SCIENCE ACTUALITÉS.fr

Le magazine qui se visite aussi à la Cité des Sciences

Actualités
Espace & Astronomie

De l’eau en ébullition à l’origine des ravines martiennes ?

Comment les ravines observées sur Mars ont-elles pu se former alors que l’eau liquide ne peut exister à la surface de la planète rouge. En simulant le phénomène en laboratoire, la géologue Marion Massé a peut-être trouvé une explication.

Des ravines martiennes observées par la sonde américaine MRO© NASA

Les écoulements martiens observés par différentes sondes en orbite laissent les scientifiques perplexes. Sur Mars, en effet, la pression est si faible que la présence d’eau sous forme liquide près de la surface paraît impossible. En septembre dernier, des chercheurs ont suggéré que les traces observées pourraient avoir été provoquées par une eau fortement salée. La présence de sels à haute dose permettrait en effet au liquide de subsister un certain temps avant de s’évaporer.

Ébullition froide

Mais dans la revue Nature, la géologue française Marion Massé avance une autre explication possible. Dans une cloche de plongée, elle et ses collègues du Laboratoire de planétologie et géodynamique de Nantes (CNRS/Université de Nantes) ont simulé la fonte de glace sur une pente sablonneuse en faisant varier la pression atmosphérique.

Pour simuler les conditions martiennes, les chercheurs ont modifié un caisson de plongée installé à l’Open University, au Royaume-Uni.© Open University

Avec une pression terrestre (1013 mbar), l’eau s’écoule sur la pente sans créer de ravines. Mais en simulant la très faible pression régnant sur Mars (6 mbar), un phénomène inattendu apparaît : le sable se met à crépiter et une ravine se forme.

Comparaison des morphologies formées par l’écoulement d’eau liquide sur Terre et sur Mars

© Marion Massé

L’eau s’infiltre en fait sous le sable, puis s’évapore brusquement en raison de la basse pression : elle entre littéralement en ébullition – bien que la température reste basse (20 °C) – et finit par déstabiliser la pente sableuse. Très curieusement, le phénomène est encore plus marqué lorsque l’eau n’est pas salée. L’ébullition plus violente entraîne un effondrement plus important.

© Marion Massé

Reste maintenant à modéliser le phénomène à une échelle plus large afin de vérifier qu’il pourrait correspondre au processus observé sur Mars.

Explorez Mars

Découvrez aussi l'exposition temporaire dédiée à la planète rouge au Palais de la découverte jusqu'au 28 août 2016. 

Retour en haut