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Les plus vieilles glaces du Groenland bientôt révélées

Au nord de la calotte groenlandaise, un forage de glaciologie vient d'atteindre le socle rocheux à quelque 2500 mètres de profondeur. Une opération titanesque qui va permettre de mieux comprendre le climat d'une période ancienne marquée par un fort réchauffement climatique. Un reportage multimédia de Lise Barnéoud.

En plein cœur de la glace…

Vu du ciel, on distingue quelques tentes colorées, un gros dôme noir et une piste d'atterrissage tracée à même la glace. Tout autour, la neige se confond avec les nuages. Bienvenue sur le site de forage du projet NEEM (North Greenland Eemian Ice Drilling), situé à 2500 m d'altitude par 78° de latitude nord. Nous sommes en plein été arctique, la période durant laquelle ce camp prend vie grâce aux températures estivales relativement clémentes pour le Groenland (entre -20 et -10°C en moyenne). Depuis 2007, plus de 300 chercheurs se relaient ici, à plus de 650 km du premier lieu de vie. L'objectif de ce projet international est désormais atteint : forer jusqu'au socle rocheux. Des centaines de carottes de glace ont ainsi été remontées des entrailles de l'île. Reste désormais à extraire de ces archives glacées les précieuses informations climatiques qu'elles contiennent. Un minutieux travail d'analyse qui devrait encore durer plusieurs années.

Ce 20 juillet 2010, quelques jours avant d'achever le forage, l'excitation des participants est déjà palpable sur le camp de NEEM. Plus que quelques mètres de glace avant le socle rocheux… Dans l'immense dôme noir, principal lieu de vie du camp, les cuisiniers ont préparé un repas de fête. Et à quelques pas de là, dans les tranchées scientifiques creusées à même la glace, les foreurs ont l'œil rivé sur leur carottier. « Les derniers mètres sont toujours les plus durs », souffle Olivier Alemany, chercheur au laboratoire de glaciologie et de géophysique de Grenoble (LGGE). Dans cette étrange cathédrale englacée, une quinzaine de scientifiques emmitouflés dans leur costume polaire vont et viennent, comme dans une chorégraphie parfaitement minutée. Une chorégraphie dont le but est de mesurer un maximum de données sur ces carottes fraîchement sorties des profondeurs, puis de les stocker en vue d'un envoi dans les réfrigérateurs de l'Université de Copenhague, qui les distribuera ensuite aux autres laboratoires intéressés (notamment le LGGE ou le Laboratoire de Glaciologie de l'Université Libre de Bruxelles).

Un forage inédit

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