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Biologie & Santé

Hépatite C : le virus mis à nu

Vingt-cinq années ont été nécessaires pour réussir à observer le virus de l’hépatite C. Une équipe de l’Inserm vient de réaliser cet exploit.

Les virus sont généralement découverts et décrits grâce à leur observation. Mais le virus de l’hépatite C est une exception. Toutes les données disponibles sur ce virus depuis 1990 ont été obtenues par la biologie moléculaire. L’aptitude du virus à détourner la machinerie du foie pour prendre l’apparence d’une simple particule lipidique a mis en échec pendant vingt-cinq ans toutes les tentatives pour l’identifier au microscope électronique.

En haut de l'image, le VHC © Inserm/BMJ

Comme en témoigne Jean-Christophe Meunier, chargé de recherche à l’Inserm et responsable de ces travaux publiés dans la revue Gut, « le virus ressemble à une simple petite sphère blanche au milieu d’autres sphères blanches lipidiques dans le sang ». Et cette ressemblance n’est pas fortuite. La stratégie de camouflage adoptée par ce virus lui permet d’infecter plus facilement les cellules et de ne pas mettre en alerte le système immunitaire. Concrètement, quand une nouvelle lipoprotéine est en formation, le virus se place à proximité et fusionne avec l’ensemble de ses composants. À l’inverse, les lipoprotéines intègrent parfois par mégarde des protéines virales au cours de leur formation de sorte qu’il est possible de penser avoir affaire à un virus alors qu’il s’agit d’une simple particule lipidique. La taille de ces particules chimériques – hybride de virus et de particule lipidique – varie en fonction du nombre de couches de lipides.  

 

La particule hybride se présente sous forme de « sandwich » composé en son centre de l’ARN viral et du noyau du virus délimités par une première monocouche de phospholipides. Laquelle est entourée d’un mélange d’acides gras et de cholestérol, de nouveau délimité par une seconde monocouche de phospholipides. © BMJ

« Cette structure concorde tout à fait avec des travaux antérieurs de biologie moléculaire qui prédisaient cette organisation. Ces observations valident donc vingt-cinq ans de travail de la communauté scientifique ! » se réjouit Jean-Christophe Meunier. Au-delà de cette prouesse technique, connaître la structure et l’organisation exacte du virus sera utile pour trouver un vaccin contre cette maladie responsable de 700 000 décès chaque année dans le monde.

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