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Espace & Astronomie

Le cerveau souffre dans l’espace

Le cerveau ne ressort pas tout à fait indemne des voyages dans l’espace, c’est le constat d’une équipe de neuro-radiologues américains sur la base d’IRM d’astronautes réalisés avant et après des vols spatiaux.

L'astronaute Karen Nyberg observe la Terre par le hublot du laboratoire Destiny (2008) dans la Station spatiale internationale.© Wikimedia/NASA

Ostéoporose, atrophie musculaire, circulation sanguine défaillante, cancers dus aux radiations… on le sait, voyager dans l’espace pourrait ne pas être une promenade de santé. Et cette liste des effets néfastes pour le corps humain est probablement loin d’être exhaustive comme le montre une étude sur le cerveau dans l’espace parue dans le New England journal of medicine du 2 novembre.

Pour la première fois, une équipe de neuro-radiologues américains de l’université de Caroline du Sud (Charleston) et allemands de l’hôpital universitaire de Frankfort a pu comparer les IRM (imagerie par résonnance magnétique) de cerveaux d’astronautes, avant et après leur séjour dans l’espace. Parmi ces astronautes, 18 ont fait un séjour de longue durée avec un temps de vol moyen de près de 6 mois et 16 ont effectué des missions courtes de quelques jours. Les médecins qui ont observé les clichés ne connaissaient ni le nom des astronautes ni la durée de leur séjour dans l’espace.

Effets du vol spatial sur la structure cérébrale de l’astronaute.

Images axiales (IRM)du cerveau ,avant (A) et après (B), d’un astronaute ayant effectué un vol spatial de longue durée sur la Station spatiale internationale, puis celles d'un autre astronaute, avant (C) et après (D), un vol spatial de courte durée sur la navette spatiale. Les clichés ne montrent dans ce cas aucune modification du cerveau.

© Massachusetts Medical Society/ Donna R. Roberts

Or leurs résultats montrent que dans la plupart des cas, le cerveau a été affecté par le voyage dans l’espace particulièrement chez les astronautes ayant effectué des séjours de longue durée. Un rétrécissement du sillon central a pu être observé chez 17 des 18 astronautes ayant effectué des vols de longue durée, alors que cette anomalie est survenue seulement chez 3 des 16 astronautes partis en mission courte. En outre, un déplacement du cerveau vers le haut a été constaté chez 12 astronautes après des vols longue durée.

Ces observations demandent à être approfondies. Elles confirment une fois de plus que le corps humain est un des principaux obstacles à l’exploration spatiale.

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