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Ariane 6, un nouveau souffle pour le spatial

Ce fut une décision difficile, mais elle est enfin prise : l’Europe va construire un nouveau lanceur spatial. Ariane 6 sera le fer de lance de l’astronautique européenne dans les années à venir.

C’est le 2 décembre que se réunissait à Luxembourg le Conseil européen des ministres en charge de l’espace pour décider de l’avenir des lanceurs européens. La dernière décision de ce genre date de 1995, avec le lancement du programme Ariane 5. Mais depuis, le marché des lanceurs a beaucoup évolué, avec la montée en puissance des lanceurs chinois et surtout des sociétés privées américaines, dont SpaceX qui casse littéralement les prix du marché grâce aux subventions de l’Etat américain. Les Européens avaient décidé en 2012, à Naples, de revoir leur politique de lancement, et l’accord du 2 décembre marque la fin de négociations difficiles entre les différents partenaires. La nouvelle Ariane emprunte un peu à tous les lanceurs européens, alors qu’au départ, il était question de faire table rase du passé et de construire un lanceur complètement nouveau.

Un lanceur modulable

Extérieurement, Ariane 6 est assez semblable aux Ariane 4 qui, de 1988 à 2003, ont lancé la plupart des satellites européens. C’est d'ailleurs ce lanceur qui avait permis à l’Europe de détenir près de 60 % du marché des lancements. Ariane 6 utilisera en guise de premier étage deux ou quatre propulseurs à poudre, chargés chacun de 120 tonnes de carburant. Le second étage sera dérivé de l’étage principal d’Ariane 5 et utilisera un mélange d’hydrogène et d’oxygène liquide. Le moteur Vulcain 2 est lui aussi dérivé de celui d’Ariane 5. Le troisième étage emportera 30 tonnes d’oxygène et d’hydrogène, et sera propulsé par le moteur Vinci en cours de développement. Selon la version employée, à deux ou quatre propulseurs d’appoint, la charge utile en orbite de transfert géostationnaire sera de 5 à 10,5 tonnes.

Le premier lancement d’Ariane 6 est prévu pour 2020. Une Ariane 6 à quatre propulseurs à poudre devrait revenir à 115 millions d’euros pour une charge utile de plus de 10 tonnes, un prix inférieur à celui de la principale société concurrente SpaceX. La décision de construire ce nouveau lanceur doit beaucoup à un regroupement d’industriels, Airbus et Safran, qui ont décidé de mettre en commun leur expérience pour proposer leur propre architecture du futur lanceur européen. Leurs recommandations ont été largement écoutées et cela indique clairement une montée en puissance des industriels dans les choix technologiques européens.

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