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Du Nord au Sud :qui mange quoi ?

De nos jours, environ 840 millions d’humains sont sous-alimentés, et presque tous vivent dans les pays en développement. La FAO* constate que la faim dans le monde régresse à un rythme très lent et que les objectifs fixés à Rome en 1996 ne seront pas atteints.

Sous-alimentation : quelle évolution ?

Répartition géographique des personnes en insécurité alimentaire dans les pays en développement, pour un total de 799 millions On compte plus de 11 millions de personnes souffrant de la faim dans les pays industrilaisés et 30 millions dans les pays en transition. © CSI

Le sommet mondial de l’alimentation, qui s’était réuni à Rome en 1996, avait annoncé l’intention de diviser par deux le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici 2015. Or, depuis cette date, on estime que seulement deux millions et demi de personnes sortent chaque année de la sous-alimentation. Il faudrait maintenant multiplier ce rythme par dix pour avoir une chance d’atteindre les objectifs de Rome.

L’évolution est toutefois très variable selon les régions du monde. Le nombre de sous-alimentés a décru dans certains pays d’Asie du Sud-Est et d’Amérique du sud et surtout en Chine, où entre 1990 et 2000 ce nombre a baissé de 74 millions. En revanche, la faim s’est aggravée en Afrique centrale, en Inde et au Proche-Orient.

De manière générale, la FAO* remarque que les conflits armés ont toujours des conséquences néfastes sur l’alimentation des populations.

*FAO : Food and Agriculture Organisation, organisme dépendant des Nations Unies

La transition alimentaire à travers le monde

Évolution de la consommation de viande © CSI

Si les différences sont notables entre pays en développement et pays industrialisés dans le domaine de l’accès à la nourriture, elles existent aussi pour ce qui est de la composition de l’alimentation. Ainsi, en 2000, la FAO estime la consommation de céréales à 173 kg par habitant dans les pays en développement contre seulement 130 kg par habitant dans les pays développés. En revanche, les pays industrialisés consomment une plus grande quantité de viande que les pays pauvres (97 millions de tonnes par an contre 88 en 1993) bien que leur population soit beaucoup moins nombreuse. Selon les prévisions de l’IFPRI* cette répartition devrait s’inverser d’ici 2020 et la demande des pays du Sud en protéines animales subirait une forte croissance, encore plus marquée dans les zones urbaines qu’en milieu rural. À titre d’exemple, un habitant de l’Afrique subsaharienne consomme aujourd’hui 5,2 fois moins de viande et 6,5 fois moins de lait qu’un Européen.

*IFPRI : International Food Policy Research Institute



La pêche en rivière est une importante source de protéines. Mais la richesse des cours d’eau en poissons dépend de la qualité de l’environnement.

Des problèmes alimentaires d’un autre type

Si aujourd’hui 840 millions de personnes souffrent de la faim à travers le monde, on dénombre aussi plus d’un milliard d’individus présentant un problème de surpoids, dont au moins 300 millions sont considérés comme obèses.

Paradoxalement, la faim et l’obésité cohabitent souvent dans les mêmes pays mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) constate qu’il s’agit plus fréquemment d’un problème urbain. Ainsi, en Chine, le taux d’obésité est inférieur à 5 % pour l’ensemble du pays mais il atteint près de 20 % dans certaines villes. Les raisons principales avancées pour expliquer ce phénomène sont la croissance économique, la modernisation des conditions de vie (transports, technologie, loisirs) et la mondialisation des marchés de l’alimentation.

Pour l’OMS, l’obésité est aujourd’hui une véritable épidémie mondiale, en croissance rapide, et qui ne se restreint pas aux pays industrialisés. Et les personnes qui deviennent obèses à l’âge adulte après avoir connu la sous-alimentation pendant leur enfance semblent les plus affectées par les problèmes de santé secondaires que cause l’obésité (hypertension, maladies cardiaques, diabète…).

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