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Déchets ménagers :nos poubelles vont-elles déborder ?

Le volume des déchets ménagers ne cesse d’augmenter. En 2010, les trois-quarts des départements français ne pourront plus faire face au traitement de leurs ordures, selon un rapport du Commissariat général au Plan.

Trop d'ordures

L'usine d'incinération de déchets d'Ivry En premier plan, une décharge sauvage, avril 2002. © Pierre-Jacques Colombier / AFP Photo

Alerte aux déchets ménagers : leur volume augmente dangereusement et les installations de traitement (décharges, incinérateurs) sont proches de la saturation. Dans un rapport rendu public en septembre 2003 à l’occasion des Assises nationales des déchets, le Commissariat général au Plan estime que 75 départements français ne seront plus capables de traiter tous leurs déchets d’ici 2010. Aujourd’hui, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), une dizaine de départements sont en situation de saturation. La quantité de déchets ménagers produits par les Français augmente d’environ 1 % chaque année et dépasse aujourd’hui 1 kilo par personne et par jour.

Le problème des décharges

Une décharge à ciel ouvert © CSI / Science Actualités

Conséquence du trop-plein d’ordures : on estime autour de 10 000 le nombre de décharges illégales en France. Quant aux décharges autorisées, elles sont loin de l’objectif fixé par la loi de 1992 sur les déchets. Celle-ci stipulait qu’à partir de juillet 2002, on ne pourrait mettre en décharge que les déchets « ultimes », c’est-à-dire ceux qui ne peuvent pas être valorisés. Problème : les alternatives à la mise en décharge, comme le recyclage, sont encore trop peu développées en France. Résultat, la quasi-totalité des décharges continuent de recevoir des déchets valorisables…

Les emballages en accusation

Les emballages représentent à eux seuls un tiers du poids de nos poubelles et la moitié de leur volume. Depuis les années 90, les pouvoirs publics incitent les industriels à réduire la quantité d’emballage autour de leurs produits. Si le poids global des emballages s’est stabilisé (4,7 millions de tonnes en 2000), le nombre de produits emballés continue malgré tout de progresser (+ 11 % en six ans). C’est la conséquence de l’évolution des modes de vie : les produits en doses individuelles (biscuits, plats cuisinés, café) ont le vent en poupe, et de nouvelles habitudes de consommation apparaissent, comme l’utilisation des lingettes nettoyantes, le plus souvent non-recyclables, qui viennent encombrer les poubelles.

Point de repère : en savoir plus sur les déchets d'emballages

Emballages collectés dans les ordures ménagères par catégorie de déchets :

- Acier ou aluminium : 0,4 million de tonnes par an
- Carton : 0,9 million de tonnes par an
- Plastique : 1 million de tonnes par an
- Verre : 2,4 millions de tonnes par an

Quelles solutions ?

Le tri sélectif chez SITA France SITA France est un opérateur européen de la gestion des déchets, partenaire des collectivités locales. © CSI / Science Actualités

Pour résoudre le problème des déchets ménagers, il faut jouer sur plusieurs tableaux : réduire leur production à la source (notamment en diminuant la quantité d’emballages), développer le tri sélectif et le recyclage, mais aussi construire de nouveaux sites de traitement des déchets ultimes (ceux qui ne peuvent pas être valorisés). Problème : les projets de décharge ou d’incinérateur se heurtent systématiquement à l’opposition des populations, et le coût de la collecte et du traitement des déchets explose (il est passé de 75 à 150 euros la tonne en dix ans). Un vrai casse-tête pour les communes, chargées de la gestion des ordures ménagères.

Un plan d’action

Le gouvernement s’est fixé comme objectif de stabiliser d’ici 2008 la production de déchets au niveau actuel. Le lancement d’un plan d’action est prévu en octobre 2003, en prélude à la présentation début 2004 d’un projet de loi sur les déchets. La ministre de l’Environnement, Roselyne Bachelot-Narquin, a annoncé plusieurs pistes d’action. Exemples : développer l’usage des sacs réutilisables dans les grandes surfaces au détriment des sacs jetables (ceux-ci représentent plus de 20 000 tonnes de plastique chaque année) et diminuer la production de prospectus (chaque Français en reçoit 17 kilos par an). Les industriels, de leur côté, seront encouragés à concevoir des produits moins générateurs de déchets (« éco-conception »).

Point de repère : les différentes façons de valoriser les ordures

Récupérer un déchet, c'est le sortir de son circuit traditionnel de collecte et de traitement. Par exemple, mettre des bouteilles ou des journaux dans un conteneur spécial, au lieu de les jeter à la poubelle. La récupération, qui suppose une collecte séparée ou un tri, se situe en amont de la valorisation qui consiste, d'une certaine façon, à redonner une valeur marchande à ces déchets. La valorisation s'effectue par divers moyens.

Le recyclage est la réintroduction directe d'un déchet dans le cycle de production dont il est issu, en remplacement total ou partiel d'une matière première neuve. Par exemple, prendre des bouteilles cassées, les refondre, et en faire des bouteilles neuves.

Le réemploi est l’utilisation d’un déchet pour un usage identique à sa vocation première. C'est, en quelque sorte, prolonger la durée de vie du produit avant qu'il ne devienne un déchet. Par exemple, la consigne des bouteilles, à nouveau remplies après leur nettoyage.

La réutilisation consiste à utiliser un déchet pour un usage différent de son premier emploi, ou à fabriquer, à partir d'un déchet, un autre produit que celui qui lui a donné naissance. Par exemple, utiliser des pneus de voiture pour protéger la coque des barques ou chalutiers.

La régénération est un procédé physique ou chimique qui redonne à un déchet les caractéristiques permettant de l'utiliser en remplacement d'une matière première neuve. C'est le cas, par exemple, de la régénération des huiles usées ou des solvants, ou du papier qui est à la fois recyclé et régénéré par le désencrage.

La valorisation énergétique consiste à utiliser les calories contenues dans les déchets, en les brûlant et en récupérant l'énergie ainsi produite pour, par exemple, chauffer des immeubles ou produire de l'électricité.

(source : Ademe)

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