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Contre l'effet de serre : faut-il enfouir le CO2 ?

Le GIEC vient d'apporter son soutien à l'idée d'enterrer une partie de nos rejets de CO2. Une option qui ne fait pas l'unanimité, et qui ne sera de toutes façons pas facile à appliquer.

Une piste de recherche activement explorée

Fuite en avant technologique ou bouée de sauvetage pour un climat en perdition ? En tous cas, l'idée d'ensevelir sous des couches géologiques étanches une partie du CO2 que nous émettons, afin de l'empêcher de perturber le climat, fait l'objet depuis environ une décennie d'une recherche fiévreuse.

Distribution des sources émissives de CO2 dans le monde Selon une étude du GIEC, la plupart des sources de CO2 sont situées à moins de 300 Km d'un site géologique favorable à son stockage. © D'après IEA, GHG, GIEC

Les Etats-Unis, qu'on sait peu enclins à changer leur mode de vie très émetteur en gaz à effet de serre, sont particulièrement intéressés : le Department of Energy (DoE), sorte de ministère de l'Energie américain, a investi 100 millions de dollars en recherche et développement dans ce domaine, et George Bush – qui refuse toujours le protocole de Kyoto – cite régulièrement ces travaux.

Mais l'Europe n'est pas en reste : de nombreux programmes de recherche, financés à un niveau comparable, sont également en cours, comme l'a montré un colloque international récent, qui s'est tenu à Paris. La France, via l'Institut Français du Pétrole (IFP), prend une part non négligeable dans ce travail. L'ensemble de ces travaux a récemment été épluché par le GIEC, institution internationale d'expertise climatique reconnue indépendante des Etats. Et le verdict est clair : « la capture et le stockage du carbone (CSC) offre la possibilité de réduire nos émissions de façon moins coûteuse et plus souple », écrit le GIEC dans son rapport.

La cible : environ 7000 installations industrielles

© David McNew/Liaison/Sipa

Rappelons l'enjeu : les scientifiques estiment qu'il faut, au niveau de la planète, diviser par deux nos émissions de gaz à effet de serre dans les 50 années à venir, pour maintenir le changement climatique dans des limites gérables. Ce qui, pour respecter l'équité internationale, signifie que les pays développés devraient pour leur part les diviser par quatre, un objectif auquel les autorités françaises souscrivent officiellement. Or les 5000 plus grosses centrales thermiques de la planète, auxquelles il faut adjoindre quelque 2000 cimenteries, aciéries et raffineries émettent plus de 13 milliards de tonnes de CO2 par an, sur un total d'environ 30 imputables à l'homme. Autrement dit ces installations géantes sont responsables de près de la moitié des émissions humaines. Elles constituent donc une cible privilégiée pour cette technologie de la CSC.

Comment ça marche ?

Les principales options pour la capture, le transport et le stockage géologique du CO2 Dans les usines émettrices de CO2, le gaz carbonique est capturé par séparation du CO2 des autres gaz qui se trouvent dans les fumées (1). Il est ensuite compressé et transporté par pipeline ou bateau (2) jusqu'à son lieu de sotckage (3) : des aquifères salins profonds, des gisements de pétrole ou de gaz en voie d'épuisement ou des veines de charbon inexploitées. © ADEME

La capture et le stockage du carbone (CSC), comme son nom l'indique, est en fait une fusée à deux étages. Le premier, celui de la capture, consiste à séparer le CO2 du reste des gaz émis par la combustion (principalement de l'azote). Il existe plusieurs techniques de séparation qui en sont d'ores et déjà au stade commercial, bien qu'il faille les adapter plus précisément au contexte particulier des centrales thermiques (et notamment aux énormes volumes en jeu).

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