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Archéologie & Paléontologie

L'oreille s'y entend en évolution

Les oreilles des australopithèques mêlaient des caractéristiques propres aux êtres humains et aux chimpanzés. C'est ce que révèle l'analyse de fragments d'oreille découverts en Afrique du Sud.

Les os de l’oreille étant minuscules, il est très rare d’en retrouver lors de fouilles archéologiques, surtout sur des fossiles vieux de 2 millions d’années. C’est pourtant ce que sont parvenus à faire des chercheurs américains de l’université de Binghamton dans une grotte d’Afrique du Sud, à partir de crânes très complets d’australopithèques et de paranthropes. L'article est paru dans Science Advances le 25 septembre dernier. 

Premier constat dressé par ces anthropologues : à l'époque, les hominidés avaient une oreille très proche de celle des chimpanzés et donc sans doute, en déduisent les chercheurs, une audition globalement comparable. 

Vue latérale du crâne d'un Paranthropus robustus découvert sur le site de Swartkrans, en Afrique du Sud, avec la reconstitution 3D de l'oreille et des capacités auditives des premiers hominidés.© Rolf Quam

Tout est dans le marteau

En étudiant finement les images 3D, cependant, l'équipe s'est aperçue que ces vestiges d’organes auditifs vieux de 2 millions d’années présentaient déjà des caractéristiques propres aux oreilles humaines. Concrètement, la configuration de leur marteau, l’un des trois osselets de l’oreille, permet d’entendre des fréquences un peu plus élevées que celles perceptibles par le chimpanzé.

Cette caractéristique est un trait notable de l’évolution, puisque l’Homme se distingue nettement des autres primates par une audition meilleure dans les fréquences hautes, auxquelles se situe notamment le langage. 

Ces observations ne signifient naturellement pas que les australopithèques parlaient, mais que les caractéristiques de l’oreille pourraient devenir un excellent indicateur d’évolution, au même titre que la bipédie ou la taille du cerveau.

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