Le
dossier
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L'alimentation sous contrôle |
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Face aux crises
alimentaires, il est nécessaire de pouvoir se reposer sur
l'avis d'experts. En France, en Europe et dans le monde, des instances
spécialisées dans l'évaluation des risques
sanitaires s'organisent.
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En France
C'est l'Agence française de la sécurité
sanitaire des aliments (Afssa)
qui a pour mission d'évaluer, à la demande des pouvoirs
publics ou des associations agréées de consommateurs,
les risques sanitaires liés à l'alimentation.
L'Afssa exerce des activités
d'expertise et de recherche en matière d'alimentation humaine
et animale. Mise en place en mars 1999 suite à la loi du
1er juillet 1998 visant à renforcer la sécurité
sanitaire, l'Afssa
regroupe l'ancien Cneva (Centre national d'études vétérinaires
et alimentaires) ainsi que différents comités d'experts
créés au cours des cinquante dernières années
par les ministères concernés par l'alimentation. "L'Agence
est là pour harmoniser l'administration sanitaire française
et regrouper les différents acteurs de l'évaluation
des risques alimentaires. Consultée pour émettre des
recommandations, l'Afssa
reçoit quasiment une demande par jour de la part des services
des ministères
de la Santé, de l'Agriculture et de la Consommation",
précise son président, Bernard Chevassus, directeur
de recherche à l'Inra .
L'Agence a accès aux enquêtes menées par la
direction générale de l'alimentation (DGAL), ce qui
représente une masse d'informations considérable :
70 000 analyses par an sont réalisées dans le cadre
du contrôle et de la surveillance des aliments.
L'Afssa donne son
avis mais la gestion du risque alimentaire est du ressort des ministères.
A l'exception des médicaments vétérinaires,
pour lesquels l'Afssa
a un pouvoir direct de contrôle.
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A l'échelle européenne
Un comité scientifique conseille la Commission européenne.
Il est actuellement présidé par un Français
: Gérard Pascal, directeur de recherche à l'Inra
. La Commission formule ensuite des propositions sur le maintien,
le retrait ou encore l'étiquetage des aliments, mais uniquement
lorsque l'Union Européenne est mieux placée que les
États membres pour entreprendre une action efficace. Ses
propositions sont ensuite soumises au Conseil des ministres et au
Parlement européens, qui partagent le pouvoir de décision
dans la plupart des domaines.
Pour le moment, le positionnement de ce comité scientifique
par rapport aux diverses agences et institutions nationales chargées
de la sécurité des aliments n'est pas clair et devra
être tranché : soit, comme le propose la Commission
de l'Union européenne, on met en place une "Autorité
alimentaire européenne" qui travaillera en étroite
collaboration avec les agences nationales ; soit on se dirige vers
un organisme indépendant, une agence unique à l'américaine,
comme la FDA (Food and Drug Adminsitration). C'est le Parlement
européen qui devra trancher cette question. La France, qui
le préside jusqu'au 31 décembre 2000, pourrait bien
avoir à gérer cette transformation.
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A l'échelle internationale
L'Organisation mondiale pour la santé et l'Organisation
des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation réunissent
leur compétences au sein d'une commission déléguée
à l'alimentation : le codex alimentarius, autorité
forte sur la place internationale. Cette commission est composée
de membres de gouvernements nationaux. Pour mener à bien
sa mission d'expertise, elle s'appuie de plus en plus sur des études
réalisées par des comités scientifiques indépendants
(sur les additifs
alimentaires, les médicaments vétérinaires,
les pesticides
).
Même si la Commission du codex alimentarius ne formule que
des recommandations, beaucoup de pays de l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) se rallient à ses décisions en cas
de litiges. Il faut savoir, néanmoins, que les règles
de l'OMC imposent une libre circulation des marchandises, sauf si
elles sont facteurs de risques écologiques ou sanitaires.
Ainsi, pour refuser un produit, par exemple du maïs transgénique,
le pays importateur doit prouver sa nocivité par des études
scientifiques. L'OMC ne tient pas compte, en effet, des raisons
de politique nationale
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