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Caviardage royal

De la fin juin 1791 à la fin juin 1792, alors que la famille royale est en résidence surveillée aux Tuileries, la reine Marie-Antoinette et le comte de Fersen ont échangé une correspondance secrète. Une partie de ces lettres qui était codée a pu être déchiffrée. Mais sur d’autres lettres, le texte est incomplet car il a été en partie masqué par ce qu’il est convenu d’appeler un caviardage, c’est-à-dire de belles ratures. La difficulté pour découvrir ce qui se cache derrière tient à la similitude des encres utilisées. Des cartographies chimiques viennent d’être réalisées sur la lettre datée du 4 janvier 1792. Grâce à de légères variations dans les concentrations de cuivre entre les deux encres, la technique dite de « fluorescence de rayons X sous micro faisceau » a permis de distinguer les deux niveaux d’écriture et d’extraire le texte original. Ce qui a été biffé n’est pas un secret d’état mais des mots d’amour dont l’orthographe aujourd’hui surprend : « je vais finire non pas sans vous dire mon cher et bien tendre ami que je vous aime a la folie et que jamais jamais je ne peu être un moment sans vous adorer ».

Quant à savoir qui est l’auteur de ce caviardage, le mystère demeure : est-ce un repentir de la reine, une pudeur du comte ou de son petit neveu qui publiera en 1877 cette correspondance ?

L’équipe du Centre de recherche sur la conservation qui a conduit l’étude souhaite poursuivre ces investigations sur l’ensemble de la correspondance de la reine. Plus largement, les techniques utilisées vont pouvoir être appliquées à d’autres documents historiques.

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