des dictionnaires de mots-clés performants. Des surveillants
des services secrets sélectionnent les messages intéressants
et les envoient au gouvernement américain. D'où l'information
part ensuite vers les services spéciaux américains ou
étrangers et certaines entreprises.
Selon la NSA, ce réseau a pour seule mission de sécuriser
les communications des Américains. Mais il est aujourd'hui
soupçonné d'espionnage industriel. Quant à nos
conversations privées, elles lui sont également accessibles.
L'un des maillons essentiels du réseau anglo-saxon Échelon,
Benhall Site, est situé à Cheltenham (Grande-Bretagne).
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Comment fonctionnent ces « Grandes
oreilles »
120 satellites espions et quelques sous-marins interceptent
les messages circulant entre satellites ou dans des câbles
placés sous l'océan (des manchons équipés
de bobines sont placés sur les câbles et captent les
champs magnétiques émis à l'intérieur).
Ce rôle trouble d'Echelon dans l'espionnage industriel est
sérieusement suspecté par Bruxelles depuis septembre
1998. A cette date, le STOA (Scientific and Technological Option
Assesment) pour la fondation Omega de Manchester publie un premier
rapport sur ce réseau. L'espionnage des communications n'est
pas nouveau et la NSA est depuis longtemps réputée
dans le domaine. Mais cette fois l'ampleur de l'organisation est
inédite : Echelon informerait non seulement des entreprises
aux États-Unis mais également au Canada, en Grande-Bretagne,
en Australie et en Nouvelle Zélande. Des bases d'écoute
seraient installées dans ces pays mais aussi au Japon et
en Allemagne. La Norvège, la Corée du Sud ainsi que
la Turquie recevraient, elles aussi, des informations selon une
étude de la free Congress Research and Education Foundation
qui siège à Washington.
La NSA a envoyé aux membres du Congrès un courrier
dans lequel elle entend démontrer qu'elle a pour seule mission
de sécuriser les communications des Américains et
qu'elle respecte la loi américaine sur la surveillance des
renseignements de l'étranger.
Mais ce discours, auquel le Congrès n'a pas encore réagi,
ne convainc pas le parlement de Bruxelles. Celui-ci dit disposer
de preuves incriminant la NSA et Echelon dans au moins deux affaires
industrielles ayant tourné en faveur des États-Unis
: la perte d'un marché de 1,4 million de dollars par Thomson
au profit de l'Américain Raytheon dans le domaine des radars
au Brésil et le contrat perdu par Airbus en Arabie au profit
de Boeing Mc Donell Douglas.
Par ailleurs, l'existence d'Echelon pose également la question
de l'écoute des conversations privées. Aux États-Unis,
des groupes de défense des libertés civiques s'organisent,
notamment pour obtenir des réponses claires de la NSA. Un
groupe militant contre la surveillance électronique des citoyens
a créé
Est-il, lui aussi, sur écoute ?
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