janvier

Animal domestique bien-être humain

Question

Comment les animaux de domestiques ou de compagnies arrivent à apporter du bien êtres aux hommes ?

Réponse

Bonjour

Votre question nous a été transmise par le service Eurekoi en raison de sa thématique.

Vous vous intéressez à la médiation animale et souhaitez savoir comment l’animal peut apporter du bien-être à l’être humain.

Nous vous proposons tout d’abord une sélection bibliographique réalisée par les bibliothécaires de la Bibliothèque des sciences et de l’industrie (BSI) : L’animal pour thérapie : quand la présence du chien ou du chat fait du bien
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/ressources-en-sante/selections-documentaires/lanimal-pour-therapie-quand-la-presence-du-chien-ou-du-chat-fait-du-bien/

Nous attirons plus particulièrement votre attention sur la partie consacrée à la sélection de sites internet.
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/ressources-en-sante/selections-documentaires/lanimal-pour-therapie-quand-la-presence-du-chien-ou-du-chat-fait-du-bien/videos-sites-web/

Nous vous proposons ensuite des extraits d’articles qui vous permettront de comprendre ce que les animaux domestiques peuvent apporter en terme de bien-être : 

- La médiation animale à visée thérapeutique / Morgane Doudet. - Soins Aides-Soignantes (Volume 16, numéro 89, pages 24-25, juillet 2019)

Dans les années 1950, le pédopsychiatre Boris Levinson théorise la zoothérapie à partir de l’observation des interactions entre un enfant présentant des troubles du spectre de l’autisme et son propre chien, Jingles. La pet therapy (“zoothérapie”) est une démarche thérapeutique qui utilise un animal familier et éduqué comme médiateur.
Ce n’est pas l’animal qui est thérapeutique : il joue le rôle de médiateur entre le patient et le thérapeute. Le mot “médiation” vient du latin mediare qui signifie s’interposer. Il s’agit en effet d’une technique visant à résoudre une incapacité à communiquer entre deux parties, grâce à l’introduction d’un intermédiaire. Dans cet espace, le professionnel et le patient partagent un élément en commun : l’objet médiateur.
L’objet médiateur peut être soit concret (jouet, instrument de musique, papier, crayon, etc.), soit culturel (écoute musicale, peinture, etc.). Il constitue, dans tous les cas, le représentant de la relation entre le professionnel et le patient utilisé dans un but thérapeutique réfléchi et adapté. Son rôle principal sera de faciliter l’interaction sociale, qu’elle soit verbale ou non verbale, et de créer également un espace permettant l’expression des émotions.
L’animal constitue un formidable médiateur : « L’animal ne se nourrit pas d’attentes idéalisées envers les humains, il les accepte pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être » [1]. L’animal vient rassurer le patient, le réconforter, le défendre contre l’angoisse. Si l’homme se sent en sécurité et en confort au sein de la relation avec l’animal alors nous pouvons parler de l’existence d’un lien d’attachement entre l’homme et l’animal qui est le socle de toute action bénéfique.
La médiation animale doit être différenciée des thérapies assistées par l’animal et des activités associant l’animal (encadré 1 ). […]

https://www.em-consulte.com/article/1305140/la-mediation-animale-a-visee-therapeutique

- La place de l’animal dans la médiation / Patrick Adolf, Sylvie Sengelen. - L'aide-soignante (Volume 33, numéro 210, pages 12-14, octobre 2019)

