Les maladies neurodégénératives se caractérisent par l'altération ou la perte de certains neurones. Cela conduit, dans une région particulière du cerveau, au déficit d'un neurotransmetteur : la dopamine, pour la maladie de Parkinson, et l'acétylcholine, pour la maladie d'Alzheimer. Bien que les connaissances sur le cerveau avancent à grands pas, on ne connaît toujours pas aujourd'hui les causes précises de ces maladies.

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  La maladie d'Alzheimer
Diagnostiquer la maladie

La maladie de Parkinson





Les traitements
De l'implantation d'électrodes...
... aux greffes de neurones



La maladie d’Alzheimer

Décrite pour la première fois en 1907 par le docteur Alois Alzheimer, la maladie qui porte son nom est une affection neurodégénérative qui touche les neurones du système nerveux central, provoquant leur mort progressive et irréversible. Il s’ensuit un vieillissement pathologique du cerveau, qui se traduit par une détérioration inéluctable des fonctions cognitives. La maladie débute en général par des troubles de la mémoire, une difficulté à se repérer dans l’espace et le temps et à comprendre le langage. Puis apparaissent des troubles de l’humeur, des comportements inadaptés, une perte progressive des capacités d’autonomie. L’évolution de la maladie conduit à la démence puis, dans un délai très variable, à la mort.
Cette pathologie est liée à l’âge : globalement, dans la population européenne, une personne sur dix est atteinte après 65 ans et une sur cinq après 80 ans. Vu l’augmentation de l’espérance de vie dans les pays industrialisés, la maladie d’Alzheimer risque bien de devenir "la maladie du siècle".




Diagnostiquer la maladie

Si des lésions cérébrales spécifiques caractérisent cette pathologie (atrophie du cortex, présence de plaques séniles, de débris de neurones), celles-ci ne sont visibles qu’à l’autopsie, d’où la difficulté d’affirmer le diagnostic du vivant du patient, d’autant que les manifestations de la dégradation des facultés mentales sont très variables d’un individu à l’autre. Et malgré les nombreuses études sur les protéines particulières retrouvées au niveau des lésions spécifiques ou les études génétiques des rares formes familiales, on ne dispose aujourd’hui d’aucun marqueur biologique permettant de prédire la survenue de la maladie, qui reste malheureusement incurable. En effet, il n’existe actuellement aucun traitement curatif efficace, les seuls médicaments proposés n’agissant que sur les symptômes.
Néanmoins, des marqueurs comportementaux existent. Établis à partir de tests neuropsychologiques, ils permettent d’évaluer précocement des déficits cognitifs, comme une mauvaise orientation spatiale ou un défaut d'attention. Les recherches dans le domaine de la neuropsychologie s’intensifient pour parvenir à dégager des outils de diagnostic précoces. De nombreux instituts spécialisés se créent et les associations de familles de malades se mobilisent *. L’enjeu est crucial si l’on veut pouvoir un jour mettre en place des thérapeutiques efficaces, voire des actions préventives : améliorer l'état des malades ou au moins retarder l’évolution de la maladie, faciliter la vie quotidienne des personnes atteintes et de leur entourage.
Reste le redoutable problème socio-économique posé à nos sociétés par cette maladie, dont la prévalence ne peut qu’augmenter.
* Association France Alzheimer, 21, bd Montmartre 75002 Paris.




La maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative qui touche près de 100 000 personnes en France. Elle débute en général entre 55 et 65 ans, mais 5 à 10 % des cas concernent des sujets plus jeunes *. Depuis sa description en 1817 par James Parkinson, ses causes demeurent inconnues. Cette pathologie se traduit par une destruction lente et progressive des neurones d’une certaine région du cerveau (la substance noire). Ces neurones produisent un neurotransmetteur essentiel, la dopamine, qu’ils libèrent dans une région voisine (le striatum) impliquée dans le contrôle de la motricité. Leur dégénérescence entraîne une diminution de la production de dopamine, à l’origine des symptômes moteurs caractéristiques de cette pathologie : tremblements des membres au repos, rigidité musculaire, ralentissement ou impossibilité des mouvements. L’évolution de la maladie conduit à une invalidité majeure, au coût social élevé.
* Association France Parkinson, 37 bis rue La fontaine 75016 Paris.




Les traitements

Le traitement classique, mis au point au début des années 60, consiste en l’administration d’un précurseur de la dopamine, la L-Dopa, médicament dont l'efficacité décroît au fil des années. Résultat : il faut régulièrement augmenter la dose de médicament, ce qui entraîne des effets secondaires gênants, tels que des mouvements involontaires.
D’où la recherche, depuis une dizaine d’années, de nouvelles approches thérapeutiques. Diverses stratégies font actuellement l’objet d’essais cliniques ; elles visent soit à intervenir directement sur les régions du cerveau touchées par le manque de dopamine, soit à provoquer l’augmentation le taux de dopamine.




De l'implantation d'électrodes…

Une technique de stimulation intra-cérébrale, développée par une équipe de l’Inserm à Grenoble, consiste à implanter chirurgicalement des micro-électrodes (alimentées par piles) au niveau d'une région du cerveau (le sub-thalamus) devenue hyperactive suite au manque de dopamine. Objectif : inhiber de façon réversible, grâce à des décharges électriques, cette région impliquée dans la commande motrice. L’amélioration spectaculaire des symptômes permet au sujet de retrouver une autonomie et même de reprendre une activité professionnelle (voir audiovisuel dans l'espace Actualités-Débats). Mais la technique est très lourde (l'opération dure une dizaine d'heures) et son coût très élevé : 50 000 francs pour la mise en place des électrodes dans un seul hémisphère, non remboursé par la Sécurité Sociale.




… aux greffes de neurones

Autre traitement à l’essai : la greffe, au niveau du striatum, de neurones (issus de fœtus humains) producteurs de dopamine. Bien qu’inégaux, les résultats d’études cliniques menées depuis une dizaine d’années en Suède et en France indiquent une certaine efficacité : apparemment les neurones transplantés se différencient et survivent assez longtemps, libérant de la dopamine en quantité suffisante pour induire une réelle amélioration des symptômes. De tels essais se développent activement aux États-Unis et en Europe, où un réseau fédérant de nombreux centres, le réseau Nectar (Network of european CNS transplantation and regeneration), va démarrer, dans le courant de l'année 2000, un nouvel essai clinique.
En dépit de résultats prometteurs, cette technique est aujourd'hui limitée pour des raisons pratiques (seuls 5 à 20 % des neurones transplantés survivent), autant qu'éthiques. De ce fait, d'autres protocoles faisant appel à d'autres types de cellules (par exemple, à des cellules souches neurales) sont actuellement testés chez l’animal. Ils consistent à modifier génétiquement les cellules in vitro, afin de leur faire produire de la dopamine, puis à les greffer au niveau du striatum. Des essais menés chez le rat par une équipe du CNRS à l'hôpital de la Salpétrière (à Paris) ont donné des résultats jugés encourageants.