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Les
toxi-infections alimentaires : l'exemple de la listériose
La listériose
est une maladie rare - elle touche chaque année en France
un peu plus de 200 personnes, soit environ quatre personnes par
million d'habitants -, mais sévère, entraînant
la mort dans 20 à 30% des cas. À l'origine de cette
infection, une bactérie connue depuis les années 20
: Listeria monocytogenes, pathogène pour l'homme contrairement
aux autres espèces de la famille des Listeria.
La listeria
: une bactérie corriace et omniprésente
Listeria monocytogenes est un micro-organisme particulièrement
résistant et opportuniste.
On la trouve dans la terre, les plantes, l'eau, les ensilages
Elle subsiste aussi dans les milieux les plus hostiles, et elle
peut infecter un grand nombre d'espèces animales (mammifères,
rongeurs, oiseaux, poissons, reptiles
). Bien que sa température
optimale de croissance soit comprise entre 30 et 37°C, elle
peut se multiplier entre -2 et 45°C. Mais elle est détruite
à 60°C. On sait aujourd'hui qu'une large variété
d'aliments peut être infectée : produits laitiers non
pasteurisés, fromages à pâte molle (Listeria
monocytogenes affectionne particulièrement les croûtes),
charcuteries, crudités, viandes, et même certains poissons
et coquillages. Bien que la bactérie soit détruite
à la chaleur, les aliments cuits ne sont pas à l'abri
d'une re-contamination lors d'un contact avec d'autres aliments,
en particulier dans le réfrigérateur où la
température de -4°C n'est pas à même de
stopper la multiplication de Listeria monocytogenes contrairement
à la plupart des bactéries.
La listériose
: une maladie sévère
La listériose se manifeste par des symptômes pseudo-grippaux
(fièvre, maux de tête, douleurs musculaires), des troubles
digestifs (diarrhées, vomissements). Elle est particulièrement
dangereuse chez les personnes dont les défenses immunitaires
sont diminuées (nouveaux-nés, vieillards
). Elle
peut alors provoquer des septicémies ou des atteintes cérébrales
(méningites, encéphalites
) laissant souvent,
chez les survivants, des séquelles neurologiques.
La plupart du temps, l'infection se manifeste de manière
sporadique et son origine est alors difficilement identifiable.
Il arrive cependant que la listériose prenne une forme épidémique.
Au cours des deux dernières décennies, l'Europe a
ainsi connu trois grandes épidémies. En Suisse, tout
d'abord, où, entre 1983 et 1987, un fromage à pâte
molle (le "vacherin") contamina 122 personnes et en tua
31. Au Royaume-Uni et en Irlande, ensuite, où, par le biais
d'un pâté, la listériose toucha entre 1987 et
1989 plus de 300 personnes. Enfin, en 1992, une langue de porc en
gelée fut responsable en France de 279 contaminations dont
63 décès et 22 avortements.
sous
haute surveillance.
Malgré ces épisodes
épidémiques, la listériose est en nette décroissance depuis une
dizaine d'années. En France, on est passé de 457 cas en 1992 à 230
en 1998 et ce, grâce à un renforcement des mesures sanitaires. La
surveillance de la listériose humaine repose sur le Centre national
de référence des listeria et l'Institut de veille sanitaire .Objectif
: détecter les épisodes épidémiques, participer à la détermination
des aliments responsables de l'infection, évaluer l'incidence annuelle
de la listériose. Par ailleurs, les contrôles se sont renforcés
en amont de la consommation, à différentes étapes de la chaîne de
production, en vue de garantir au consommateur un seuil de moins
de 100 Listeria monocytogenes/gramme d'aliment dans son réfrigérateur.
Seuil au delà duquel l'aliment devient potentiellement dangereux.
Mais cela sous-entend que le consommateur adopte lui-même des mesures
élémentaires (maintien de la chaîne du froid, lavage soigneux des
légumes…) afin de ne pas favoriser la multiplication des bactéries,
et qu'il respecte les dates limites de consommation.
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