Exemples de bénéfices en médiation par l’animal
La sphère psychocomportementale
La présence d’un chien lors des séances de MA a généralement pour effet d’adoucir l’humeur des participants en déclenchant de la joie ou toute autre forme d’émotion. Il n’est pas possible en effet de tricher avec l’animal. Le ressenti et l’émotion se traduisent directement par notre réaction corporelle qui est spontanée et incontrôlable.
Le chien est un véritable médiateur de la relation sociale et un régulateur émotionnel. L’expérience montre que la relation à l’animal peut apaiser un individu qui aurait une attitude colérique ou agressive en faisant émerger des comportements plus protecteurs et attentifs. Plus généralement, elle favorise la diminution du stress et de l’anxiété par le biais de l’affection inconditionnelle qu’offre l’animal non jugeant. Même une personne n’ayant pas une attirance très forte envers les animaux se retrouve spontanément touchée à la vue d’un chiot ou d’un chaton.
La présence de l’animal peut également favoriser l’ancrage : par le biais de l’attachement, elle permet d’inscrire le bénéficiaire dans une perspective d’évolution, et donc d’amorcer un progrès.
Face à des personnes craintives, des séances répétées créent progressivement un lien avec l’animal par le biais d’un objet médiateur comme une balle ou des croquettes ; l’appréhension s’estompe peu à peu et la personne a alors le sentiment d’être revalorisée en prenant conscience de ses progrès et de sa capacité à contribuer au bien-être de l’animal. Ces moments interactifs renforcent l’estime de soi et confèrent à la personne un sentiment d’utilité.
L’animal est donc un médiateur apaisant propice à la mise en place d’un comportement adapté pour pouvoir créer cette relation désirée : une relation d’intimité.
La sphère langagière et cognitive
La présence de l’animal, notamment auprès d’un public âgé, peut permettre la réminiscence de souvenirs d’enfance (à la ferme, chez les grands-parents, etc.) et la réactualisation d’un savoir-faire. Celle-ci s’opère alors immédiatement et spontanément (portage, caresses). De plus, prendre soin de l’animal par le biais d’activités apprises développe les capacités cognitives par la nécessité de se remémorer les différentes étapes du soin, du nourrissage. La similarité ou, à l’inverse, la différence avec le milieu familial, le quotidien ou le passé peut aussi être un facteur de stimulation de la parole (par exemple : « Moi, j’ai un chat à la maison »).
La MA est donc source de verbalisation chez le bénéficiaire qui peut s’adresser soit au référent ou à l’IMA, soit à l’animal lui-même. Celui-ci sert alors de tiers pour évoquer des moments marquants, douloureux ou heureux de sa vie passée : l’individu peut projeter son propre ressenti sur l’animal et le verbaliser comme étant celui de ce dernier, ce transfert rendant néanmoins compte de son propre état émotionnel à l’instant t (« Tu es tout triste toi aussi »).
La sphère psychomotrice et pratique
L’animal provoque souvent des réactions pulsionnelles et instinctives, allant du réflexe de fuite à l’envie de le toucher et le caresser. Ce simple contact est en soi une stimulation des sens (vue, ouïe, odorat, toucher) qui peut favoriser l’intégration du schéma corporel par une prise de conscience de son corps.
Les échanges avec l’animal (le nourrir, le caresser, etc.) sollicitent le corps et contribuent à le dynamiser, permettant ainsi une amélioration de la praxie (adaptation des mouvements au but visé), une meilleure maîtrise spatio-temporelle. Enfin, la motricité oculaire, indispensable pour s’assurer que l’animal est prêt à être sollicité, est également stimulée.
La présence de certains animaux fait aussi (ré)apparaître des attitudes de maternage et apaise l’individu lorsqu’il berce l’animal. Au-delà d’être tranquillisée, la personne réactualise un savoir-faire et une mémoire corporelle (personne âgée) ou symbolique (enfant).
Les différentes activités incluant le déplacement du bénéficiaire participent à développer chez lui le sens de l’orientation, l’autonomie et sa motricité générale (parcours avec le chien).
La sphère sociale
Le mode de communication utilisé entre le bénéficiaire et l’animal ne diffère pas du mode de communication classique et participe alors à une certaine réhabilitation sociale.
La simple présence de l’animal permet l’instauration rapide d’un contact et augmente le nombre et la qualité des interactions (verbales, visuelles, corporelles) entre les bénéficiaires, la famille ou le personnel. Grâce à la MA, le bénéficiaire se défait alors de son étiquette d’individu dépendant ou vulnérable pour devenir un être ordinaire, responsable et capable aux yeux de son entourage.
Les déambulations de l’animal d’un bénéficiaire à un autre sont une source d’interactivité, notamment de réactions d’entraide et de coopération, qui favorisent les liens entre individus. Celles-ci peuvent spontanément apparaître (par exemple entre deux résidents, l’un confiant et l’autre moins rassuré) où l’animal est un vecteur de valorisation et d’échange, permettant de surmonter des difficultés pour créer une forme de sympathie interindividuelle.
De plus, l’animal peut jouer un rôle auprès des familles aidantes, souvent enfermées dans un quotidien lourd et immuable, qui trouvent en l’animal un retour à la spontanéité, à la surprise et à la joie d’un moment partagé avec le bénéficiaire.

https://www.em-consulte.com/article/1325106/la-place-de-l-animal-dans-la-mediation

Le travail en triangulation avec le chien / Philippe Leroy - L'aide-soignante (Volume 33, numéro 210, pages 15-16, octobre 2019)

Suivi à visée thérapeutique
Le suivi intégré avec un animal satisfait le besoin émotionnel fondamental du bénéficiaire, lié au toucher ou à l’intimité d’une relation enveloppante.
L’animal permet, face à une difficulté, d’alléger la pression qui s’exerce sur le patient. Ainsi, l’intervenant en médiation animale (IMA) privilégiera par exemple des expressions telles que « Je pense que Cooki aimerait que vous lui lanciez la balle », qui apportent une détente et stimulent l’écoute, à des injonctions plus directes, comme « Prenez la balle », qui peuvent être interprétées comme un ordre.
La présence d’un animal structure l’interaction entre le thérapeute et le patient en orientant l’attention de celui-ci et en favorisant la confiance. Elle permet également de développer la capacité de concentration des patients porteurs de troubles cognitifs, en diminuant les éléments de communication parasites, comme des échanges saturés en éléments verbaux.
La présence de l’animal permet de travailler la peur, la confiance en soi, la convivialité, la réciprocité et d’apporter du sens dans les séances. Elle introduit également une part d’humour et de souplesse dans les interactions parfois rigides et sérieuses. […]

https://www.em-consulte.com/article/1325107/le-travail-en-triangulation-avec-le-chien

Nous espérons que ces éléments d’information vous seront utiles et restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé 
http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/lieux-ressources/cite-de-la-sante/

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