|
Les risques chimiques alimentaires
Nos aliments
peuvent être contaminés accidentellement par des composés
chimiques toxiques, produits notamment par les activités
agricoles et industrielles : pesticides, métaux lourds (cadmium,
plomb), dioxines
La plupart des intoxications chimiques répertoriées
résultent d'intoxications aiguës. On manque encore de
recul pour apprécier les effets à long terme de certains
produits (comme les pesticides).
Les dioxines
Le mot "dioxine" a été "popularisé"
en 1999 lors de "l'affaire des poulets belges" : des poulets
avaient été contaminés à la dioxine
à des taux 1 500 fois supérieurs à la norme
autorisée. De l'huile de vidange avait été
introduite dans les graisses servant à l'alimentation des
poulets
mais aussi d'autres animaux comme les porcs ou les
bufs. Résultat : le 2 juin 1999, la Commission européenne
bloquait en Belgique plus de 400 élevages de poulets, 500
élevages de porcs et 150 de bovins dans l'attente d'analyses
complémentaires...
Par le terme "dioxines", on désigne une famille
de composés aromatiques très solubles dans les graisses
et peu solubles dans l'eau. Sous-produits de certains composés
chlorés (dont les PCB ou polychlorobiphényles), elles
se forment également lors de tout processus de combustion,
de l'incendie de forêts à l'incinération des
déchets.
Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), l'exposition
humaine aux dioxines est presque exclusivement alimentaire (90%)
. Elles se retrouvent ensuite dans les tissus adipeux, le foie,
les muscles et les reins. L'analyse de cohortes humaines exposées
accidentellement (ou professionnellement) aux dioxines a montré
qu'elles étaient responsables d'une maladie de peau chronique
appelée chloracné (contre laquelle les anti-acnéiques
locaux sont inefficaces). D'autres effets ont été
observés, dont l'augmentation de la fréquence de certains
cancers, mais sans qu'il soit possible de les attribuer clairement
aux dioxines.
Afin de limiter les rejets de dioxines lors de l'incinération
des ordures ménagères,, les normes européennes
en vigueur depuis 1991 ont été renforcées en
1997 par la fixation d'une valeur limite d'émission de dioxines
de 0,1 nanogramme/mètre cube pour les nouveaux incinérateurs
de déchets ménagers. D'autre part, considérant,
précaution oblige, que les dioxines sont des produits toxiques,
l'OMS a fixé une limite aux doses admissibles d'ingestion
de ces produits : 0.028 µg/kg/semaine·
Les "
métaux lourds "
- Le mercure
La majorité de la contamination humaine provient de certains
poissons (comme le thon) et autres produits de la mer. Les Japonais,
gros consommateurs de poissons, ont connu un épisode grave.
Entre 1932 et 1968, la baie de Minamata a été fortement
polluée au mercure (près de 27 tonnes ont été
déversées par l'industriel Chisso Corp). Résultat
: plusieurs milliers de personnes empoisonnées et des dizaines
de morts. L'intoxication aiguë au mercure se caractérise
par des diarrhées et des vomissements sanglants, associés
à des troubles nerveux pouvant conduire à un coma
irréversible ; l'intoxication chronique se manifeste par
des troubles de la vision et une mauvaise coordination des mouvements.
Selon l'OMS, la dose tolérable en mercure est de 5µg/kg/semaine.
- Le cadmium
Engrais phosphatés, boues d'épandage, pollution industrielle
sont responsables de la présence de cadmium dans les sols.
95% de la contamination humaine est d'origine alimentaire : eau,
denrées végétales (fruits, légumes,
céréales), mollusques et crustacés sont les
principaux fournisseurs de cadmium. Ce métal s'accumule dans
nos reins et notre foie tout au long de la vie. Sa toxicité
se manifeste par des atteintes rénales graves. La dose tolérable
de 7µg/kg/semaine est difficilement " dépassable
"
sauf peut-être pour les gros fumeurs (la cigarette
contenant du cadmium).
- Le plomb
Les voies de contamination de l'homme par le plomb sont multiples
: canalisations d'eau, carburants, pour ne citer que les vecteurs
majeurs de contamination. La dose hebdomadaire tolérable
édictée par l'OMS est de 25µg/kg/semaine. Son
ingestion provoque une maladie appelée saturnisme, présente
notamment à Paris, chez les jeunes enfants habitant des appartements
anciens et souvent insalubres, dont la peinture contient du plomb
: ils s'intoxiquent en portant à la bouche les écailles
qu'ils grattent ou qui se détachent des murs. Parmi les effets
toxiques du plomb : coliques, nausées, anémie, difficultés
motrices, troubles nerveux
Comme le cadmium, ce métal
est stable dans notre organisme.
D'autres risques
chimiques
- Les pesticides
Utilisés en agriculture contre les insectes ravageurs et
les mauvaises herbes, fongicides, insecticides, herbicides sont
souvent des produits persistants et toxiques (irritations des yeux,
de la peau, effets neurotoxiques, cancérigènes
).
Des molécules comme le DDT sont désormais interdites
quoique encore utilisées en Afrique du fait de leur faible
coût. Depuis quelques années, des molécules
plus efficaces à faibles doses sont recherchées pour
ne pas contaminer les cultures (et donc la chaîne alimentaire).
- Les HAP
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques se retrouvent dans le
pétrole. Cancérigènes, ils apparaissent dans
les produits de combustion des graisses. Charcuterie, saumon fumé,
viande cuite au barbecue sont concernées. Il n'y a pas de
dose limite édictée pour les HAP. Il suffit de ne
pas abuser de ces aliments.

|