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Biologie & Santé

L'effet asocial des glucides

Sommes-nous ce que nous mangeons ? Oui, au moins en partie, selon une récente étude qui montre qu’un régime riche en glucides encourage un comportement plus punitif.

Petit-déjeuner riche en glucides, servi dans le cadre de l'étude© Sabrina Strang et al.

Et si ce que nous mangeons influençait nos décisions ? C’est en tout cas ce que tendent à montrer les travaux d'une équipe allemande, publiés dans la revue Pnas en date du 12 juin 2017 : un régime riche en glucides induirait un comportement « punitif ».

Glucides ou protéines au petit-déjeuner

Comment ces chercheurs ont-ils procédé ? Ils ont proposé deux petits-déjeuners à 87 participants répartis en deux sous-groupes : l’un, riche en glucides et pauvre en protéines et l’autre, à l'inverse, pauvre en glucides et riche en protéines. Une fois rassasiés, les participants ont passé le test du jeu de l’ultimatum. Dans ce jeu, l'expérimentateur dispose d’une somme d’argent qu’il partage comme il le souhaite avec le sujet. Ce dernier accepte ou refuse la proposition mais dans le cas où il refuse, aucun des deux ne touche d'argent. Dans un raisonnement purement mathématique, le sujet aurait intérêt à accepter tous les échanges proposés – il est systématiquement gagnant –, mais en pratique, l'échange est souvent refusé quand il est jugé inéquitable. 

Le fait est qu’après ingestion d'un petit-déjeuner riche en glucides, il se produit deux fois plus de rejets des propositions qu’après une collation matinale riche en protéines. C’est un comportement dit de punition : l'autre est puni car l’échange proposé – par exemple, 40 contre 60 — est perçu comme injuste. Un tel comportement serait guidé par des modifications de la biochimie interne : entre le repas riche en glucides et le test, la quantité de tryptophane dans le sang augmente. Acide aminé essentiel à l'organisme, le tryptophane est le précurseur d’un neurotransmetteur impliqué, entre autres, dans le déclenchement de l'agressivité : la sérotonine.

Les glucides auraient ainsi une influence « punitive »  dans les relations sociales. Voici une raison de plus – outre les motifs bien connus de santé publique – pour inciter le grand public à réduire sa consommation de sucre...

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